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Centre d'entretien de l'AMT: un «extra» de 10 millions paralyse les travaux

L'AMT affirme que les documents remis aux soumissionnaires... (Photo Alain Roberge, archives La Presse)

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L'AMT affirme que les documents remis aux soumissionnaires indiquaient clairement la présence de résidu de charbon sur le terrain destiné à accueillir le centre d'entretien des trains de banlieue, à Lachine.

Photo Alain Roberge, archives La Presse

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Bruno Bisson
La Presse

La construction du centre d'entretien des trains de banlieue de l'Agence métropolitaine de transport (AMT), dans l'arrondissement de Lachine, à Montréal, a pris au moins sept mois de retard en raison d'un différend de nature environnementale avec le partenaire privé de l'agence, SNC-Lavalin.

Selon l'AMT, les travaux d'excavation à la gare de triage Sortin n'ont pas encore commencé en vue de la construction de ces futurs ateliers ferroviaires, dont la réalisation et l'aménagement devaient être terminés en novembre 2013.

Dans un courriel à La Presse, Brigitte Léonard, porte-parole de l'AMT, qualifie le dossier de «préoccupant».

Les plans et les devis du projet, dont le coût est estimé à 119 millions, sont terminés, assure Mme Léonard. «La conception a été réalisée, le défrichage est terminé, des roulottes de chantier sont mobilisées et le site est délimité», ajoute-t-elle.

Mais la construction n'avance plus depuis le mois de mai 2012, soit depuis que SNC-Lavalin a avisé l'AMT de dépassements de coûts possibles de 10 millions en raison d'une forte présence de mâchefer dans le sol de la gare de triage.

Dans une requête déposée la semaine dernière en Cour supérieure, l'AMT a attribué l'entière responsabilité du problème à SNC-Lavalin, qui s'expose à des pénalités de 2500$ par jour en cas de retard du projet, réalisé en partenariat public-privé (PPP).

Une présence documentée

L'AMT affirme que les documents remis au printemps de 2011 à SNC-Lavalin et à tous les candidats pour la réalisation de ce projet «faisaient clairement état de la présence, sur le site, de remblai constitué de résidu de charbon, mieux connu sous le nom de mâchefer».

Les trois candidats au contrat en PPP retenus pour un appel de propositions étaient aussi informés que le matériau, une fois sorti du sol pour creuser les fondations du bâtiment des ateliers, «pouvait être considéré comme une matière résiduelle, en vertu de la Loi sur la qualité de l'environnement».

«Avant le dépôt de sa proposition, indique l'AMT dans sa requête, SNC-Lavalin a posé très peu de questions à l'égard de la composition des sols se trouvant sur le site. Elle n'a pas non plus remis en question la qualité et la suffisance des données environnementales fournies par l'AMT, pas plus qu'elle n'a réalisé quelque étude de sols complémentaire afin d'élaborer sa conception finale.»

Au terme du processus d'appel de propositions, en octobre 2011, la candidature de SNC-Lavalin a été retenue par l'AMT. L'entente de partenariat pour la réalisation du projet a été signée le 23 avril 2012.

«Soi-disant découverte»

Moins d'un mois plus tard, le 18 mai 2012, l'entente tournait cependant au vinaigre. Selon la requête de l'AMT, «SNC s'est plainte d'avoir découvert une quantité importante de mâchefer qui, suivant ses prétentions, modifiait de façon substantielle la planification et la réalisation des travaux d'excavation nécessaires à la réalisation du projet».

«Sur la base de cette soi-disant découverte», ajoute l'AMT, SNC-Lavalin a estimé que cet «événement» serait de nature à entraîner des coûts supplémentaires et des délais dans la réalisation du projet.

Dans un courriel à La Presse, hier, SNC-Lavalin n'a pas voulu commenter l'affaire. La porte-parole Leslie Quinton a toutefois indiqué que «SNC-Lavalin a l'intention de contester l'ensemble des allégations contenues dans cette requête devant le forum approprié», soit le tribunal.

L'AMT a fait savoir hier que malgré le processus judiciaire en cours, les parties se sont entendues pour poursuivre la construction du futur centre d'entretien des trains de banlieue. Les travaux d'excavation pourraient commencer «dans les semaines à venir».

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