Des anciens du Toqué! décident ensemble d'ouvrir un restaurant de quartier dans Villeray, où l'on servira de la cuisine surtout d'inspiration italienne, mais préparée avec les produits d'ici.

Mis à jour le 18 mars 2019
MARIE-CLAUDE LORTIE LA PRESSE

Le concept a tout pour plaire.

Chaque fois que j'entends ce genre de description, j'ai envie de dire: «Mais pourquoi ce genre de chose n'arrive jamais près de chez moi?»

Qui n'a pas envie d'une petite table sympathique, sans façon, à prix pas trop fous, où l'on peut aller à pied, où l'on mangera bien, surtout de l'italien, ce qui est si facile à aimer?

L'idée derrière cette nouvelle adresse est donc excellente et l'expérience, de façon générale, assez chouette.

Le lieu n'est pas grand, mais décoré façon bistro, avec un bar où l'on peut s'asseoir pour prendre un verre et une bouchée, en regardant la cuisine ouverte. Une grande fenêtre assure la venue de la lumière. 

Réconfortant

Au menu, les valeurs sûres se succèdent. Mozzarella accompagnée de poivrons grillés et d'huile d'olive, éperlans frits tout simples, croulant aussi sous les herbes fraîches, palourdes dans leur coquille, avec une sauce légèrement tomatée à la chair de saucisse comme une chaudrée de terre et mer.

Ces plats sont tous exactement ce dont on a envie par les temps qui courent. C'est facile à aimer, réconfortant. L'omble servi avec sauce vierge - huile d'olive, tomates, citron... -, polenta et choux de Bruxelles frits est aussi un joli plat bien réussi, puisque le poisson est encore tout tendre, juste assez cuit. Et on a aimé les cavatelli au rapini et aux pleurotes.

Mais vous comprendrez qu'il y a un «mais».

Le «mais», c'est que lorsqu'on entend dire que les cuisiniers ont déjà travaillé chez Toqué !, nos attentes deviennent un peu plus élevées que d'habitude. Or, la cuisine que l'on sert chez Moccione ne les comble pas. C'est délicieux, mais pas délirant.

La mozzarella n'est pas aussi crémeuse qu'on l'aimerait et la friture - dont l'odeur est assez présente quand on arrive dans le restaurant -, pas aussi fine qu'on le voudrait. On sourcille quand on voit les profiteroles arriver avec... un couteau à steak, même si ce n'est pas une mauvaise idée de vouloir les conjuguer sur le thème de l'argousier... Les cavatelli, on aurait aimé qu'ils soient plus originaux, avec plus de personnalité. Et le tiramisu? Il était bon. Mais je ne saurais qu'en dire de plus. 

Deux services

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Le Moccione est un restaurant de quartier dans Villeray qui sert de la cuisine d'inspiration italienne, préparée avec des produits d'ici.

Tout ça serait facile à accepter si le restaurant nous ouvrait ses portes comme on les ouvre pour tous nos meilleurs amis à toute heure du jour. Si l'adresse avait quelque chose de familial. Mais la direction a choisi l'approche «deux services à heures fixes». 

Donc on mange à 18 h ou à 20 h 30, sauf le dimanche, où l'horaire est plus souple. 

Qui aime se faire dire qu'il faut quitter sa table après un certain temps? Que non, il n'est pas possible de prendre un dernier café ou un autre verre de vin, car des gens attendent? Surtout quand on vient manger à l'italienne...

Je sais que c'est une question financière qui n'a rien d'une coquetterie pour les restaurateurs fonctionnant avec des marges minuscules et qui veulent s'assurer de servir au moins deux repas par table par soir. Et je sais aussi que les proprios essaient de faire de leur mieux pour minimiser les inconvénients de leur approche.

Mais en fonctionnant ainsi, on élimine la possibilité de débarquer sous l'impulsion du moment, ou encore d'étirer un repas sans façon en soirée généreuse. Et pourtant, c'est ce qu'on aurait envie de faire dans ce petit restaurant.

Notre verdict

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Carpaccio de boeuf avec pleurotes et légumes marinés, parmesan

On paie: entrées entre 10 $ et 18 $, plats entre 18 $ et 23 $. 

On boit: des vins de petits producteurs plutôt humbles, mais bien choisis, que l'on peut prendre à la bouteille ou au verre. 

On se sent: accueil chaleureux et service sympathique même si la nécessité de quitter la table à une certaine heure peut décevoir. Décor de bistro du moment pas compliqué, avec des tables en bois, des tons pastel. 

On aime: les prix raisonnables et le concept.

On aime moins: les horaires fixes - et la cuisine pourrait être un petit peu plus spéciale.

On y retourne? Sûrement, mais pas tout de suite.

Moccione. 380, rue Villeray, Montréal. 514 270-4441. https://www.moccione.com/

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

On peut s'asseoir au bar pour prendre un verre et une bouchée, en regardant la cuisine ouverte.