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Ode au vin blanc

Chaque fois qu'on me demande quel est mon vin préféré, je réponds la même... (Photo Thinkstock)

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Véronique Rivest

Collaboration spéciale

La Presse

Chaque fois qu'on me demande quel est mon vin préféré, je réponds la même chose: «C'est comme me demander lequel de mes enfants je préfère.» Impossible d'y répondre! Parce que l'énorme variété de vins produits dans le monde fait partie du plaisir. On pourrait boire un vin différent chaque jour de notre vie sans jamais reboire le même. Je m'ennuierais à mourir si je ne pouvais en boire qu'un seul, aussi bon soit-il.

D'autant plus que je n'ai pas envie de la même chose tous les jours. C'est pourquoi, à la réponse «C'est comme me demander lequel de mes enfants je préfère», j'ajoute aussi généralement: «Ça dépend des jours!»

Mais si je m'arrête pour faire le décompte, je bois plus de blanc que de rouge. Et je ne suis pas la seule! Alors que les consommateurs continuent de privilégier le rouge (environ 70 % des achats au Québec, ainsi qu'en général en Amérique du Nord), de nombreux professionnels du vin, dont les sommeliers et les vignerons, préfèrent le blanc. Pourquoi? Ce n'est pas très clair, et les raisons varient selon les individus. Mais ce qui est certain, c'est que le vin blanc n'est pas un vin de second ordre.

J'ai entendu dire à plusieurs reprises que la qualité première d'un vin était d'être rouge. Le rouge serait un vin plus sérieux. Et pourtant, la majorité de ceux qui préfèrent les vins blancs disent les trouver plus complexes.

J'ai lu toutes sortes d'histoires à ce sujet. Selon qu'on est buveur de blanc ou de rouge, on aurait des traits de personnalité, voire un statut social différent. Comme la croyance populaire qui veut que les femmes préfèrent le blanc et les hommes le rouge. Que de bêtises! Je commence à sérieusement manquer de patience avec ceux qui affirment encore que le rosé, c'est un vin de femme...

J'en ai traité à quelques reprises dans ces pages, mais le sujet du goût est vaste et complexe, et ne peut se réduire à une question de sexe.

Par contre, j'ai l'impression que parfois, on ne boit peut-être pas de blanc parce que «ça ne fait pas sérieux»... Mais les vins blancs peuvent être tout aussi «sérieux», complexes et profonds que les rouges. Ils ont l'avantage d'être souvent plus faciles à boire, plus frais, plus légers. Et il ne faut pas confondre légèreté et simplicité. Certains des plus grands vins du monde, toutes couleurs confondues, sont les rieslings allemands. Les meilleurs sont d'une complexité et d'une profondeur remarquables, alors qu'ils titrent souvent moins de 12 % d'alcool. Ils sont aussi, si l'on exclut les vins liquoreux, parmi les plus grands vins de garde qui soient.

Les vins blancs sont aussi plus polyvalents à table. De façon générale, leur acidité plutôt élevée, leur taux d'alcool modéré et leur absence de tannins les rendent plus faciles à marier à une grande variété de plats.

Et ignorer les vins blancs, c'est ignorer près de la moitié des vins produits dans le monde! Bien sûr, la couleur n'est pas un gage de qualité. Pas plus que sa concentration: ce n'est pas parce qu'un vin est plus foncé qu'il sera plus corsé ou meilleur. Il y a du bon et du mauvais partout: dans chaque région viticole, comme dans chaque couleur ou style de vin. Profitez de l'été pour faire de nouvelles découvertes, pour vous initier aux charmes des vins blancs: que ce soit un grand classique, tel un chablis ou un bourgogne blanc, ou un vin moins connu comme un savagnin du Jura, un grüner veltliner d'Autriche, un assyrtiko de Santorin ou une ribolla gialla du Frioul.

Pour en finir avec les couleurs, sachez qu'un vin orange n'est ni fait avec des oranges ni un vin de piètre qualité (deux affirmations entendues récemment), mais un vin blanc vinifié comme un rouge. Lorsqu'on produit du vin rouge, on écrase les raisins puis on laisse macérer le jus avec les peaux, pour extraire la couleur, les arômes, les tannins qu'elles contiennent. Pour les vins blancs, on sépare les peaux du jus pour ne pas extraire de couleur et de tannins. Pour un vin orange, on démarre avec des raisins blancs (qui, on s'entend, à maturité ne sont pas blancs mais plutôt jaunes, dorés ou rosés), et après les avoir foulés (écrasés), on laisse les peaux macérer avec le jus. Ainsi le vin prend de la couleur, qui va de l'or pâle à l'orange, à l'ambré foncé, et prend aussi du tannin.

Selbach Riesling Mosel 2016... (Photo fournie par la SAQ) - image 2.0

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Selbach Riesling Mosel 2016

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Selbach Riesling Mosel 2016

Je ne le dirai jamais assez: aucun vin n'arrive à combiner acidité et sucre comme le riesling allemand. Un équilibre tendu, qui me rappelle toujours le fil d'un funambule. Pas le plus complexe des vins, mais une excellente introduction au charme indéniable des rieslings demi-secs de la Moselle. Un nez franc, estival et appétissant de pomme verte, de lime, de fleurs blanches, avec des notes minérales indéniables, comme des cailloux mouillés. Puis la bouche, tellement savoureuse avec son fruit juteux, et cette acidité, tranchante, qui s'unit merveilleusement bien au léger sucre résiduel, jusqu'à le faire disparaître. Parfait apéritif pour une chaude journée d'été, il sera aussi délicieux avec des sushis, des raviolis chinois, des rouleaux de printemps aux crevettes ou des plats épicés d'inspiration thaïe.

18,20 $, 11 %

Staffelter Hof Magnus Riesling Trocken Mosel 2015

Si pour vous un vin demi-sec est tout simplement hors de question, sachez que l'Allemagne produit aussi d'excellents rieslings secs. Celui-ci, d'un des plus vieux domaines de la Moselle, offre un nez classique avec des notes intenses de lime, avec aussi de la pêche, des fleurs blanches, une pointe de romarin. Très sec et vif en bouche, très agrumes, avec un caractère aérien. Léger et simple, mais franc et savoureux. Tout aussi indiqué pour l'apéro, mais encore meilleur à table avec des poissons ou fruits de mer aux agrumes, ou avec un tartare de poisson aux agrumes et aux herbes.

21,45 $, 11,5 %, bio

L'Orpailleur Blanc 2017... (Photo fournie par la SAQ) - image 3.0

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L'Orpailleur Blanc 2017

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L'Orpailleur Blanc 2017

Parmi les tout premiers vignobles artisanaux à s'établir au Québec, le Vignoble de L'Orpailleur jouit aujourd'hui d'une longue expérience, et d'un vignoble bien établi. Ceux qui les suivent depuis longtemps auront vu la qualité s'accroître chaque année. Ceux qui n'ont pas goûté à leurs vins depuis longtemps devraient s'y mettre! Assemblage à parts égales de seyval et de vidal, ce vin blanc offre un joli nez d'agrumes, de fleurs blanches, de pomme verte. Léger, sec (6,9 g de sucres résiduels ne se sentent pas en bouche, et ne font qu'enrober l'acidité), tout en fraîcheur et gouleyant. Très bel apéritif, surtout par une chaude journée d'été, il passera à table sur des plats légers et frais: un tartare de pétoncles, un poisson blanc aux herbes, une salade d'agrumes.

15,45 $, 11,5 %

Lykos Pop Art Evia 2016

Issu de vignes cultivées sur Evia, cette grande île qui longe l'Attique en Grèce, ce vin est élaboré avec les cépages indigènes athiri et malagousia. Frais, léger et délicatement floral, avec des saveurs d'agrumes. Très sec, fringant, il est aussi tout indiqué pour l'apéro, et sera délicieux avec des courgettes panées avec tzatziki, ou en salade avec herbes fraîches et feta, une salade d'agrumes à l'huile d'olive ou un poisson simplement grillé.

15,10 $, 12 %

Condado de Haza Ribera del Duero 2014... (Photo fournie par la SAQ) - image 4.0

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Condado de Haza Ribera del Duero 2014

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Condado de Haza Ribera del Duero 2014

Un rouge tout de même, pas à petit prix, mais d'un excellent rapport qualité-prix, comme le sont généralement tous les vins de cette maison, et un très bon candidat pour la cave. Issu à 100 % de tempranillo, ou tinto del país comme on l'appelle dans la Ribera del Duero, et élevé en barriques de chêne américain pendant 18 mois, c'est un vin de facture très traditionnelle. Des saveurs de fruits mûrs, de fraise compotée et de prune, de fruits secs et une pointe de kirsch s'entremêlent à des notes de tabac, de cuir et de garrigue. Corsé, mais aussi soyeux, avec une acidité fraîche et des tannins appuyés, mûrs, mais encore bien fermes. D'un équilibre irréprochable, il vieillira gracieusement de 8 à 15 ans, mais peut aussi être apprécié dès maintenant, en le passant en carafe une heure ou deux, avec une côte de boeuf ou un gigot d'agneau.

27,10 $, 14 %




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