Jacques Ribourel vous propose de devenir vigneron pour 500 euros. L'homme d'affaires a mis en vente 10 des 16 hectares du Domaine de la Ramade, situé dans le sud de la France. Cultiver la vigne, participer aux vendanges et avoir son nom sur des bouteilles, c'est ce qu'il offre à ses partenaires d'affaires.

Karyne Duplessis-Piché, collaboration spéciale LA PRESSE

Jacques Ribourel a trouvé le moyen de s'occuper de ses vignes sans devoir vendre ses bouteilles. Il a créé la société Vind'initiés et mis en vente 2000 actions de son vignoble. À près de 650$ la part, les actionnaires pourront se procurer 24 bouteilles par année au coût de 6 euros l'unité.

«Ils seront vignerons pour une somme de 500 euros, dit-il, ils seront propriétaires d'une part. Et puis, ils verseront tous les ans 144 euros pour avoir 24 bouteilles à leur nom d'un vin qui en vaut 18 euros.»

Au cours de l'année, le vigneron va s'occuper de la vigne, organiser les vendanges, effectuer la vinification et élever le vin en barrique au nom de ses actionnaires. De leur côté, ses partenaires d'affaires pourront suivre les opérations viticoles et y participer.

Jacques Ribourel ne s'en cache pas, cette démarche lui permet de s'occuper de son vignoble sans se préoccuper de commercialiser ses cuvées.

«Je veux pousser de plus en plus la qualité de mes cuvées, raconte le vigneron. Mais pour ça, ce n'est pas possible de m'occuper de 60 000 bouteilles. Donc si j'en vends 50 000 à travers les Vind'initiés, après je n'ai que 10 000 bouteilles à écouler.»

Une trentaine d'actions ont trouvé preneur quelques jours après leur mise en vente. Jacques Ribourel compte désormais publiciser son projet auprès des Anglais et des Allemands. Selon lui, ces derniers seront intéressés à être propriétaire d'un vignoble en France pour quelques centaines d'euros.

Le concept n'est pas nouveau en France. Le vignoble de la Tour boisée à Minervois a aussi précédé de cette façon en 2001. Deux Québécois ont par ailleurs participé à ce projet. Ils se sont procurés chacun un hectare du vignoble.

Daniel Demers, établi à Montréal, est l'un d'eux. Il explique que son investissement lui vaut 180 bouteilles par année.

«On n'a pas à payer pour ces bouteilles, mais puisqu'on est au Québec, la SAQ nous facture les taxes», dit-il.

Ce passionné de vin a aussi participé aux vendanges de ces cuvées l'été dernier.