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Cuisine, lance et compte!

Chuck Hughes, propriétaire du Garde Manger et du... (Photo François Roy, La Presse)

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Chuck Hughes, propriétaire du Garde Manger et du Bremner.

Photo François Roy, La Presse

Chuck Hughes a un horaire hyper chargé. Mais les mardis et les jeudis midi, ne le cherchez pas dans l'un de ses restaurants. Le chef joue au hockey dans une ligue qui réunit des serveurs et des cuisiniers.

Midi approche à l'aréna de Westmount, et le propriétaire du Garde Manger et du Bremner sort du vestiaire vêtu d'un chandail rouge du Canadien. En clopinant vers la glace, il distribue des coups d'épaule et des blagues aux autres joueurs.

Ses coéquipiers et ses adversaires ont un point en commun. Ils travaillent tous - ou presque - dans le monde de la restauration. Ils bossent à la pizzéria Industria, à la dînette McKiernan, à la grilladerie Moishes ou à la cantine Junior.

«C'est le fun de se retrouver avec du monde de la restauration et de parler d'autre chose que de bouffe. On se connaît tous et on a beaucoup de choses en commun», dit Chuck.

Quand le grand gaillard saute sur la patinoire, il ne jase ni de sa recette de poutine au homard ni de la provenance du foie gras qu'il sert à ses clients. Tout ce qu'il veut, c'est de marquer des buts. Pour y arriver, il doit s'appuyer sur son équipe comme il compte sur sa brigade en cuisine.

«Au restaurant, mettre de la bouffe dans l'assiette, ce n'est pas compliqué. C'est de se rendre jusque-là qui l'est. Si la sauce d'un cuisinier n'est pas bonne, ça se ressent sur toute l'équipe. Tu ne veux pas qu'un coéquipier te fasse mal paraître et c'est la même chose au hockey.»

Sur la glace, Chuck peut jouer à n'importe quelle position, mais il préfère se retrouver à l'avant. Ce midi, il joue à l'aile droite dans l'équipe des chandails foncés. S'il veut envoyer la rondelle au fond du filet, il doit déjouer Derek Dammann, le chef du restaurant Maison publique. Le défenseur de l'équipe des chandails pâles porte un uniforme des Bruins de Boston.

Véritables rivaux sur la glace, les deux chefs sont quand même des amis. Des amis qui se picossent constamment. «Chuck, c'est un mangeux de rondelle», prétend Derek, tout sourire.

Il faut dire que Derek aime taquiner ses copains.

Derek Dammann, chef du restaurant Maison publique.... (Photo François Roy, La Presse) - image 2.0

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Derek Dammann, chef du restaurant Maison publique.

Photo François Roy, La Presse

«Je trouve que la patinoire et la cuisine sont des lieux propices aux taquineries. C'est deux endroits où il y a beaucoup de commentaires passifs agressifs comme: "Miam, ta sauce est vraiment savoureuse. La prochaine fois, tu y mettras du sel."»

Comme des gamins

Derek a joué au hockey toute son enfance. Il adore depuis toujours l'atmosphère qui entoure une partie: le vestiaire, le pep talk, la fébrilité sur le banc...

Dans un aréna, Patrick Adolphe ressent la même émotion. Quand il chausse ses patins, le serveur du restaurant Le Filet affirme qu'il devient comme un gamin de 8 ans. «Je veux la puck, je veux la puck, je veux la puck», répète-t-il en cognant son bâton contre le sol.

Patrick joue lui aussi dans une ligue composée de serveurs et de cuisiniers. Ceux-ci travaillent au Serpent, à l'Express, au Satay Brothers, au Bâton rouge, au Joe Beef ou dans des agences d'importation de vin, notamment.

«Quand j'étais maître d'hôtel, j'avais tendance à regarder le déroulement d'une soirée en salle à manger comme un match de hockey. Je voulais placer les serveurs selon leurs forces. Un serveur introverti pouvait être bon pour débarrasser les tables alors que la vedette du resto, je voulais la mettre de l'avant pour qu'elle score.»

Patrick Adolphe, serveur au restaurant Le Filet.... (Photo François Roy, La Presse) - image 3.0

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Patrick Adolphe, serveur au restaurant Le Filet.

Photo François Roy, La Presse

Patrick Adolphe gère la ligue de hockey avec son ami Philippe Vincent, du restaurant Club chasse et pêche. Pour réussir à former des équipes de 21 joueurs, il arrive parfois que les serveurs demandent à leurs clients de participer aux parties. Le calibre des joueurs est «de faible à très faible!», rigole Philippe.

Leur ligue, qui existe depuis 10 ans, leur permet de garder un contact avec des amis qu'ils ne verraient pas autrement.

«À un certain moment, on se croisait souvent et on sortait beaucoup ensemble. Mais on a vieilli et on a maintenant des familles. On aurait pu se perdre de vue parce qu'on ne travaille pas au même endroit, mais on continue de se côtoyer sur des patins, deux fois par semaine», raconte Philippe.

En ce lundi après-midi, Patrick St-Vincent partage le même uniforme que ses camarades Patrick Adolphe et Philippe Vincent. Ils jouent avec les chandails blancs aux couleurs du restaurant Le Filet et ils affrontent les gilets noirs au logo du Club chasse et pêche.

Le copropriétaire du Filet trouve que le hockey est une manière franchement amusante de faire du sport avant le boulot. Quand il manque de souffle, il peut même se reposer quelques minutes sur le banc, une chose absolument impossible quand il travaille. «Quand le service commence, ça roule sans répit», dit-il.

Patrick St-Vincent voit un autre avantage à jouer au hockey avec ses collègues de travail. À la fin de leur match, les joueurs ne se retrouvent pas autour d'une bière, contrairement à plusieurs hockeyeurs amateurs. Ils quittent l'aréna pour se rendre au boulot.

«Pendant que la plupart du monde travaille, nous, on pratique une activité saine.»




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