Un site d'injection supervisée à Montréal

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Si le projet de Cactus se concrétise, il s'agira du premier centre d'injections supervisées à Montréal.

Photo: Patrick Sanfaçon, archives La Presse

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Un centre d'injections supervisées pourrait ouvrir dès juin 2011 en plein centre-ville de Montréal, alors que le plus haut tribunal du pays se penche sur la légalité d'un lieu similaire à Vancouver.

Le groupe Cactus en a fait l'annonce lundi dans ses locaux, à un jet de pierre de l'UQAM, au coin des rues Sanguinet et Sainte-Catherine. L'organisme reçoit chaque année 25 000 visites de toxicomanes en quête de seringues stériles, du soutien d'infirmières ou d'un endroit chaud où parler.

Actuellement, il n'y a toutefois aucune injection sur les lieux. Si le projet de Cactus se concrétise, il s'agira du premier centre d'injections supervisées à Montréal. Les toxicomanes pourront se rendre dans les locaux actuels de Cactus avec leur propre drogue et se l'injecter au moyen de seringues stériles sous la supervision d'infirmières.

«Ce n'est pas parce que c'est dans l'air du temps qu'on va de l'avant avec ce projet, c'est parce qu'il y a urgence, a expliqué le président de Cactus, l'avocat Louis Letellier de Saint Just. Nous ne sommes plus à l'étape de faire des études de faisabilité.»

Selon M. Letellier de Saint Just, les centres d'injections supervisées réduisent les risques de surdose ainsi que de transmission du VIH et de l'hépatite C. Il estime qu'il faudrait idéalement trois centres de ce genre pour répondre aux besoins des quelque 20 000 usagers de drogues injectables que compte Montréal. «On en aurait besoin dans le Plateau, dans Hochelaga-Maisonneuve et ici, dans le centre-ville», a-t-il énuméré.

Pour l'instant, Cactus se concentre sur le centre-ville, où se situe son local. Jacques-Alain Lavallée, conseiller en planification à l'arrondissement de Ville-Marie, a expliqué lundi que l'organisme n'avait pas prévenu l'administration de ses intentions: «C'est certain qu'ils devront prendre le voisinage en considération. Mais je ne veux pas en dire davantage puisque ce projet est pour l'instant hypothétique. Cactus ne nous a pas encore contactés.»

Les yeux tournés vers la Cour suprême

L'annonce de Cactus survient alors que la Cour suprême s'apprête à se pencher sur la légalité d'un centre similaire à Vancouver. Le gouvernement fédéral cherche à faire fermer Insite, un centre d'injections supervisées ouvert en 2003. Insite argue que ses activités relèvent du domaine de la santé, donc d'une compétence provinciale, et qu'Ottawa n'a pas son mot à dire.

Des tribunaux de la Colombie-Britannique ont déjà donné raison deux fois à Insite. Le gouvernement fédéral a toutefois décidé de porter la cause devant la Cour suprême, laquelle l'entendra en avril prochain et pourrait rendre jugement avant la fin de 2011.

Invoquant un «flou juridique», Cactus n'entend pas attendre le jugement avant d'aller de l'avant. Son président rappelle que l'Institut national de santé publique du Québec a donné il y a plus d'un an son appui à l'idée d'offrir des services d'injection supervisée.

«Plusieurs études démontrent que les centres d'injections supervisées réduisent la transmission du VIH et les surdoses, explique Louis Letellier de Saint Just. On ne peut plus fermer les yeux.»




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