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Partager l'amour du bon vin

Six mille verres. Polis à la main, minutieusement, un par un. Et ce n'est que... (Photo Thinkstock)

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Véronique Rivest

Collaboration spéciale

La Presse

Six mille verres. Polis à la main, minutieusement, un par un. Et ce n'est que pour une journée de dégustation. À recommencer le lendemain. Nous sommes des dizaines de sommeliers de partout au Québec, enfermés dans un centre des congrès pendant 48 heures à frotter et à astiquer les verres qui vont servir aux grandes dégustations de la journée. Sous peu, ces verres vont s'emplir des plus grands crus de France, d'Italie, d'Espagne et d'ailleurs, pour le plus grand plaisir des 300 participants à chaque dégustation.

Le bonheur. D'être avec tant d'autres qui partagent la même passion, de pouvoir discuter, échanger, apprendre les uns des autres sur notre travail, nos défis et nos bons coups, les dernières nouvelles dans le monde du vin et de la gastronomie. Puis les vignerons.

Je répète sans cesse que le vin est tellement plus qu'une boisson, qu'il est chargé d'histoire, de culture. Mais il est aussi profondément humain. Sans l'homme, le vin n'existe pas. Et l'un des plus grands plaisirs du vin est de rencontrer ceux qui le font, de goûter leur vin en buvant leurs paroles.

Tout ça, c'est Montréal Passion Vin: un des plus beaux événements de dégustation en Amérique du Nord, qui se déroule chaque année au mois de novembre. Comme une grand-messe du vin, il rassemble une brochette prestigieuse des plus grands domaines. Chaque dégustation comprend six vins d'une maison, incluant de vieux millésimes, qui sont présentés par le producteur. Un moment privilégié pour découvrir une région, un domaine et ses vins, son histoire et ses gens.

Les billets sont chers, mais c'est une occasion unique d'entrer dans un monde malheureusement de moins en moins accessible (celui des grands vins), de goûter des vins qu'on ne se permettrait pas ou qui sont impossibles à acheter. Et, avant tout, c'est une activité de financement pour une grande cause: tous les bénéfices, 15 millions de dollars jusqu'à présent, vont à la Fondation de l'hôpital Maisonneuve-Rosemont.

Mais en plus de la bonne cause, Montréal Passion Vin, pour moi, c'est avant tout des rencontres. Avec des sommeliers, des vignerons et tous ceux qui partagent l'amour du bon vin.

Des moments mémorables

Ma toute première participation à la brigade de sommeliers bénévoles remonte à 2004 (l'événement existe depuis 2002) et je n'ai manqué qu'une ou deux éditions depuis. Les moments mémorables sont nombreux: les vignerons nous font rire et nous font pleurer, les vins nous transportent et nous interpellent, les échanges entre tous, participants, producteurs, sommeliers, nous nourrissent. J'y ai vu naître des amitiés indélébiles.

Les verres continuent d'être polis à la main par une équipe de bénévoles, qui ne font que ça pendant deux jours. Il faut dire que l'attention portée à tous les détails du service est exceptionnelle, et de mise: pour de grands vins, aucune concession. L'équipe de sommeliers, pas loin d'une centaine de bénévoles chaque année, s'occupe du service, mais aussi de la préparation des vins, selon les instructions de chaque producteur : quand les ouvrir, les décanter ou les passer en carafe, à quelle température les servir, etc. Environ 1800 bouteilles sont ouvertes et servies au cours des deux journées de l'événement.

Je me rappellerai toujours l'année où le comte Alexandre de Lur Saluces, alors régisseur du Château d'Yquem, est entré dans la salle où les verres venaient d'être polis, avec trois caisses d'un autre sauternes, le Château de Fargues, dont j'oublie le millésime. «Pour aviner les verres», nous dit-il. Pour nous assurer qu'aucune odeur ne vienne gêner la dégustation du Château d'Yquem, nous devions rincer chacun des 1800 verres avec un peu de Château de Fargues!

Le travail est intense, mais c'est une pause bienvenue de notre quotidien, à un moment particulièrement effréné de l'année dans le monde du vin. Et c'est surtout une occasion rare de tous nous retrouver ensemble et d'échanger. Comme lorsqu'on polit des verres ou qu'on fait la vaisselle à la main: un moment d'arrêt, un moment privilégié pour se parler. Le bonheur de se retrouver ensemble.

Parce qu'en dépit de la popularité récente du métier de sommelier, notre réalité quotidienne n'est pas très glorieuse. Charrier des caisses de vin, placer des bouteilles à la cave, faire du ménage et de la mise en place. Chacun dans sa ville, son restaurant, avec des horaires plutôt intenses.

Montréal Passion Vin nous permet de prendre une pause de notre quotidien, mais surtout de nous retrouver, de rencontrer des vignerons et des passionnés, de goûter de grands vins et de découvrir leur histoire. Nous repartons tous épuisés, mais la tête et le coeur pleins, avec des histoires que nous pourrons faire partager à nos clients pendant la prochaine année. Et avec le sentiment d'avoir contribué, un tant soit peu, à amasser des fonds pour une cause qui nous touche tous de près.

Chartogne Taillet Sainte-Anne Champagne Brut... (Photo fournie par la SAQ) - image 2.0

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Chartogne Taillet Sainte-Anne Champagne Brut

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CINQ VINS À DÉCOUVRIRChartogne Taillet Sainte-Anne Champagne Brut

De nouveau cette année, malgré une augmentation de 3,50 $ depuis l'automne dernier, ce champagne reste un excellent achat. Plus aromatique - il est basé sur le millésime 2015, plus chaud -, il combine à merveille un fruit mûr, juteux, et une acidité presque tranchante, qui lui confère beaucoup de tonus. Le nez, riche et complexe, rappelle la poire, la pomme jaune et le coing, avec de délicates notes de mie de pain, d'épices et d'amande. Très sec, complexe et étoffé, mais surtout d'un charme irrésistible. À boire ou à garder de quatre à six ans.

53,25 $, 12 %

Pacalet-Lapierre Cousins Juliénas 2017

Tout ce qu'on aime du bon beaujolais dans cette cuvée du tandem formé par les cousins Christophe Pacalet et Mathieu Lapierre. Un nez plutôt discret, mais affriolant, de petits fruits rouges, avec une pointe florale et épicée. Très sec, avec une bouche savoureuse, pleine d'éclat, gourmande, qui donne envie de le boire à grandes gorgées. Mais il fait aussi preuve de tenue et de profondeur, avec juste ce qu'il faut de tannins, et s'avère beaucoup plus complet que son charme immédiat ne le laisse croire. Un vrai délice, il se gardera sûrement de quatre à six ans, mais difficile d'y résister!

31,50 $, 13,5 %

Altano Douro 2016... (Photo fournie par la SAQ) - image 3.0

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Altano Douro 2016

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Altano Douro 2016

Assemblage typique du Douro avec touriga franca, tinta roriz, tinta barroca, touriga nacional et tinto cão, les cinq cépages les plus cultivés de la région portugaise. D'une couleur violet intense, avec des arômes de fruits noirs mûrs, d'anis et de garrigue, et une pointe florale. Sec, avec des tannins modérés, fins et serrés, et une fraîcheur qui semble minérale, souvent présente dans les vins du Douro. Très bien fait et tout à fait fidèle à ses origines. Encore meilleur après un passage en carafe d'une heure, il se gardera aussi très bien jusqu'à cinq ou six ans.

17,95 $, 13,5 %, bio

Albert Bichot Gamay Bourgogne 2015

Petit gamay sans prétention, mais qui a le mérite de ne pas essayer d'être autre chose. Très pâle et plutôt réservé au nez, il offre des saveurs simples, mais franches de cerise et de gadelle, avec juste une pointe de terre fraîche. Très sec, léger, frais et peu tannique, il est simple, mais franc et honnête. À servir rafraîchi. Tout indiqué pour l'apéro, avec un saucisson sec ou d'autres charcuteries, ou pour ceux qui préfèrent un rouge léger avec le poisson (privilégiez des poissons maigres et évitez les sauces riches).

16,55 $, 12,5 %

Le Loup Blanc Le Régal Vin de France... (Photo fournie par la SAQ) - image 4.0

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Le Loup Blanc Le Régal Vin de France 2017

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Le Loup Blanc Le Régal Vin de France 2017

On ne connaît pas assez bien les blancs du Midi. Cette partie du vignoble français recèle pourtant tout un trésor de cépages qui nous changent des éternels chardonnay et sauvignon blanc. En voici un bel exemple, élaboré avec du terret surtout, avec un peu de grenache gris et de carignan blanc. Le nez est très discret, avec des notes de poire, d'épices et d'amande, mais c'est en bouche qu'il s'exprime avec un très joli gras, de la rondeur et de légers amers qui lui confèrent tonus et fraîcheur. Un passage en carafe lui fera le plus grand bien - jusqu'à une heure ou deux avant de le servir -, et il accompagnera les poissons avec un beurre blanc, des pétoncles en sauce légèrement crémée ou encore une volaille rôtie.

26,85 $, 13,5 %, bio




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