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«L'impression de manquer quelque chose»

Les Québécoises hésitent de moins en moins à accoucher sur le tard. Coup d'oeil... (Photo: François Roy, archives La Presse)

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Photo: François Roy, archives La Presse

Alain Bouchard
Le Soleil

Les Québécoises hésitent de moins en moins à accoucher sur le tard. Coup d'oeil et témoignages sur une tendance de plus en plus présente dans le monde occidental.

La dentiste Céline Rochette n'avait jamais pensé à la maternité avant ses 40 ans. «Je suis tout à coup devenue remplie d'émotion en voyant défiler des mères et leurs enfants dans mon cabinet. J'ai eu l'impression de passer à côté de quelque chose.»

Elle est tombée enceinte à 42 ans. Elle a eu un fils qu'elle a prénommé William. «Je voulais un enfant, dit-elle, mais je ne voulais pas être mère monoparentale. Et je n'aurais pas adopté non plus.»

À 34 ans, la jeune femme se sépare de son conjoint. À 35 ans, elle revoit un vieil ami d'enfance qui avait été son chum de 15 à 21 ans. Il vit à Gatineau, où il a un fils de quatre ans. Mais il se dit prêt à déménager à Québec. Les planètes sont parfaitement alignées.

«J'ai beaucoup réfléchi à tout cela», confie-t-elle dans sa clinique dentaire de Neufchâtel. «On réfléchit beaucoup à cet âge. Peut-être même trop. J'avais été élevée dans une famille stable avec mes deux parents. Mon conjoint aussi. Nous étions faits l'un pour l'autre.»

Mme Rochette a accouché par césarienne, mais n'a été que trois mois sans travailler. Elle a repris à 20 heures par semaine d'abord. Et elle ne travaille plus jamais le soir ni le vendredi.

«Au lieu d'aller au théâtre comme auparavant, dit-elle, je vais à la bibliothèque avec mon fils. Et ce ne sera pas très long que je vais l'initier au ski alpin.»

Deux plutôt qu'un

Bien qu'elle ait eu un conjoint au grand potentiel paternel durant 10 ans, la physiothérapeute Anne Cloutier n'a jamais voulu d'enfant dans la vingtaine. Elle a beaucoup voyagé. Elle a travaillé en Suisse un bout de temps. Elle toujours fait beaucoup de sport. La maternité était la dernière de ses préoccupations.

Elle songeait plus aux enfants dans la trentaine, mais il fallait trouver le bon partenaire pour les faire. «Je connais beaucoup de femmes qui vivent avec des morrons pour avoir voulu des enfants à tout prix, dit-elle. Il n'était pas question de ça pour moi.»

Elle a eu son fils Sébastien à 39 ans et demi, par césarienne, et au bout d'une grossesse difficile. Mais ce qui ne l'a pas empêchée d'avoir un deuxième enfant à 41 ans, cette fois une fille prénommée Sophie, également née par césarienne.

«Je pense être une bien meilleure mère que je l'aurais été plus jeune, soutient- elle. Je n'ai pas de stress.» Et le fait d'être propriétaire de sa clinique de physiothérapie lui permet de rester à la maison tout le temps voulu.

«Ma mère me disait qu'on n'a pas la même énergie à 40 ans qu'à 30 ans, raconte-t-elle. Mais ce n'est pas vrai dans mon cas. Ça dépend à mon avis du genre de vie qu'on mène. C'est drôle que ma mère ait tenu ce discours. Parce qu'elle a elle-même été un modèle de mère énergique, à tous les âges.»

Cette fille de bonne famille vit dans Saint-Sacrement, à deux pas de la maison où elle a grandi. Elle et son conjoint de 47 ans maintenant ont parcouru l'Ouest canadien à vélo cet été... avec les deux enfants accrochés derrière.




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