Train de l'est: les retards s'accumulent, les coûts grimpent

Une mise en service partielle du Train de... (Photo: David Boily, archives La Presse)

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Une mise en service partielle du Train de l'Est en territoire montréalais, du centre-ville jusqu'à la gare de Repentigny, en banlieue est de la ville, serait aussi improbable d'ici la fin de 2010.

Photo: David Boily, archives La Presse

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Bruno Bisson
La Presse

La construction du tronçon nord du train de banlieue Mascouche/Montréal, mieux connu comme «le Train de l'Est», est retardée d'au moins un an, et commencera au mieux à l'automne 2010, en raison de changements majeurs apportés à ce projet.

Selon des informations obtenues par La Presse, les changements prévus par l'Agence métropolitaine de transport (AMT) visent à améliorer la sécurité des usagers et à bonifier la performance environnementale du projet, en réponse aux nombreuses critiques formulées l'an dernier par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE).

À l'origine, le Train de l'Est devait être mis en service à la fin de 2010. En raison des changements projetés au projet initial et des études en cours, le train ne devrait pas arriver dans les gares de banlieue de Mascouche, Terrebonne ou Charlemagne avant le début de 2012, selon les sources de La Presse.

Une mise en service partielle du Train de l'Est en territoire montréalais, du centre-ville jusqu'à la gare de Repentigny, en banlieue est de la ville, serait aussi improbable d'ici la fin de 2010.

La portion montréalaise du tracé comptera 10 arrêts. Seulement trois des gares existent déjà. Les sept autres devront être construites.

Or, aucun des terrains requis pour l'implantation de ces gares n'a encore été acheté ou exproprié par l'AMT, selon les sources de La Presse. Les travaux d'infrastructure entrepris cette année sur les voies ferrées du Canadien National (CN), utilisées par le Train de l'Est, seraient complétés à environ 30%, affirment nos sources.

Quant aux coûts, présentement estimés à 390 millions, ils devraient frôler le demi-milliard, d'ici 2012.

Électrification

Les études en cours devront d'abord évaluer la faisabilité et les coûts d'une électrification complète ou partielle du projet de train de banlieue de 51 km prévu entre le centre-ville de Montréal et le sud de la région de Lanaudière. Les recommandations sont attendues en juin.

Selon les sources de La Presse, le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP) voudrait imposer cette condition à sa réalisation, en raison de la performance peu reluisante du projet sur le plan de la pollution atmosphérique et des émissions de gaz à effet de serre.

Dans son rapport, rendu public en mai 2009, le BAPE recommandait une électrification complète de cette ligne de train.

Le BAPE estimait que l'exploitation de cette ligne de train en mode diesel «aurait pour effet d'augmenter les émissions de gaz carboniques jusqu'à 2250 tonnes par année».

Selon une étude préliminaire réalisée en 2008 pour le compte de l'AMT, l'électrification complète du Train de l'Est exigerait au moins un an d'études et de préparatifs supplémentaires, avant la construction du tronçon nord du projet. Le coût des travaux était estimé entre 30 et plus de 50 millions.

Corridor protégé

L'AMT doit aussi évaluer les coûts de construction d'une sorte de «demi-tunnel» qui sera aménagé sur une courte partie du tracé du Train de l'Est, pour assurer la sécurité des futurs usagers, à proximité d'une usine d'explosifs de la société General Dynamics à Repentigny.

La construction de cette infrastructure, une «berne», permettra au train de banlieue de circuler à proximité des installations de General Dynamics, sans que ses futurs passagers puissent être exposés aux impacts d'un accident industriel.

Le Train de l'Est circulera ainsi dans un couloir en tranchée creusé le long des installations de l'entreprise, bordé par un mur.

La construction de ce passage sécurisé découle d'une entente survenue en décembre, après un an de discussions, entre l'AMT, General Dynamics, et le ministère des Ressources naturelles du Canada, responsable de la Loi fédérale sur les explosifs et de la réglementation entourant la sécurité de sites industriels.

L'an dernier, en pleine audience publique du BAPE, un représentant de la société General Dynamics avait jeté une véritable douche froide sur ce projet, en révélant que les autorités fédérales songeaient à réduire la capacité de stockage de l'entreprise, en raison du passage du train près de son usine.

Hier, le vice-président aux communications de l'AMT, Pierre-Luc Paquette, a décliné l'invitation de La Presse à commenter ces informations, en attendant de connaître les conditions de réalisation qui seront imposées par le MDDEP lors de l'émission des permis, attendus dans les prochains mois.

M. Paquette a précisé que des appels d'offres pourraient être lancés très rapidement, après l'émission des permis.

 




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