Après le syndicat des policiers, l'opposition fustige le maire Tremblay

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La crise de confiance envers l'administration Tremblay s'est amplifiée mardi à Montréal. Après une sortie en règle de la Fraternité des policiers, les deux partis de l'opposition ont demandé aux membres du parti du maire de lui tourner le dos.

Loin de se calmer avec la pause d'une semaine des travaux de la commission Charbonneau, les vagues provoquées par le témoignage de l'ex-entrepreneur Lino Zambito ont continué à secouer l'administration Tremblay. Mardi matin, le président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur, a exprimé publiquement son malaise à l'idée que le SPVM présente son budget de la prochaine année au parti du maire, «qu'on allègue corrompu».

«On trouve ça immoral, sinon indécent, d'avoir à se rapporter à cette administration», a dit M. Francoeur, qui a évoqué une véritable crise de confiance des agents envers leur employeur. «Nos membres ne sont pas du tout à l'aise avec ce qui sort sur l'administration Tremblay. Les policiers ne veulent pas être associés à cette administration. Nos policiers sont honnêtes et intègres. Nous faisons 2 millions d'interventions par année et je ne veux pas que mes membres se fassent dire qu'ils sont corrompus.»

Le ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, n'a pas l'intention d'exempter le SPVM de son obligation de présenter son budget à l'administration Tremblay pour approbation. «On entend les préoccupations et les craintes de la Fraternité - ça fait partie du portrait à Montréal -, mais notre travail est plus sur le long terme, dans le resserrement de la loi 35. On veut ramener plus de probité. À court terme, on n'envisage pas ce que la Fraternité demande», a indiqué l'attaché de presse du ministre, Yann Langlais-Plante.

«Irresponsable», selon l'administration Tremblay

L'administration Tremblay n'a pas tardé à répliquer aux propos d'Yves Francoeur. Le responsable de la sécurité publique, Claude Trudel, et le leader de la majorité, Marvin Rotrand, ont pris la défense du maire en après-midi et demandé au chef syndical de se rétracter.

Claude Trudel a qualifié d'«irresponsable» la sortie de la Fraternité. Il a insisté sur le fait que les propos de Lino Zambito sur le financement illégal dont aurait bénéficié Union Montréal ne sont que «des allégations non corroborées». «Je suis outré qu'un policier comme M. Francoeur puisse aussi facilement condamner sans preuve.»

Le SPVM a tenté en après-midi de se distancier de la sortie fracassante de la Fraternité et assuré qu'il avait «l'indépendance nécessaire à l'exécution de sa mission».

Mais l'opposition estime que la sortie du syndicat des policiers est révélatrice de l'ambiance qui règne dans l'appareil municipal. «Ça dénote une très grave crise de confiance. De toute évidence, cette crise de confiance est celle de tous les Montréalais», a déploré Louise Harel, chef de l'opposition à l'hôtel de ville.

Même sentiment du côté de Projet Montréal, la deuxième opposition: «On partage le malaise de la Fraternité à déposer le budget du SPVM devant cette administration. Ce ne sont pas juste les policiers qui ressentent ce malaise, on le sent dans plusieurs directions, et des employés nous en parlent», a déclaré le conseiller Marc-André Gadoury, qui estime que le maire est responsable d'une importante démotivation au sein du personnel de la Ville.

Motions symboliques

Les deux oppositions à l'hôtel de ville profiteront de la prochaine séance du conseil municipal, les 22 et 23 octobre, pour présenter des motions de blâme et de censure envers le maire. Ces mesures sont avant tout symboliques puisqu'il n'existe pas de processus de destitution au Québec, souligne Serge Belley, professeur en gouvernance municipale à l'École nationale d'administration publique.

«Même si ses projets sont battus par l'opposition, le maire reste en place. À l'inverse, un maire ne peut dissoudre le conseil municipal. Ils sont condamnés à travailler ensemble pour quatre ans», explique Serge Belley. Selon lui, la mise sous tutelle demeure la seule façon de contourner la paralysie d'une administration municipale.

Conscient du fait qu'il ne pourra renverser le maire Tremblay avec sa motion, le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, dit avant tout vouloir lancer un appel aux 37 élus de la majorité pour qu'ils se dissocient de lui.

Vision Montréal blâme pour sa part le maire pour «sa négligence, son laxisme et son refus d'assumer ses devoirs de premier magistrat dans la gestion de la Ville de Montréal».

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