Le premier est spécialiste de la fabrication de la crème glacée. Il s'appelle Martin Maheu-Picard et a travaillé pendant des années là où on prépare toute la glace du Bilboquet. Le deuxième, Alexandre Deslauriers, a travaillé aussi pendant longtemps au glacier de la rue Bernard. C'est là qu'il est tombé amoureux de la pâtisserie, ce qui l'a amené à aller l'étudier à l'Institut de tourisme et d'hôtellerie. Le troisième, Julien Lebuis, est pratiquement né dans un bol de crème glacée à la tire d'érable. Ses parents ont fondé le Bilboquet (puis l'ont vendu). Le fils a depuis décroché un diplôme en commerce à HEC Montréal.

Publié le 30 juill. 2011
Marie-Claude Lortie LA PRESSE

Aujourd'hui, ces trois comparses font équipe et se sont lancés dans une nouvelle aventure glacée: celle des Givrés, glacier de la rue Saint-Denis, presque à l'angle de la rue Roy.

Si vous cherchez un cornet, cet été, c'est la place où aller.

Non seulement la crème glacée y est naturelle et faite de produits de première qualité - fruits, pistoles de chocolat noir, pistaches grillées... - mais en plus, on fabrique les cornets sur place avec de la farine bio, notamment. On prépare même des cornets au cacao.

Oui, oui, les cônes de pâte croquante très fine, qui ont un peu la consistance croustillante hyper légère des hosties de jadis, sont faits ici (et vendus sur place si on veut en rapporter). On peut même voir la machine à l'oeuvre, avec ses moules en métal faits sur mesure qui impriment dans la pâte le nom du glacier et un petit design original.

Les trois givrés se sont donné comme objectif de ne travailler qu'avec des produits non transformés, pas nécessairement bio, mais le plus souvent possible, et au moins naturels. Le caramel, c'est du sucre fondu avec de la crème. La sauce au chocolat: des pistoles fondues, du cacao, de la crème, de l'eau et un peu d'huile de tournesol (elle pourrait toutefois être encore plus concentrée en chocolat noir pour les amateurs de chocolat graves, comme moi). Le praliné: des amandes et des noisettes grillées et caramélisées. Et la glace à la pistache, eh bien, elle est préparée à partir d'un beurre de pistaches grillées fait en cuisine. Amateurs de parfums artificiels, d'arômes qui dopent faussement les saveurs, s'abstenir. Les glaces des Givrés sont délicates. Et celles qui sont les plus «punchées», donc, sont celles dont les parfums sont les plus francs naturellement. On pense au sorbet à la mangue, au citron vert, ou à la glace molle à la framboise, qui se laisse fondre langoureusement en bouche. Enfin, les parfums de sorbets mous sortent des sentiers battus.

Aménagé joliment, avec des meubles de contreplaqué, dans un grand demi-sous-sol de la rue Saint-Denis, Les Givrés se promet d'être ouvert pratiquement toute l'année. Si tout va bien, on aimerait même obtenir un permis d'alcool pour ouvrir la porte aux sorbets alcoolisés, comme à la poire William ou à la prunelle, façon trou normand. La maison vend aussi de la glace en contenants de 500 ml et des gâteaux et pâtisseries glacées, à emporter.

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Les Givrés

3807 Saint-Denis, Montréal

514 373-7558

www.lesgivres.ca

Plus: Une équipe de gens motivés qui veulent faire de la crème glacée vraiment de qualité, naturelle.

Moins: J'aurais pris plus de chocolat dans la sauce sur mon sundae.

On y retourne? C'est sûr.