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Le miracle après cinq fausses couches

Alain Bouchard
Le Soleil

Caroline Hébert avait vécu cinq fausses couches, donc perdu cinq bébés. Elle avait fait son deuil de la maternité, à laquelle elle songeait pourtant depuis l'âge de 14 ans. «À 38 ans, j'avais démissionné», dit-elle. Puis bang! Elle tombe de nouveau enceinte et, cette fois, donne naissance. À 39 ans et demi.

«Un miracle, en même temps qu'un immense cadeau», confie cette résidante de Cap-Rouge, professeure à l'Université Laval, qui a accouché par césarienne, au bout d'une grossesse difficile. Sa «princesse», Sabrina de prénom, a eu deux ans ces jours derniers. Sa mère en a 41 et demi.

«Pour moi, avoir un enfant, c'est laisser une sorte de marque dans la vie, explique-t-elle. Je vivais avec un père de quatre enfants, avec lequel j'ai fait ma cinquième fausse couche. Je pouvais jouer à la mère autant que je le voulais. Mais je voulais le mien.»

Caroline Hébert prend très au sérieux ce rôle auquel elle croyait avoir renoncé pour toujours. «Je m'étais fait à l'idée de ne pas avoir d'enfant et j'en trouvais les avantages. Les voyages. Avoir un chat. Et voilà que je suis tout à coup forcée de revoir toute mon échelle de valeurs. Voilà que je dois rapidement devenir un modèle pour ma fille.»

Elle n'a plus la même notion du vieillissement. Sa santé devient sa priorité. Elle est devenue plus cartésienne. «J'ai commencé à compter, dit-elle. Je me suis tout de suite demandé quel âge j'aurais quand Sabrina aura 10 ans.»

Bousculer le temps

La maladie, la retraite n'ont plus pour elle la même consonance. Les deux pourraient affecter la vie de quelqu'un d'autre. «Je veux donc apprendre à ma fille à être autonome très, très vite, dit-elle. Si je l'avais eu plus jeune, j'aurais davantage développé son imaginaire que maintenant. Je dois bousculer un peu le temps.»

À la naissance de Gabrielle, Caroline Hébert a d'abord pensé à l'argent et au confort. Puis elle s'est ravisée très vite. «J'ai compris que ma fille a surtout besoin d'équilibre émotionnel, pour atteindre l'autonomie souhaitée. C'est donc là-dessus que je vais d'abord agir.»

Une nuit blanche à 40 ans n'est pas la même chose qu'à 30 ans. «Il faut donc apprendre à gérer son énergie autrement, oui. Mais d'une certaine façon, ça rajeunit d'avoir un enfant à 40 ans. Je redécouvre le jeu. Je sais ce qu'est le Brocoshow. Je suis plus sensible aux écarts des générations.»

Elle s'est d'abord sentie un peu coupable envers ses parents. «Ils arrivaient à l'âge que je m'occupe d'eux. Et voilà qu'ils doivent s'occuper de moi.» Mais elle a réalisé que l'enfant a resserré les liens avec ses parents, et que ceux-ci ne s'en portent que mieux.




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