Une récolte moins importante que prévu en France ne devrait pas se traduire par une hausse du prix du vin au Québec, affirment plusieurs observateurs. Les cuvées provenant de la Bourgogne pourraient toutefois être moins nombreuses.

Publié le 14 nov. 2013
Karyne Duplessis Piché LA PRESSE

Depuis son premier rapport rendu public en juillet, le ministère français de l'Agriculture a réévalué à la baisse de 46,6 à 42,3 millions d'hectolitres ses prévisions pour la récolte 2013. Si ce volume est légèrement plus élevé que celui de l'an dernier, une des plus petites vendanges, il est inférieur de 7% à la moyenne des cinq dernières années.

L'Alsace et Bordeaux sont les deux régions les plus touchées. D'un côté, la pluie a poussé les Alsaciens à trier massivement leurs raisins, donc à jeter une partie des fruits. De l'autre, les vignobles bordelais ont été atteints par la pourriture. Ils ont dû ainsi renoncer à une partie de leur récolte.

La production des vins d'Alsace est en baisse de 16% et ceux de Bordeaux de 23%.

Des vins en réserve

Le responsable de l'exportation au Conseil interprofessionnel des vins d'Alsace, Thierry Fritsch se veut rassurant. La plupart des maisons alsaciennes qui commercialisent au Québec ont suffisamment de réserves, selon lui, pour maintenir les approvisionnements et les prix.

«Pour certaines entreprises qui travaillent avec des petits rendements, il risque d'y avoir un manque, c'est possible, et une augmentation de prix comme en 2010, dit-il. Pour les grosses entreprises, il n'y a pas de problème. Elles ont en moyenne une année de réserve dans leur cave.»

Même son de cloche à Bordeaux, où la plupart des vignerons ont vendangé une quantité de fruits équivalente à une demie récolte. La concurrence mondiale devrait maintenir les prix actuels, explique le Président de l'Union des Grands crus, Olivier Bernard.

Moins de vins de Bourgogne

Selon la porte-parole de la Société des alcools du Québec (SAQ), Linda Bouchard dans un article paru sur vinquebec.com, la dernière sécheresse en Espagne a causé une baisse de production et une hausse des prix des vins espagnols. Il est cependant trop tôt pour tirer les mêmes conclusions avec les vins français, dit-elle à La Presse. Mme Bouchard ajoute toutefois qu'un problème d'approvisionnement pourrait se produire en Bourgogne puisque la récolte 2013 y est inférieure de 20%.

Si plusieurs régions viticoles françaises encaissent un recul, les vendanges dans la Loire, en Champagne et dans le Languedoc-Roussillon sont à la hausse.