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Avis d'expulsion et maisons invendues dans l'ancien quartier de Lev Tahor

Selon leur agent immobilier, des membres de Lev... (PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE)

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Selon leur agent immobilier, des membres de Lev Tahor viennent « quatre ou cinq fois par année » au pays pour tenter de vendre les 13 résidences de Sainte-Agathe-des-Monts appartenant toujours à la secte.

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

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Des juifs hassidiques qui occupent une ancienne résidence appartenant à la secte ultra-orthodoxe Lev Tahor, à Sainte-Agathe-des-Monts, font face à un avis d'expulsion, puisque la location de la maison contrevient à un règlement municipal.

Au début du mois de juillet, La Presse s'est rendue rue des Bouleaux, dans un quartier résidentiel de Sainte-Agathe-des-Monts. Elle y a trouvé des réfrigérateurs et des matelas abandonnés dans la rue.

« De jeunes juifs hassidiques emménageront bientôt ici puisqu'ils participeront à un camp d'été », nous avait alors confié un voisin, lui-même juif hassidique.

Or si ce dernier loue une maison dans la ville des Laurentides pour toute la période estivale, les jeunes hommes qui s'y rendent pour profiter d'un camp de jour situé à Val-David font les choses autrement.

« Il y aurait eu trop d'enfants au camp, alors ils ont loué une maison pour un court séjour », a expliqué le maire de Sainte-Agathe-des-Monts, Denis Chalifoux, qui a été avisé de la présence des jeunes hommes dans le secteur jeudi.

«Le règlement municipal interdit la location [dans ce secteur] pour une période de 30 jours et moins.»

Denis Chalifoux, maire de Sainte-Agathe-des-Monts

Résultat : la Ville a demandé aux occupants de libérer la maison d'ici demain, sans quoi ils seront « passibles d'infractions », selon le maire.

DES MEMBRES DE LA SECTE VENDENT LES MAISONS

Avant qu'ils ne quittent Sainte-Agathe-des-Monts en catastrophe, le 18 novembre 2013, les membres de la secte Lev Tahor occupaient un pâté de maisons dans la ville des Laurentides.

Afin d'échapper à la Direction de la protection de la jeunesse du Québec (DPJ), qui estimait que les enfants des fidèles subissaient des sévices physiques et n'étaient pas éduqués adéquatement, les résidants avaient pris la route de Chatham-Kent, en Ontario, en pleine nuit.

À présent, environ 200 membres de Lev Tahor vivent dans des conditions misérables dans la ville de Guatemala, dans le pays du même nom. La Presse a toutefois pu constater que deux de ses membres voyagent régulièrement entre le Guatemala et le Québec afin de gérer la vente de 13 résidences appartenant toujours à la secte.

« Je ne suis pas obligé de vous parler, je n'ai rien à dire », a déclaré, en anglais, l'un de ces hommes, quand La Presse lui a demandé des explications. Auparavant, il avait offert d'échanger en espagnol.

Des juifs hassidiques habitant le quartier ont pu confirmer que les deux hommes sont bel et bien membres de la secte, une affirmation corroborée par l'agent immobilier chargé de vendre les dernières maisons.

«Ils envisagent de faire des rénovations ; ils essaient de récupérer leur dû.»

Henri Primeau,
chargé de vendre les maisons appartenant aux membres de Lev Tahor

L'agent immobilier estime que les fidèles entrent et sortent du pays « quatre ou cinq fois par année ».

Des 18 maisons qui appartenaient à la communauté religieuse, deux ont été saisies par la banque, a-t-il avancé. La vente de ces maisons a été confiée à l'agent immobilier Robert Guy, a confirmé ce dernier.

Trois autres résidences ont été vendues, portant le compte de maisons à vendre à 13. « Les maisons ont une valeur moyenne de 140 000 à 145 000 $ chacune », a rapporté Henri Primeau.

TAXES IMPAYÉES ET DOSSIERS EN SUSPENS

Les taxes municipales n'ont pas été payées pour toutes les maisons, a aussi affirmé le maire Chalifoux. « Il y en a plusieurs qui sont venus payer », a-t-il quand même souligné.

À la DPJ, la porte-parole Julie Lemieux-Côté a attesté que les mandats de prise en charge d'enfants lancés contre certains membres de Lev Tahor sont encore actifs.

«Nous ne sommes plus responsables depuis qu'ils ont quitté le pays. On pourrait retirer les mandats, mais on ne l'a pas fait.»

Julie Lemieux-Côté,
porte-parole de la DPJ

La Sûreté du Québec, qui avait déposé un rapport dans lequel elle disait notamment soupçonner Lev Tahor de s'adonner à la traite d'enfants, a soumis les résultats de ses enquêtes au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) l'automne dernier. « On attend toujours des nouvelles », a déclaré l'agente Martine Asselin.

Le DPCP n'a pas donné suite aux questions de La Presse, après qu'elle s'est informée du cheminement du dossier au début de juillet.

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