Source ID:; App Source:

Dégustés pour vous à Montréal Passion Vin 2008

Richard Geoffroy, oenologue pour la maison Dom Pérignon... (Photo fournie par Montréal Passion vin)

Agrandir

Richard Geoffroy, oenologue pour la maison Dom Pérignon était de passage à Montréal récemment. 

Photo fournie par Montréal Passion vin

Jacques Benoît
La Presse

L'événement phare du milieu du vin, la grande dégustation annuelle de Montréal Passion Vin, qui s'étale sur deux jours, s'est tenue cette année les vendredi et samedi 14 et 15 novembre.

Quelque 300 amateurs participèrent à cette septième édition, au cours de laquelle furent débouchées très exactement 1916 bouteilles de vin!

 

Mais... commençons par le commencement, c'est-à-dire par le premier vin goûté à cette occasion, à savoir le Dom Pérignon 2000. Lequel, malgré son prix très élevé, est commercialisé par la SAQ à titre de produit courant depuis de nombreuses années.

«Dom Pérignon est plus un style de bouche, il a un caractère non oxydatif», expliquait ce jour-là Richard Geoffroy, oenologue et chef de cave responsable de ce célèbre champagne chez Moët&Chandon.

D'abord... médecin - métier qu'il abandonna en 1984 pour entrer dans le monde du vin -, il voulait dire par là qu'on n'y trouve pas, normalement, au nez comme en bouche, de ces notes rancio rappelant les odeurs de noix un peu rances, comme dans les xérès de type fino, fréquentes dans beaucoup de champagnes. Et qu'on obtient, explique-t-il, «par une oxydation ménagée du vin, à partir du moment où le vin commence à fermenter jusqu'au dégorgement».

Bref, on favorise pour cela une légère oxydation, le caractère rancio n'étant pas dû, comme on le pense souvent, au contact prolongé du vin avec ses lies, dit-il en substance.

Champagne d'une parfaite élégance, tout en finesse, avec ce «côté aérien qu'il ne faut pas confondre avec légèreté» (selon le mot de Richard Geoffroy), aux nuances subtiles, mais bien peu appuyées (biscuit, citron, etc.), tendre, avec même quelque chose de caressant, le Dom Pérignon 2000 est aussi un vin qu'on peut boire... en passant aisément à côté, et donc sans en percevoir toute la beauté. Le prix, cependant, est terrifiant (211 caisses)!

C, 280461, 229$, ****, ou 18 sur 20, $$$$$, 5-6 ans?

Suivirent cinq autres millésimes de Dom Pérignon, puis une quarantaine d'autres vins, d'Espagne, de France et d'Italie.

Comme à l'habitude, les viticulteurs eux-mêmes, ou leur vinificateur, étaient sur place pour présenter leurs vins.

Les moments forts de l'événement, le plus prestigieux, à l'évidence, de tout ce qui se fait ici en matière de dégustation?

Premier grand cru du Bordelais, le Pauillac Château Mouton Rothschild, dont furent dégustés six millésimes (2005, 2003, 2000, 1998, 1995 et 1989), brilla à mon avis d'un éclat... pour ainsi dire insurmontable!

Faudrait-il en retenir un seul, j'opterais pour le 2005, autre confirmation de la grandeur de ce millésime. Très coloré, d'un charme irrésistible au nez grâce à sa distinction et à l'éclat de son fruit, il séduit tout autant en bouche par son harmonie et son velouté de texture, mais sans doute se raffermira-t-il avec les années. Très grand bordeaux, donc.

Célèbre domaine d'Alsace, Zind-Humbrecht, dont beaucoup de vins blancs renferment du sucre résiduel, m'a toujours semblé jouir d'une réputation surfaite. Je dois me raviser...

Certains contiennent en effet une bonne quantité de sucre résiduel, tel le Riesling 2000 Clos St-Urbain (19 grammes, contre jamais plus de 4 grammes pour un vin considéré officiellement comme sec), mais cela ne les empêche pas d'être de très grande qualité, étant entendu qu'ils doivent être bus avec les plats appropriés. Le summum ce jour-là: le Pinot Gris 1989 Vendange Tardive Clos Jebsal, au bouquet étonnamment aromatique, faisant presque Gewurztraminer, d'une complexité ahurissante au plan gustatif, à l'après-goût interminable, et, en même temps, équilibré malgré ses quelque 80 grammes de sucre résiduel. À boire comme un Sauternes.

Albiera Antinori, de la maison du même nom, d'Italie, fit goûter les trois mêmes millésimes (2001, 1998 et 1995) du Tignanello et du Solaia. Le Solaia 2001, d'un grand millésime pour la Toscane, concentré, encore très jeune, plutôt austère, dans lequel entre surtout du Cabernet Sauvignon (75% environ), et qui est un grand vin, se détacha du lot.

Pour beaucoup, le clou de l'événement fut entre autres, manifestement, la dégustation de cinq vins de Vega Sicilia, un domaine mythique de l'appellation espagnole Ribera del Duero.

Deux vins sont produits sur cette très vaste propriété de 1000 hectares, dont 250 plantés de vignes, à 80% de Tempranillo et pour le reste de cépages bordelais.

D'abord, le Valbuena, provenant d'une section particulière et qui n'est donc pas le deuxième vin, puis, surtout, l'Unico.

Personnellement, je préférai les jeunes vins, à savoir le Valbuena 2004 et l'Unico 1998, aux notes fumées (le bois), alors que les plus vieux Unicos (1981, 1969 et, surtout, 1953) associaient des arômes de fruits rouges et de pruneaux cuits.

Le Domaine de Chevalier de Pessac-Léognan et Pio Cesare, du Piémont, firent pour leur part goûter chacun quatre vins aux repas du midi, le vendredi et le samedi.

LA RECOMMANDATION DE LA SEMAINE

Nouveau produit courant, le California 2006 Cabernet Sauvignon Château St Jean, bien coloré et au bouquet dense, volumineux, surtout de fruits rouges et au boisé discret, peu complexe, mais corsé, charnu, aux tannins à la fois substantiels et aimables, est un de ces vins, vendu à prix correct, qui accompagnera avec bonheur la dinde de Noël (455 caisses).

C, 10967397, 19,75 $, *** 1/2, ou 17 sur 20, $$, 2008-2014.

 




Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer