Le Québec est une société distincte, jusque dans l'accouchement. Les Québécoises sont les Canadiennes qui ont le plus recours à l'anesthésie épidurale et qui accouchent le plus souvent sur le dos, révèle l'Enquête canadienne sur l'expérience de la maternité.

Catherine Handfield LA PRESSE

Au Québec, les deux tiers des femmes qui ont accouché par voie vaginale en 2006-2007 ont reçu une anesthésie épidurale ou spinale, soit 10% de plus que la moyenne canadienne. Les Québécoises sont d'ailleurs les moins bien informées sur les techniques de gestion de douleur sans médicaments, révèle l'enquête.

Le Québec est aussi la province où les femmes accouchent le plus souvent sur le dos: c'est le cas de 57% d'entre elles. L'écart est de 10% par rapport à la moyenne nationale.

Cette corrélation ne surprend pas Lysane Grégoire, présidente du Groupe MAMAN (Mouvement pour l'autonomie dans la maternité et l'accouchement naturel). «L'anesthésie insensibilise les membres inférieurs, ce qui rend difficile les positions accroupie ou à quatre pattes», explique-t-elle.

Les Québécoises sont également portées à se fier à la science lorsque vient le temps de choisir un professionnel pour suivre l'évolution de leur grossesse. Les deux tiers d'entre elles se confient à un gynécologue ou à un obstétricien, ce qui les place en tête de la liste nationale.

Peu de sages-femmes

À l'opposé, le recours aux sages-femmes pour les soins prénataux demeure marginal au Québec: seulement 2,6% des répondantes ont choisi les maisons de naissance en 2006-2007. En Colombie-Britannique, cette proportion était d'une femme sur dix.

«C'est illogique que les Québécoises enceintes et en santé aillent voir un médecin spécialiste pour suivre leur grossesse», croit Mme Grégoire, qui souligne le manque de sages-femmes dans la province. À Montréal, seulement une demande sur cinq est comblée, précise-t-elle.

Soins postnataux déficients?

Le Québec est la province où les mères sont les moins nombreuses à se dire «très satisfaites» des soins de santé que leur bébé reçoit après l'accouchement. Moins de 57% d'entre elles ont donné cette réponse. À l'opposé, trois Néo-Écossaises sur quatre en pensent autant.

Les mères québécoises trouvent également ardu de voir un médecin pour leur nouveau-né. Près d'une Québécoise sur cinq a répondu qu'il avait été difficile de consulter un professionnel pour des soins de santé autres que de routine. La moyenne nationale est de 13%.

Par ailleurs, une Québécoise sur cinq a bu de l'alcool durant sa grossesse, le double de la moyenne au pays.