Henry McKean, roi du vox pop

Le reporter Henry McKean... (Photo Cynthia Noury/URBANIA)

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Le reporter Henry McKean

Photo Cynthia Noury/URBANIA

Cynthia Noury / URBANIA

En Irlande, le reporter Henry McKean a fait des micros-trottoirs - les vox pop - sa spécialité: il en a réalisé des milliers dans la dernière décennie, toujours étonnants. Si bien que son employeur, la radio parlée irlandaise Newstalk, le surnomme le «roi du vox pop».

 D'abord, pourquoi fait-on des micros-trottoirs?

Parce que le public est trop souvent oublié. Les gens appellent par exemple la compagnie de téléphone pour se plaindre, mais ils se font ignorer. Les entreprises ont la publicité, les dirigeants ont les médias... Les gens ordinaires, vulnérables, n'ont généralement pas voix au chapitre, et c'est pour ça que les vox pop sont pertinents, parce que c'est une occasion unique d'être entendu par des milliers de personnes.

 

Comment choisissez-vous qui approcher dans la rue?

Si je suis pressé, j'arrête tout le monde. Si j'ai du temps, j'aborde seulement des gens qui ont l'air intéressants. Mais c'est difficile à deviner: quelqu'un peut sembler excentrique et se révéler ennuyant, alors qu'un autre peut avoir des cheveux gris et être fascinant. Certaines rues sont meilleures que d'autres pour trouver de bons interviewés.

 

Ah oui? Lesquelles?

Les rues achalandées sont les plus intéressantes. Parce que c'est aussi une question de probabilités! Plus tu interceptes de personnes, plus de chances tu as d'en rencontrer des captivantes. Mais je me fais rejeter tous les jours, vous savez.

 

Mais c'est quoi, votre truc infaillible pour que les gens vous parlent?

Je n'annonce pas mes questions à l'avance. Je demande: « Ça vous dirait de parler à la radio? » Si la personne le veut bien, je présente le sujet, on bavarde, j'enregistre et je garde ce qui m'intéresse. Si elle est plate, c'est simple, je ne l'enregistre pas, c'est une perte de temps!

 

Est-ce qu'on peut demander n'importe quoi à des inconnus?

Ça dépend. Les Irlandais n'aiment pas parler de sexe, et je n'aime pas les questionner là-dessus, c'est délicat! Par contre, lorsque les jouets sexuels étaient d'actualité à cause de 50 Shades of Grey, mes patrons m'ont envoyé poser des questions sur les nipple clamps (pinces à mamelons) qui étaient alors sold out! Autrement, on peut poser toutes les questions possibles et imaginables... mais ça ne garantit pas que ça va fonctionner!

 

Quelle est la partie la plus difficile du processus?

Le montage, parce qu'il faut donner l'impression qu'il n'y en a pas et que j'ai croisé tous ces gens extraordinaires par magie. Parfois, on me demande: « Henry, par quel miracle les as-tu trouvés? C'est incroyable! » Il n'y a rien d'incroyable là-dedans, c'est juste beaucoup de travail, de technique... et de chance! 

 

En terminant, c'est quoi, selon vous, un bon micro-trottoir?

Si je tiens une histoire qui peut à la fois faire rire et pleurer, c'est gagnant. Si les auditeurs qui sont arrivés à destination restent dans la voiture pour écouter la fin du reportage, ça, c'est de la bonne radio.

 

 




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