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Kantapia: une Corée un peu BD

Avec son nom tiré d'une célèbre bande dessinée... (Photo Simon Giroux, La Presse)

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Avec son nom tiré d'une célèbre bande dessinée pour enfants, ses couleurs acidulées et son mobilier d'appartement étudiant, le Kantapia ressemble à un petit resto familial comme on pourrait en voir dans un film.

Photo Simon Giroux, La Presse

La rentrée est un état d'esprit. Que vous alliez à l'école ou non, septembre marque la transition entre la détente de l'été et les horaires effrénés de l'automne. Une période où, même débordant d'énergie, on garde un faible pour l'insouciance. Installé à quelques coins de rue du centre-ville, Kantapia est un bon plan pour ces jours où on a «oublié» son lunch ou on n'a pas envie de faire à souper.

À ma première visite, je sortais d'un film coréen dont les scènes de repas m'avaient donné une furieuse envie de cette cuisine. Je n'aurais pu mieux tomber. Avec son nom tiré d'une célèbre bande dessinée pour enfants, ses couleurs acidulées et son mobilier d'appartement étudiant, le Kantapia ressemble à un petit resto familial comme on pourrait en voir dans un film.

La collègue Violaine Ballivy, de retour d'un séjour à Séoul, a tout de suite reconnu les baguettes à profil plat en inox, jolies mais un peu ingrates à manipuler, et les carafes à eau présentes sur toutes les tables de ce genre d'établissement. Et, évidemment, plusieurs éléments du menu, comme les tteot boki, ce mélange de cylindres de pâte de riz et de fricadelles de poisson bien chaud baignant dans une sauce pimentée rouge vif. Le résultat est un peu piquant, un peu poissonneux, et surtout très dense. Déroutant pour un palais occidental? Peut-être, mais en Corée, ce mets est considéré comme un aliment réconfortant, vendu dans la rue dans des barquettes jetables.

Des plats différents

Bien que le menu ne comporte pas de section «entrées» proprement dite, plusieurs autres plats se prêtent bien à un partage en début de repas. Les dumplings bien dorés, farcis de viande goûteuse et frits sans lourdeur, sont délicieux. Tout comme le pajeon aux fruits de mer, une préparation à mi-chemin entre une crêpe épaisse et une omelette. Des moules, de minuscules crevettes et des tentacules violacés apparaissent comme une série de clins d'oeil sous la pâte zébrée de tiges de ciboule vertes.

Les kimbaps sont également intéressants, à condition de déprogrammer vos papilles conditionnées par la cuisine japonaise. Ces rouleaux de riz collant cerclés d'algue et abritant de fines garnitures (légumes, oeuf, surimi, etc.) ressemblent en effet à s'y méprendre à de gros makis. La différence, toutefois, se manifeste dès la première bouchée: le riz n'est pas vinaigré. Cette douceur n'est pas désagréable en soi, mais elle risque de passer pour de la fadeur si l'on s'enferme dans la comparaison avec le modèle nippon.

Le bulgogi et le galbi (ou kalbi), deux préparations de boeuf mariné puis saisi, sont des classiques de la cuisine coréenne. J'ai un faible pour le kalbi, sorte d'escalope taillée perpendiculairement aux côtes dans laquelle on retrouve les os, mais je dois reconnaître que les languettes de viande et d'oignon sauté du bulgogi sont plus faciles à attraper avec des baguettes. Cela dit, les deux plats sont également savoureux. Ils viennent avec les mêmes accompagnements, une salade verte toute simple (laitue romaine, brindilles de carotte, vinaigrette au gingembre) et du riz violacé (du riz blanc auquel on ajoute un peu de riz noir). Tout comme le don katsu, une belle tranche de porc enrobée d'une panure texturée et croustillante qui devrait plaire aux amateurs de viande panée.

Le dolsot bimbimbap auquel nous avons eu droit récemment, par contre, s'est avéré plutôt décevant. Tout le charme de ce plat vient du bol brûlant dans lequel il est servi. C'est grâce à lui que le riz en contact avec les parois devient légèrement saisi, ce qui lui confère une texture irrésistible. Malheureusement, le bol n'était pas assez chaud pour faire son oeuvre et les légumes offerts en garniture étaient sans surprise.

Je ne suis donc pas en train de vous dire que Kantapia est le meilleur coréen à Montréal, ni même le plus puriste. Mais si vous avez envie d'un endroit jeune et pas du tout folklorique où l'on peut manger des préparations savoureuses à prix très abordables, voilà une petite cantine qui vaut le détour.

Kantapia

364, rue Sherbrooke Ouest, Montréal

514 508-2585

> Prix: Kimbap de 5$ à 6,50$, plats de 5,50$ à 10,75$.

> À boire: Pas de permis d'alcool, donc thé et boissons gazeuses.

> Service: Gentil mais limité. On a beau préciser qu'on voudrait se partager un plat en guise d'entrée et recevoir les autres ensuite, les assiettes arrivent dans n'importe quel ordre.

> Décor: Simplissime. Couleurs acidulées, vaisselle en mélamine, menu décoré de personnages de la BD coréenne Dooly, dans laquelle est évoquée la planète Kantapia.

> Atmosphère: La clientèle, parmi laquelle on trouve beaucoup d'étudiants et de familles, contribue à créer une ambiance jeune et animée sans être bruyante.

(+) Un petit resto coréen sympathique.

(-) L'absence de service en français lors de nos visites.

On y retourne? Oui!




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