Il y en a qui, pour l'occasion, organiseront une vraie fête à la maison, empilant dans le four les ailes de poulet caramélisées, les bouchées au fromage et les nachos avec frijoles.

Mis à jour le 4 févr. 2011
Marie-Claude Lortie LA PRESSE

Il y en a qui ne regarderont pas le Super Bowl et qui auront peu à faire du dénouement de la grande confrontation entre les Steelers de Pittsburgh et les Packers de Green Bay.

Il y en a qui se rueront vers la première succursale d'une grande chaîne de bars où les télévisions sont aussi spectaculaires que la quantité de sucre dans la sauce sur les côtes levées.

Et puis, il y a ceux qui chercheront un restaurant pas mal, avec une bonne télé ou deux, où ils pourront regarder le match en mangeant un bon repas. Pas nécessairement de la haute gastronomie, mais pas de la cuisine industrielle pour autant.

Brasserie Rachel Rachel

Le Rachel Rachel est le lieu où officie Robert Penny, alias Bob le chef, connu d'abord pour ses capsules sur le web, où il propose des recettes accessibles à un public plus porté sur les burgers que les croquembouches. Bob le chef cuisine dans un lieu qui se dit brasserie, mais qui ressemble beaucoup à un bar, où des télés sont accrochées vraiment un peu partout - il y a en a une dizaine. Le soir, la salle se remplit de cette foule que l'on a déjà vue aussi sur le boulevard Saint-Laurent près de Sherbrooke, ou dans certains bars de Laval. Même si on est au coeur du Plateau, on est loin des hipsters et des artistes rêveurs du temps de Gérald Godin.

On mange chez Rachel Rachel une cuisine typique de «bar sportif», mais version maison. Ailes de poulet, côtes levées... Même les croustilles sont préparées sur place.

Simplement grillées, les ailes de poulet arrivent à table sans flafla avec trois sauces préparées à partir d'ingrédients simples: moutarde et miel - très sucrée - une «ranch» crémeuse et une sauce barbecue tomatée, légère, pas collante et juste assez piquante.

Les côtes levées de porc, autre incontournable de ce genre d'établissement, sont elles aussi préparées avec la touche du chef: du Coke et du Jack, référence au drink du même nom fait à partir de Coca-Cola et de whisky Jack Daniels. C'est sucré, encore une fois, c'est tendre et gras, pas sec. Est-ce spectaculaire? Non, vu le manque de relief de la sauce.

Dans la catégorie «se mange avec les doigts», les calmars frits sont plus intéressants, à condition, évidemment, d'être dévorés bien chauds, sortant de la friteuse. Dans ses capsules web, Bob propose les calmars frits avec une tapenade, on aurait aimé y goûter. Au Rachel Rachel, on les sert plutôt avec une classique sauce tartare, qui ne nous réjouit ni ne nous déçoit.

Pour ceux qui cherchent la verdure dans tout cela, sachez que le bar offre aussi une salade toute simple, composée de roquette et de lanières de courgettes et de carottes. Il y a même quelques betteraves jaunes en à-côté. C'est frais et vitaminé. Dommage que la vinaigrette fruitée soit, elle aussi, si sucrée.

Le Boucan

Autre option hors des sentiers battus pour regarder le match: chez Boucan, rue Notre-Dame Ouest, à Griffintown.

Ici, on n'est pas dans un bar, mais dans un vrai restaurant un peu rétro, très convivial, voire familial, où l'on allume la télé.

«Boucan» est un mot familier synonyme de «bruit», mais si on ajoute un «e», on a «boucane», autre mot familier signifiant cette fois «fumée». Cris d'amateurs de sports enjoués, côtes de viande enfumées... Avouez qu'on a ici les éléments de base pour une soirée du Super Bowl.

Au Boucan aussi, le plan est de cuisiner des plats simples, mais honnêtes. Les mets sont très épicés - pas dans le sens de piquants, mais dans le sens de parfumés. Parfois il y a même trop d'épices (surtout la cannelle). Mais rien ne sort d'une boîte de conserve.

Au menu: des côtes, du poulet barbecue, des hamburgers à manger avec une serviette tellement ça coule de partout (c'est leur marque de commerce). En accompagnement, de la salade de chou (pas trop sucrée), des frites...

Autant chez Rachel Rachel la rapidité du service est victime de l'immensité de la foule, autant au Boucan on est servi amicalement par le propriétaire lui-même et sa petite équipe, y compris le cuisinier que l'on peut apercevoir par un passe-plat.

Version actuelle du greasy spoon de quartier, Le Boucan n'a pas la prétention d'être autre chose qu'un endroit où on peut manger des ribs en regardant la game, quitte à peut-être enfiler au dessert un morceau de costaud brownie... au bacon. C'est riche, salé et sucré, drôle si on adhère à la passion actuelle des hipsters pour la viande en général et le gras de porc surtout.

Rachel Rachel

500, rue Rachel E., 514-524-4446

www.rachelrachel.ca

Plats à partager allant de 3$ à 15$

Le Boucan

1886, rue Notre-Dame O., 514-439-4555

www.leboucan.com

Poutine 12$, soupe 5$, plats de côtes levées 18$ ou 26$.