Le soleil d'automne a permis des vendanges idéales dans le Bordelais et promet un millésime 2012 de qualité avec une baisse de rendement limitée par rapport aux autres régions en dépit d'un printemps désastreux, ont indiqué lundi les professionnels du secteur.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Ce millésime était très mal parti et mi-juillet je me suis même demandé si on allait pouvoir faire du vin», témoigne Stéphane Derenoncourt, consultant viticole pour plusieurs propriétés de la région de Bordeaux (sud-ouest de la France).

«À un moment je voyais venir la catastrophe mais les belles journées chaudes et ensoleillées de septembre ont permis de rattraper le coup», souffle de son côté Michel Mesnard, maître de chai du château Chantegrives, dans l'appellation Graves.

De l'avis de vignerons bordelais, le millésime 2012 a réclamé une vigilance et une présence de tous les instants dans les vignes, la météo peu clémente ayant favorisé les maladies (mildiou et oïdium) et des disparités de maturité sur les grappes.

«2012 restera une année atypique, compliquée, avec beaucoup de disparités d'une appellation à l'autre en raison de niveaux de précipitation différents», confirme Yann Le Goaster, directeur de la Fédération des grands vins de Bordeaux. Mais selon lui, «les vignerons semblent plutôt satisfaits du résultat final au regard des conditions de printemps».

«Quand on goûte les jus ils sont d'une netteté surprenante», estime M. Mesnard au château Chantegrives. «La maturité disparate des grains sur les grappes amène de la complexité avec des goûts fruités, épicés et fleuris. Dans les cuves, il y a déjà de très beaux équilibres», confirme M. Derenoncourt, estimant même que Bordeaux a «frôlé le très grand millésime».

En sus de la qualité, la quantité sera présente à Bordeaux, comparé aux relevés de rendement ailleurs en France, notamment en Bourgogne et dans le Beaujolais avec des baisses respectives de 20% et 50%. «Bordeaux est peut-être mieux lotie que d'autres», a souligné M. Le Goaster, notant «une baisse de rendement de 5 à 10% qui devrait établir la récolte entre 5 et 5,2 millions d'hectolitres, contre 5,5 en 2011».