Avec la permission de ses parents, Guillaume, 16 ans, organise un party chez lui. Ses parents lui ont toutefois imposé certaines limites: il ne peut recevoir plus que 10 personnes et il doit faire le ménage avant midi le lendemain. Il accepte ces compromis et commence à inviter ses amis... mais voilà que la rumeur du party se répand à l'école comme un virus!

Dr Nadia Gagnier LE SOLEIL

Le soir du fameux party, Guillaume voit arriver chez lui les invités, leurs amis et les amis des amis... il finit par perdre complètement le contrôle de la fête, les gens arrivant trop nombreux et adoptant des comportements un peu destructeurs, l'abus d'alcool aidant. Au début, il trouve ça drôle et s'attend à ce que son party devienne légendaire, mais il se met à paniquer lorsque certains se mettent à jouer aux dards sur les toiles de sa mère. Heureusement, des voisins se sont plaints et des policiers sont venus mettre fin à la fête. Lorsque les parents arrivent, ils sont fous de rage et ne veulent même pas entendre les explications de leur fils, le croyant totalement responsable des dommages causés à leur résidence.

Ce genre de situation est le cauchemar que de nombreux parents d'ado redoutent lorsque leur progéniture demande gentiment d'organiser une fête avec des amis à la maison. Cela a même inspiré le scénario de certains films d'Hollywood! Dans la réalité, ces scénarios existent, mais sont plutôt rares. En fait, il y a même certains avantages à permettre à notre ado de faire un party chez lui :

> Les parents peuvent connaître ses amis et en savoir un peu plus sur sa vie sociale.

> Certains parents trouvent rassurant que leur ado soit à la maison plutôt que traînant dans les rues ou dans les parcs.

> Cela permet de responsabiliser l'ado dans un contexte où il est l'hôte : faire les invitations, déterminer ce qu'il y aura à boire et à manger, fixer une heure d'arrivée et tout remettre en ordre lorsque les invités quittent.

> Lorsque tout se passe bien, l'expérience peut permettre d'augmenter le niveau de confiance entre les parents et l'ado. L'ado a confiance en ses parents, qui comprennent son besoin de socialiser, et les parents font confiance à leur ado, qui sait recevoir ses amis de façon responsable.

Évidemment, il est important que les parents établissent clairement certaines règles que leur enfant devra respecter lors de son party. Ces règles peuvent varier d'une famille à l'autre, selon l'âge de l'ado et le niveau de confiance que ses parents ont en lui. Voici des exemples de thèmes dont les parents doivent discuter afin d'établir le cadre à l'intérieur duquel l'adolescent pourra organiser sa fête :

> L'heure à laquelle le party peut commencer et doit se terminer

> Qui sera invité (le nombre d'invités, inviter seulement les amis que les parents connaissent, exclure les «mauvaises fréquentations»...)

> La permission ou non d'offrir de l'alcool

> L'accès ou la restriction de certaines pièces de la maison (si papa a une rutilante voiture de collection dans le garage, peut-être préférera-t-il qu'on n'y touche pas!)

> Après la fête, dans quel délai le ménage doit-il être fait?

> Est-ce que les parents exigent d'être présents ou est-ce qu'ils s'absenteront lors de cette soirée...

Après avoir établi ces règles, les parents doivent évidemment en discuter avec leur ado. On peut aussi lui parler du phénomène des open houses impromptus et de l'embarras dans lequel certains ados ont pu se trouver lorsqu'ils ont perdu le contrôle de leur party, souvent bien malgré eux. Il est également important d'aborder avec lui les conséquences possibles d'une telle perte de contrôle : plaintes des voisins, perte de confiance des parents, interventions policières, devoir rembourser et réparer pour les dommages...

Bref, en tant que parent, il ne faut pas être fataliste et interdire tout party dans notre demeure de peur que la fête prenne une tendance full destroy! Il est probablement plus constructif de se concentrer sur les bienfaits que l'organisation d'un party peut avoir sur notre ado et sur notre relation avec lui, ainsi que sur l'établissement de balises permettant de prévenir la perte de contrôle du party.

Finalement, lorsque notre ado nous demande s'il peut inviter quelques amis à la maison, il y a un juste milieu entre lui dire un non catégorique par peur que la maison soit démolie, et lui dire spontanément oui pour être un parent cool... Le mieux, lorsque c'est possible, c'est de dire «oui, mais...», en ajoutant des règles qui auront été réfléchies et discutées entre parents ainsi que des recommandations pour éviter les pires scénarios d'Hollywood!