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Un air de Champagne à l'île d'Orléans

La Seigneurie de Liret à l'île d'Orléans... (Photo Martin Chamberland, La Presse)

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La Seigneurie de Liret à l'île d'Orléans

Photo Martin Chamberland, La Presse

Karyne Duplessis Piché

Spécialiste en vin, collaboratrice invitée

La Presse

Des bulles très fines issues d'un assemblage de pinot noir, de pinot meunier et de chardonnay. Un vin crémeux aux parfums de brioche, de poire mûre et d'épices. Ce mousseux ne vient pas de Champagne, mais de l'île d'Orléans, où la famille Demers a tout mis en oeuvre, ingéniosité, patience et argent, pour produire l'un des meilleurs vins effervescents du Québec. Bio en plus !

Gaétan Demers, Louise Bédard et leur chien Milady!... (PHOTO Martin Chamberland, LA PRESSE) - image 1.0

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Gaétan Demers, Louise Bédard et leur chien Milady!

PHOTO Martin Chamberland, LA PRESSE

Dans la nef de l'église Notre-Dame-de-Jacques-Cartier, dans le quartier Saint-Roch, à Québec, sommeliers, restaurateurs et spécialistes se sont réunis fin avril dans le cadre d'un salon de vins d'importation privée.

Derrière une table, Sébastien Demers y a présenté pour la première fois les vins biologiques de son domaine familial, la Seigneurie de Liret à l'île d'Orléans. L'effervescence était à son comble, aussi bien dans la bouteille que chez les dégustateurs.

« On a planté nos vignes en 2011, mais on a pris notre temps avant de commercialiser nos vins. »

« On voulait que les gens voient ce que la Seigneurie de Liret est capable de livrer, tant pour les vins effervescents que pour les vins tranquilles, explique-t-il. »

La stratégie des Demers a porté ses fruits. Depuis cette première dégustation, le téléphone ne dérougit pas, le carnet de commandes est plein et les curieux prennent rendez-vous au vignoble. Ils veulent découvrir les façons de faire du domaine.

Couvrir ses vignes

Sur le versant nord de l'île d'Orléans, dans la municipalité de Sainte-Famille, les vignes de la Seigneurie de Liret regardent le mont Sainte-Anne qui se dresse de l'autre côté du fleuve. Entre les rangs, Louise Bédard, la mère de Sébastien, veille au soin des plantes, de la taille au palissage.

« Le pinot meunier, c'est mon chouchou. Regarde comme il est beau », dit-elle en faisant le tour du champ.

Comment réussissent-ils à cultiver du pinot meunier sur l'île d'Orléans ? La question revient souvent sur les réseaux sociaux. La réponse provient de couvertures isolantes créées par les Demers. Car la famille ne produit pas uniquement du vin : elle exploite depuis 1989 une entreprise spécialisée en isolation thermique.

« Quand on a planté les vignes, c'était clair que nous allions les couvrir, relate Sébastien Demers. Contrairement au géotextile conventionnel, nos couvertures ont un facteur R. Elles ne font pas que protéger, elles isolent du froid. »

Les épaisses couvertures de couleur noire se sont révélées adéquates pour les cépages européens. Aucun plant n'est mort gelé depuis la plantation en 2011.

« On avait même pensé à installer un chauffage au glycol dans le champ pour apporter de la chaleur aux vignes, ajoute-t-il. Mais ça n'a pas été nécessaire. »

En plus des variétés Vitis vinifera, la famille a planté des hybrides afin de s'assurer d'avoir des raisins si les cépages européens ne tenaient pas le coup. Mais les 10 000 plants, toutes variétés confondues, ont donné des fruits.

Le terroir de l'île

Avant d'arriver à la Seigneurie de Liret, on croise en voiture des vignobles, des producteurs de fraises, de framboises et de camerises. Selon Sébastien Demers, la clé du succès du domaine se trouve d'abord dans le sol.

Cette terre sablonneuse, anciennement utilisée pour la culture d'asperges, a séduit la famille, qui avait d'abord visité des terres à Portneuf puis à Montmagny avant de s'installer sur l'île.

En plus des analyses de sol, le climat plus tempéré l'a convaincue.

« Il y a un microclimat sur l'île, ajoute Sébastien Demers. Les petits fruits poussent plus facilement, et d'ailleurs, il y avait de la vigne sauvage. C'est pour ça qu'on l'a nommée l'île de Bacchus au départ. Il y avait de bonnes prédispositions pour planter de la vigne ici. »

Louise Bédard ne regrette pas son choix. Pendant que son mari, sa fille et son fils gèrent l'entreprise d'isolation à Lévis, elle s'occupe des vignes et vient tourner matin et soir les bouteilles de mousseux élaborées selon la méthode traditionnelle.

En regardant le grand lopin de terre qui se jette dans le fleuve, la femme de 67 ans estime être la plus chanceuse du groupe.

Le domaine est ouvert uniquement sur rendez-vous. Exceptionnellement, Louise Bédard sera au vignoble aujourd'hui pour accueillir les visiteurs.

2378, chemin Royal, Sainte-Famille, Île d'Orléans, Québec (Qc), G0A 3P0

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Photo Martin Chamberland, La Presse

À déguster

Nuage effervescent

Ce mousseux québécois est le premier à utiliser les trois mêmes cépages qu'en Champagne.

Son élevage sur lies est aussi l'un des plus long réalisé au Québec, soit 30 mois. Cette durée ajoute beaucoup de finesse et de profondeur au vin.

Amateurs de bulles, ne manquez pas ça !

37 $, 11,5 %

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Fraîcheur du Fleuve 2014

Les spécialistes du vin raffolent des rouges peu corsés et remplis d'arômes de fruits. Cette cuvée vise en plein dans le mille.

Ses arômes de groseille, de framboise et d'herbes séchées de Provence font place à une bouche hyper croquante, aux tannins souples et au goût épicé du poivre. Dans la bouteille, la marquette et le baco noir ont été vinifiés comme certains beaujolais, en macération carbonique.

Le vin n'a pas été filtré. Il peut être qualifié de «vin nature».

20 $, 11,5 %

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Mousse des vents

Ce mousseux rosé à base d'hybrides, de vidal, de frontenac blanc et de baco noir, plaît avec ses arômes de fraise, des épices et une touche d'amertume qui lui apporte beaucoup de tenue en bouche.

Il est également élaboré comme un champagne avec un long élevage sur lies.

29 $, 11,5 %




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