Pitbulls: 500 Montréalais menacés de perdre leur chien

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« Il n'y a même pas de numéro de téléphone où appeler pour parler à un fonctionnaire. On est pris dans une machine administrative qui ne donne aucune réponse », dénonce Amal Bouziri, propriétaire d'un pitbull, qui a reçu la lettre de la Ville cette semaine.

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Plus de 500 propriétaires de chiens qui ont demandé un permis spécial de possession de pitbull à la Ville de Montréal ont reçu ces derniers jours une lettre de refus exigeant, sans plus d'explications, qu'ils se débarrassent de leur animal d'ici quatre semaines.

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Lettre de la Ville de Montréal envoyée à 520 propriétaires de pitbull

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« J'ai fait tout ce que la Ville me demandait de faire. J'ai fourni un document prouvant que je n'ai pas de dossier criminel, que mon chien est stérilisé et a une micropuce. J'ai demandé à plusieurs reprises si mon dossier était en ordre, sans jamais avoir de réponse. Il n'y a même pas de numéro de téléphone où appeler pour parler à un fonctionnaire. On est pris dans une machine administrative qui ne donne aucune réponse », dénonce Amal Bouziri, propriétaire d'un pitbull, qui a reçu la lettre de la Ville cette semaine.

En vertu du nouveau règlement sur le contrôle des animaux dangereux, les propriétaires de pitbulls montréalais avaient jusqu'au 31 mars pour se conformer à une série d'exigences afin d'obtenir un permis spécial les autorisant à conserver leur animal. Les preuves de stérilisation, de micropuçage, de vaccination et de vérification d'antécédents criminels des propriétaires devaient être envoyées avant le 1er juin à une adresse de courriel créée à cette fin.

Selon la Ville, les 520 propriétaires qui ont reçu la lettre « ont omis de compléter leur dossier en ne nous transmettant pas toutes les preuves exigées » avant le 1er juin, a indiqué le porte-parole Gonzalo Nunez.

« J'avais tout envoyé le 10 mai », rétorque Mme Bouziri, qui a fourni à La Presse des copies des courriels et documents qu'elle a transmis à la Ville, dont une attestation de vérification des antécédents criminels signée par un agent de la GRC.

Ni accusé de réception ni confirmation d'ouverture de son dossier ne lui ont été acheminés par la Ville, ajoute-t-elle. Comme des dizaines d'autres propriétaires, elle a plutôt reçu une copie d'un avis générique de la municipalité, lui indiquant que son chien « est désormais interdit sur le territoire montréalais ».

Deux autres personnes avec qui La Presse s'est entretenue hier ont admis avoir reçu la lettre parce qu'elles n'avaient pas rempli toutes les exigences imposées pour l'obtention du permis spécial. « J'ai averti la Ville que je n'avais pas assez d'argent pour faire stériliser et micropucer mon chien à temps. J'ai demandé un délai jusqu'à l'hiver, mais visiblement ils ont décidé de ne pas me l'accorder et me menacent de le saisir et de l'euthanasier », se désole Amélie Perreault, propriétaire d'un pitbull, qui vivait jusqu'à tout récemment de l'aide sociale.

La Ville suggère à ces propriétaires de se départir de leur chien d'ici quatre semaines « en le confiant à un nouveau gardien qui réside dans une municipalité où il est permis de garder un chien de type Pit bull », faute de quoi il pourrait être saisi.

Un conseiller «choqué»

Selon le conseiller de la Ville Sterling Downey, de Projet Montréal, beaucoup de ces propriétaires on fait une simple erreur dans leur demande. « Ça me choque. Ces gens-là sont de bons citoyens, qui se sont présentés de bonne foi. Ils ont dépensé du temps et de l'argent pour se conformer au règlement. Et là, s'il manque le moindre détail dans leur dossier, on les pénalise, sans leur donner la moindre chance de se faire expliquer quoi que ce soit, à cause d'un règlement mal ficelé et mal organisé », dénonce-t-il.

La SPCA dit pour sa part s'attendre à devoir faire face à une vague sans précédent d'abandons de chiens maintenant que la Ville commence à appliquer son règlement. « On a reçu des dizaines d'appels de citoyens en panique ces derniers jours. C'est scandaleux que la Ville ne nous ait même pas contactés, alors qu'elle demande pourtant aux propriétaires de pitbulls de laisser leur animal dans notre refuge », affirme la présidente de l'organisme, Sophie Gaillard. « Il n'y a présentement aucun dialogue avec l'administration Coderre. C'est une situation vraiment difficile », ajoute-t-elle.




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