Un casino à la place de l'hippodrome

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Le gouvernement québécois est prêt à autoriser le sénateur Paul Massicotte à... (Archives La Presse)

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André Noël

André Noël
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Le gouvernement québécois est prêt à autoriser le sénateur Paul Massicotte à exploiter un casino privé comprenant jusqu'à 300 appareils de loterie vidéo (ALV), boulevard Décarie, tout en fermant l'hippodrome de Montréal, affirme le président de la Société des propriétaires et éleveurs de chevaux Standarbred du Québec, Alain Vallières.

«Suzanne Lévesque, sous-ministre adjointe aux Finances et responsable des sociétés d'État, nous a déclaré que c'est la proposition à l'étude», a confié M. Vallières, qui a rencontré la sous-ministre mardi, en compagnie des présidents de la Société nationale des chevaux de course et de l'Association de trot et amble du Québec.

L'attachée de presse de la ministre des Finances a refusé de confirmer ou d'infirmer l'information: «Nous ne commentons pas les rencontres», a dit Catherine Poulin. Même mutisme de la part d'Yves Vincent, le contrôleur de la firme RSM Richter, qui gère le dossier d'Attractions hippiques, la firme du sénateur Massicotte qui s'est placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers.

«Il est inconcevable qu'il n'y ait plus d'hippodrome dans la région de Montréal, et qu'en contrepartie, on permette à Attractions hippiques de percevoir les revenus des 200 ALV qui s'y trouvent actuellement, en plus d'ajouter 100 nouvelles machines», a dit M. Vallières, au cours d'un entretien, hier.

«L'objectif de la privatisation des hippodromes, c'était de relancer les courses, et non pas d'ouvrir un petit casino privé. Qui veut-on sauver ici: la firme du sénateur Massicotte, ou l'industrie des courses de chevaux? Sans hippodrome à Montréal, l'industrie s'écroule. L'hippodrome de Montréal assure 60% de nos revenus.»

Plus d'obligation

En cédant à Attractions hippiques les hippodromes de Montréal, Gatineau, Trois-Rivières et Québec, comprenant 800 ALV, le gouvernement a exigé que la firme verse 25 millions de dollars en bourses aux vainqueurs la première année d'opérations, 28 millions la deuxième année et 16,7 millions les années suivantes. La compagnie n'a pas pu remplir ces obligations, versant plutôt une dizaine de millions par année.

Selon la proposition entendue par M. Vallières, le gouvernement serait prêt à exiger dorénavant seulement 12 millions en bourses chaque année. Attractions hippiques serait dégagée de son obligation de construire un hippodrome dans la couronne nord de Montréal, mais n'aurait pas les 1100 ALV supplémentaires qui devaient y être installés.

Les 200 à 300 ALV de Montréal seraient établis dans un salon de paris, boulevard Décarie. M. Vallières soupçonne le sénateur Massicotte de vouloir aussi s'approprier le vaste terrain de l'hippodrome, qui a un grand potentiel de développement. Un indice, selon lui: le sénateur a demandé une révision de l'évaluation foncière afin de diminuer les taxes municipales, alors que le terrain appartient au gouvernement.

Le plan de relance de la firme, incluant les propositions du gouvernement, sera débattu à compter de lundi au palais de justice de Montréal. Les associations représentant les «hommes à chevaux» s'y opposent fermement. Elles sont prêtes à pousser Attractions hippiques à la faillite et à réclamer le retrait de ses permis et licences devant la Régie des alcools, des courses et des jeux et devant l'Agence canadienne du pari mutuel. Elles exigeraient alors que Loto-Québec ne lui verse plus la commission de 22% sur les revenus des ALV.

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