Couillard veut une révolution numérique francophone

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M. Couillard a eu un entretien avec le maire de Bordeaux, l'ancien premier ministre Alain Juppé, qui a dit partager la même envie de collaboration sur le plan numérique.

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Michel Dolbec
La Presse Canadienne
BORDEAUX

Philippe Couillard veut que le Québec prenne le virage numérique en partenariat avec la France.

«Je veux qu'on engage le Québec dans cette révolution, qui est un changement majeur de société, et je veux qu'on le fasse en alliance, une alliance francophone. C'est une occasion extraordinaire de faire progresser la francophonie numérique», a déclaré le premier ministre jeudi à Bordeaux.

M. Couillard a tenu ces propos à l'issue d'un entretien avec le maire de la ville, l'ancien premier ministre Alain Juppé, qui a dit partager la même envie de collaboration.

«Comme le Québec a toujours été en pointe dans l'économie numérique, nous pourrions développer une relation plus approfondie», a-t-il proposé.

Comme une dizaine d'autres villes en France, notamment Lyon, Nantes ou Lille, Bordeaux possède depuis peu le label «Métropole French Tech», qui montre qu'elle possède un «écosystème numérique local dynamique». Créé par le gouvernement, French Tech est à la fois une communauté de «start-up» et la bannière sous laquelle la France veut en faire la promotion, en France et à l'étranger.

«C'est un très beau projet qui met en valeur tout ce que notre territoire recèle de créativité, d'esprit d'entreprise, d'inventivité, avec beaucoup de jeunes start-up», a expliqué Alain Juppé, avant de proposer d'y associer le Québec.

Cet ami du Québec n'ignore pas que l'usage de cette expression anglaise ne manquera pas de faire sourire ou d'agacer les Québécois. «Peut-être pourriez-vous m'aider à traduire convenablement ce qu'en bon français nous appelons French Tech», a-t-il suggéré à Philippe Couillard.

Ce dernier, après avoir admis que «que ça ne passerait très bien», a renchéri: «C'est la même chose qu'on veut créer. Nous avons au Québec un écosystème numérique. On veut créer la collaboration, la coopération, et un plateau commun de jeunes entrepreneurs.»

MM. Couillard et Juppé ont tous deux convenu de désigner des experts pour «mettre sur pied cette démarche commune». Comme de nombreuses entreprises françaises, à commencer par Ubisoft, sont installées à Montréal, la métropole tentera peut-être de décrocher le label, suggère un responsable.

Paris pourrait même pousser la logique plus loin et installer à Montréal un «French Tech Hub», un «incubateur» chargé d'aider les entreprises françaises de haute-technologie à se développer à l'étranger, aux États-Unis d'abord. Un premier «hub» a été inauguré à San Francisco l'année dernière, un autre pourrait bientôt suivre à Boston. Plus tôt cette semaine, à la faveur de sa rencontre avec le premier ministre Couillard, le ministre de l'Économie français, Emmanuel Macron, a suggéré d'en ouvrir un à Montréal également.

«Il faut qu'on puisse réussir à faire de Montréal l'un des French Tech Hubs à l'étranger, c'est-à-dire ce flambeau de la France numérique qui s'exporte et qui réussit», a déclaré M. Macron.

En matière de numérique, la France doit mettre les bouchées doubles. «Nous avons beaucoup de choses à faire et beaucoup de retard à rattraper. L'Europe, en particulier, a un peu raté l'économie numérique. Il faut que nous nous affirmions davantage, d'où French Tech et tout ce que nous développons», a résumé jeudi Alain Juppé.

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