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Krav maga

Démonstration de krav maga... (Photo: Marco Campanozzi, La Presse)

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Démonstration de krav maga

Photo: Marco Campanozzi, La Presse

Claudia Larochelle
La Presse

Gare aux agresseurs qui croiseraient la route de Dana Berry. La jeune femme menue au nom qui rappelle celui des héroïnes de jeux vidéo sait très bien se défendre depuis qu'elle pratique le krav maga, une méthode d'autodéfense israélienne d'une redoutable efficacité. Exercée depuis peu par des femmes au Québec, cette technique encore méconnue laisse très peu de chances aux vilains garnements.

«Ce n'est pas parce que je pèse 120 livres mouillée et que je suis haute comme trois pommes que je vais m'empêcher de sortir de chez moi», lance Dana Berry. La comptable qui n'a pas encore 30 ans n'avait jamais entendu parler de krav maga avant que son employeur, l'Académie internationale des gardes du corps, se mette à offrir des cours à ses employés. Rare femme à travailler entre ces murs, elle a pris part au petit groupe d'élèves pendant six mois, question de mettre toutes les chances de son bord en cas d'agression.

Quand le Français Michel Talbi a importé la méthode au Canada en 2002, il avait la certitude que cette pratique généralement populaire auprès des hommes, et d'une grande efficacité pourrait aussi attirer les femmes. Plus susceptibles que les hommes d'être victimes d'assauts à caractère sexuel - on comptait 34 agressions sexuelles pour 1000 femmes, comparativement à 15 pour 1000 hommes au pays en 2009 - les femmes sont d'ailleurs, année après année, plus nombreuses à suivre ses cours.

Un secret qui frappe fort

Créé par Imi Lichtenfeld pour protéger la communauté juive dans les rues de Bratislava dans les années 30, puis pratiqué par les troupes de l'armée israélienne, le krav maga a été classifié «secret défense» jusqu'en 1964, année d'ouverture de la première école de krav maga à Netanya en Israël.

Krav maga signifie «combat rapproché» en hébreu et n'est d'abord pratiqué qu'en Israël, donc. Ce n'est qu'au début des années 80 que les premiers maîtres de krav maga issus de la France, des États-Unis ou de l'Amérique latine ont accepté de partager leur «secret», inspirant ainsi plusieurs armées et forces de l'ordre dans le monde. Même Jack Bauer se sert souvent du krav maga dans 24 heures chrono...

Talbi qui fait, ici, partie des précurseurs de cette méthode d'autodéfense a pu à quelques reprises mesurer l'efficacité de cette pratique applicable à tout moment dans la réalité et dont les techniques ont été choisies et adaptées pour fonctionner dans des conditions de grand stress.

Les coups sont notamment focalisés sur des cibles sensibles comme les yeux, la nuque, la gorge, les genoux ou les parties génitales... «Il faut éliminer l'autre avant qu'il ne nous élimine. Si on est sur la défensive, on passe rapidement à l'offensive pour ne plus être la victime», explique Talbi.

Qui sait si, sans le krav maga, cet ancien militaire aurait eu le réflexe et la force de tenter de sauver la vie d'une voisine poignardée à plusieurs reprises par son mari dans la nuit du 4 octobre 2004? Victime des assauts du voisin qui l'empêchait d'aller au chevet de la mourante, Talbi a réussi à l'immobiliser pour se précipiter vers la dame d'une cinquantaine d'années qui n'a malheureusement pas survécu. Il y a deux ans, Talbi a reçu une médaille de la bravoure pour son geste héroïque.

La constance du combattant

Conçue pour apprendre à se défendre avec un minimum de formation, cette méthode de combat rapproché s'inspire de plusieurs techniques issues de la lutte, du jiu-jitsu ou de la boxe et se base sur les réflexes naturels du corps. Des réflexes qu'il faut entraîner. Nul besoin, donc, d'être de stature costaude pour le pratiquer.

«Pour ne pas oublier les mouvements, je tente régulièrement quelques prises sur mon chum, rigole Dana Berry. Il faut vraiment que ça ne se perde pas, que je continue d'être rassurée et confiante.»

«Ce sont des mouvements peu compliqués qu'on pratique et re-pratique jusqu'à ce que ça devienne un automatisme. Le temps de formation varie donc d'une personne à l'autre.», observe Marianne Grenier, une entraîneuse privée qui fait du krav maga depuis l'ouverture, il y a un peu plus de deux mois, de son centre de mise en forme Objectif santé, à Saint-Hubert. Avec son collaborateur Didier Perotte, elle songe d'ailleurs à offrir régulièrement des ateliers de krav maga, en plus de la remise en forme déjà proposée.

L'immense terrain boisé à l'arrière du centre saura servir et inspirer des instructeurs comme Talbi, qui peut autant simuler des agressions dans un stationnement souterrain que dans un ascenseur, dans une voiture ou dans l'eau.

Pour amorcer sa formation, c'est dans une salle d'entraînement qu'il reçoit ses groupes mixtes. Si les femmes demeurent minoritaires, celles qui se greffent aux autres proviennent généralement des milieux policiers ou de la protection rapprochée. D'autres, comme Dana, veulent pouvoir marcher tête haute dans la rue. «J'ai longtemps eu peur de me faire violer. Ça m'obsédait. Maintenant, je saurais quoi faire si on m'attaquait. Je ne voudrais pas être dans la peau de celui qui oserait...»




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