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Parents de la DPJ: l'heure des bilans

Derrière ces enfants de la DPJ, dont on parle beaucoup, il y a des parents,... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE)

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PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Katia Gagnon
La Presse

Derrière ces enfants de la DPJ, dont on parle beaucoup, il y a des parents, dont on ne parle jamais. Ils sont vus comme des parias, des parents indignes. Mais qui sont-ils vraiment? La Presse a suivi six d'entre eux pendant les 10 semaines d'un atelier de compétences parentales. Aujourd'hui, le sixième et dernier épisode de notre série.

CATHERINE ET JULIE

Dernier atelier

Julie est dans les bras de son père d'accueil. Ils attendent Catherine. Elle a laissé un message pour dire qu'elle serait en retard. Catherine arrive 20 minutes plus tard. Elle entre dans les locaux avec un sourire gêné.

Bilan

Catherine devait être présente à cette rencontre-bilan avec les deux animateurs de l'atelier, Stéphane Lévesque et Nathalie Sylvestre. Pourtant, elle n'y est pas. Les animateurs expliquent donc à sa travailleuse sociale, Marie-Rose Bryson, que Catherine a participé activement aux ateliers et qu'elle a été en mesure de faire les liens entre les apprentissages et les comportements de son enfant. Cependant, ses difficultés personnelles l'ont empêchée de s'améliorer. Pour rebâtir le lien d'attachement avec sa fille, «elle doit être présente, physiquement et émotionnellement, à toutes les occasions de contact avec sa fille», disent les animateurs.

Et maintenant

Catherine voit de moins en moins sa fille. Elle manque une visite sur deux. La petite est placée en famille d'accueil et pourrait y demeurer jusqu'à sa majorité. Elle semble heureuse dans sa famille d'accueil et y progresse rapidement.

ÉMILIE ET WILLIAM

Dernier atelier

Ça va mieux avec William, explique Émilie sur un ton soulagé. Au cours des trois dernières semaines, le petit lui en a fait voir de toutes les couleurs. Il l'insultait, la défiait. Ses efforts d'encadrement commencent à porter leurs fruits, diagnostique Stéphane Lévesque.

Bilan

Émilie a grandement profité des ateliers, d'autant plus qu'ils ont coïncidé avec le retour progressif de son fils chez elle, ce qui lui a permis de mettre en pratique les conseils des animateurs. Cela dit, «William a besoin d'une routine très claire à la maison», soulignent les animateurs, qui suggèrent qu'un éducateur se rende très régulièrement chez Émilie afin de l'épauler au quotidien dans la prise en charge de son fils.

Et maintenant

Si tout va bien, William sera de retour à temps plein chez Émilie à la fin du mois. La DPJ continuera de suivre la mère et le fils pendant au moins un an.

MARIE-CLAUDE ET SAMUEL

Dernier atelier

Puisqu'il y avait une petite fête et des cadeaux, Samuel assiste au dernier atelier avec son éducatrice du centre d'hébergement. Il a beaucoup de plaisir. C'est la première fois qu'on le voit rire aux éclats.

Bilan

Marie-Claude n'est pas présente à la rencontre-bilan. Actuellement, la jeune femme a beaucoup trop de problèmes à régler pour être disponible pour son enfant, estiment les animateurs. «C'est ce qui a amené Samuel à mettre fin aux ateliers», disent-ils. Marie-Claude doit faire un cheminement personnel important avant de pouvoir penser s'occuper de son fils, croient-ils.

Et maintenant

Le tribunal devra trancher sur l'avenir de Samuel. La DPJ recommandera qu'il soit placé en famille d'accueil jusqu'à la majorité. De son côté, Marie-Claude espère reprendre son fils dans six mois.

ANIK ET RAPHAËL

Dernier atelier

Raphaël a enfin l'air d'un petit garçon de son âge, vivant et allumé. Anik semble avoir réalisé tout le plaisir qu'il y a à jouer avec lui. Spontanément, elle fait le chat et le serpent à ses côtés lors d'un jeu.

Bilan

Anik n'est pas présente pour la rencontre-bilan. Les animateurs présentent tout de même leur bilan à l'éducateur de suivi d'Anik, Marc Bisson. La jeune femme a graduellement pris sa place dans le groupe, expliquent-ils. Elle est capable de mettre en application les suggestions des animateurs, mais ils devaient impérativement être à ses côtés lors des interventions avec son enfant. «Elle a encore beaucoup de difficulté à décoder les comportements de son enfant», disent les animateurs. Ils recommandent un coaching parental intensif pour Anik.

Et maintenant

La tante qui avait la garde de Raphaël depuis qu'il est tout petit a demandé un déplacement de l'enfant. Raphaël vit donc temporairement en famille d'accueil. Éventuellement, il pourrait aller vivre chez son père.

SIMON ET EMMA

Dernier atelier

Emma, qui vit en famille d'accueil, avait dit à Simon qu'elle s'ennuyait de lui. Son père lui a donc dessiné une BD où on le voit, au travail, à la maison, et partout, il pense à sa grande fille. «Même si je ne suis pas là, je pense à toi.»

Bilan

Simon a été un très bon élément dans le groupe, il entraînait souvent les autres parents à s'impliquer davantage avec leur enfant, estiment les animateurs. Il a un bon lien avec sa fille, ils ont beaucoup de plaisir ensemble. «Ton défi, lui dit Stéphane Lévesque, c'est maintenant d'apprendre à te structurer dans tes activités avec tes enfants.»

Et maintenant

Emma et sa soeur seront progressivement réintégrées chez leur mère. Simon bénéficiera, éventuellement, de visites non supervisées.

MARTIN ET SARA

Dernier atelier

Le père et la fille sont absents.

Bilan

Au fil des semaines, Martin a gagné beaucoup d'aisance et de confiance. Il joue davantage avec sa fille, ont souligné les animateurs. À la maison, il a appliqué les suggestions faites en atelier avec succès. Quand Sara fait des crises, «ce qu'elle te dit, dans le fond, c'est que tu es important pour elle», explique Stéphane Lévesque. Compte tenu du fait que Sara a soif de l'attention de son père, les animateurs recommandent une activité père-fille régulière. Ça tombe bien: Martin a déjà inscrit Sara au soccer et il s'est proposé pour donner un coup de main à l'entraîneur.

Et maintenant

La petite famille continuera d'être suivie par la DPJ de façon régulière. Un éducateur se rend toutes les semaines à la maison pour épauler les parents.




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