Le chef Apollo reconnaît avoir romancé sa vie

« Il se peut que certaines parties de ma... (Photo François Roy, La Presse)

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« Il se peut que certaines parties de ma vie personnelle ont pu être romancées ou certaines déclarations à mon sujet auraient dû être nuancées, mais en aucun cas, je ne vais accepter que l'on tourne en ridicule ou en mensonge 34 ans d'apprentissage, d'expériences variées et de rencontres en cuisine », a écrit M. Apollo sur sa page Facebook hier matin.

Photo François Roy, La Presse

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Isabelle Hachey

Le chef cuisinier Giovanni Apollo reconnaît que sa vie a pu être romancée, tout en se disant victime d'une « entreprise de démolition ». Pour « faire connaître la vérité », il a publié sur son site web une déclaration sous serment modifiée par rapport à celle qu'il avait fait parvenir à La Presse plus tôt cette semaine.

Notre enquête a révélé hier que depuis son arrivée au Québec, en 1994, le cuisinier vedette avait menti sur son prénom, son âge, son pays d'origine, ses qualifications et les produits exotiques qu'il prétendait vendre dans ses restaurants.

« Il se peut que certaines parties de ma vie personnelle ont pu être romancées ou certaines déclarations à mon sujet auraient dû être nuancées, mais en aucun cas, je ne vais accepter que l'on tourne en ridicule ou en mensonge 34 ans d'apprentissage, d'expériences variées et de rencontres en cuisine », a écrit M. Apollo sur sa page Facebook hier matin.

« Pendant que l'entreprise de démolition continue à mon égard, je vais de mon côté continuer à mettre toutes mes énergies à bien vous recevoir. »

- Extrait du message publié par Giovanni Apollo sur sa page Facebook

« C'est avec le souci de faire connaître la vérité et d'être transparent avec vous que je rends publiques toutes les informations que j'ai fournies à La Presse ces derniers jours afin de permettre à tous de mieux apprécier les réponses que j'ai données », a-t-il écrit sur son site web, où il a publié une déclaration sous serment.

DOCUMENT MODIFIÉ

Or, ce document légal a été modifié par rapport à l'original, transmis mardi à La Presse. La version PDF fait mention de ces modifications, mais pas la version diffusée sur le site web. C'était toujours le cas hier soir, bien que nous ayons signalé la chose en matinée à l'avocat de M. Apollo, Marc-André Landry.

« Des notes de références qui mentionnaient les corrections semblent ne pas avoir suivi dans la déclaration Facebook. Seuls les soulignements sont demeurés. Il semble que le transfert de format de documents ait causé ce problème », nous a écrit MLandry.

Dans le document original, M. Apollo affirmait avoir été « acquitté » des accusations de voies de fait portées contre lui dans une affaire remontant à 2006 et impliquant le conjoint de son ex-femme.

Dans la version diffusée sur le web, le mot « acquitté » a été changé pour « absout ». Notre enquête a en effet révélé que, contrairement à ce qu'il avait déclaré sous serment, M. Apollo avait bel et bien été condamné dans cette affaire. Le verdict de culpabilité avait été confirmé en appel, et le cuisinier avait bénéficié d'une absolution par la suite.

Pour prouver qu'il avait été acquitté, M. Apollo nous avait transmis mardi un document judiciaire, prétendument lié à la cause du conjoint de son ex-femme. Nous avons découvert qu'il s'agissait en fait d'un tout autre dossier, celui d'Aymeric Halbmeyer, ancien employé de M. Apollo.

Dans la déclaration originale, M. Apollo soutenait qu'une plaignante identifiée dans ce document judiciaire, Line Comtois, était son ex-femme. Or, il s'agissait de la sergente-détective du SPVM qui avait signé la plainte pour voies de fait contre M. Apollo dans le dossier de M. Halbmeyer.

Dans la nouvelle version de la déclaration sous serment, le nom de Mme Comtois a été remplacé par celui de l'ex-femme de M. Apollo.

D'AUTRES INEXACTITUDES

La Presse a révélé hier que Giovanni Apollo, qui s'est longtemps prétendu italien de naissance, s'appelle en réalité Jean-Claude Apollo. Il est né et a grandi en France.

Contrairement à ce qu'il raconte sur toutes les tribunes depuis des années, M. Apollo n'a pas quitté l'Italie à 13 ans pour travailler sous Paul Bocuse. Il admet aujourd'hui n'avoir jamais été l'élève du chef le plus célèbre de la gastronomie française.

« Vers l'âge de 13 ans, j'ai quitté ma famille pour aller étudier auprès des disciples de Paul Bocuse à Lyon », déclare M. Apollo sous serment. Il ajoute avoir travaillé comme pré-apprenti cuisinier auprès de Claude Lutz : « À l'époque, l'Hôtel Restaurant Chez Lutz était l'un des meilleurs restaurants de Lyon et il s'agissait d'un excellent endroit pour apprendre directement de l'un des disciples et élèves de Paul Bocuse, Claude Lutz. »

Vérification faite, l'Hôtel Restaurant Chez Lutz ne se trouvait pas à Lyon, mais à 40 kilomètres au nord-est, dans la commune de Meximieux... où habitait la famille Apollo.

À 13 ans, Jean-Claude Apollo aurait donc « quitté » ses parents pour aller travailler dans un établissement situé, selon Google Maps, à 1,4 km de la maison familiale.




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