Une exposition universelle est une «idée du 19e siècle», affirme Phyllis Lambert

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La fondatrice du Centre canadien d'architecture, l'architecte Phyllis... (Photo: Alain Roberge, La Presse)

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La fondatrice du Centre canadien d'architecture, l'architecte Phyllis Lambert.

Photo: Alain Roberge, La Presse

André Duchesne
La Presse

Le projet de tenir une exposition universelle à Montréal en 2020 est qualifié d'«idée du 19e siècle» par l'architecte Phyllis Lambert.

Selon la fondatrice du Centre canadien d'architecture, Montréal a bénéficié de la grande exposition universelle de 1967 en ce sens qu'elle a favorisé son ouverture sur le monde. Mais de nos jours, un tel projet semble davantage cosmétique qu'émancipateur.

«L'Expo 67 était très importante pour nous afin de constater que nous pouvions faire quelque chose ensemble et attirer l'attention du reste du monde, dit Mme Lambert. Mais maintenant, ces foires deviennent beaucoup trop chères pour les villes qui les présentent. Je ne crois pas que nous ayons des merveilles à montrer. Maintenant, tout le monde a des merveilles et on peut les mettre sur des sites web.»

Mme Lambert a fait ce commentaire en marge de la tenue ce matin d'une conférence de presse annonçant la création de l'Institut de politiques alternatives de Montréal (IPAM).

Ce nouvel organisme indépendant se définit comme un groupe de réflexion (think tank) qui s'intéressera principalement aux questions de planification urbaine. Mais il se penchera aussi sur des sujets tels le développement économique, le développement durable et la démocratie locale.

Outre Mme Lambert, l'IPAM compte des acteurs importants de Montréal dont Dinu Bumbaru d'Héritage Montréal, Dimitri Roussopoulos du Centre d'écologie urbaine, plusieurs universitaires, etc. Le groupe estime qu'il y a un manque dans l'intégration des divers projets de développement.

«Présentement, il est difficile d'avoir quelqu'un qui parle au nom d'une vision d'ensemble, dit M. Bumbaru en évoquant par exemple les question d'urbanisme. Ce sont uniquement les politiciens. Or, la politique c'est la balance des inconvénients et l'arbitrage des influences. C'est toujours le court terme qui prime là-dedans et on a de la difficulté à aller chercher des visions à long terme.»

Pas de politique

La déclaration de Mme Lambert heurte de plein fouet la position défendue par Benoit Labonté, maire de l'arrondissement Ville-Marie et actuel chef de l'Opposition à la Ville de Montréal. Ce dernier défend farouchement la venue d'une exposition universelle à Montréal en 2020.

«Le succès d'une exposition dépend de ce qu'on en fait, dit-il en entrevue. Notre projet est d'avoir une exposition qui constituerait un catalyseur économique et urbain pour Montréal. De plus, nous ne voulons pas tenir un événement en marge de la ville mais dans la ville.»

Il voit dans cette façon de faire un élément structurant pour la métropole. «La tenue d'une exposition n'est pas une fin mais un moyen pour la relance de la ville», ajoute M. Labonté.

Cela dit, ni Mme Lambert ni les autres membres de l'IPAM ne veulent faire de politique. Lorsqu'on lui demande d'évaluer le travail de l'administration Tremblay en matière de planification urbaine, Phyllis Lambert répond sans détour : «Nous ne sommes pas ici pour parler du passé mais de l'avenir».

Par contre, l'IPAM entend visiblement être de tous les futurs débats sur l'avenir du développement de Montréal. «Nous voulons être un chien de garde», assure la célèbre architecte.

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