Alexandre Bilodeau était dans les gradins quand Joannie Rochette a gagné sa médaille de bronze aux Jeux olympiques de Vancouver, quelques jours après la mort tragique de sa mère. « On a tous pleuré », se souvient le skieur acrobatique. « Comment elle a réagi à tout ça, c’est exceptionnel. »

Simon Drouin Simon Drouin
La Presse

Dix ans plus tard, l’ancienne patineuse artistique est capable de distinguer le drame personnel qu’elle a vécu en public et l’exploit athlétique qu’elle a accompli sur la glace.

« On a quand même célébré à Vancouver, avec ma famille, les amis qui étaient là, mon entraîneuse Manon [Perron], a souligné Rochette mercredi. Après la médaille, on a soupé ensemble, on a ri, on a pris un peu de champagne. Oui, j’ai beaucoup pleuré. On dirait même que j’ai pleuré pendant tous les Jeux ! En même temps, c’était important d’avoir des moments pour célébrer. Julie, une amie de ma mère, m’avait dit : non, on fête, c’est ce que ta mère aurait voulu. On a essayé de dédramatiser. »

Elle conserve donc « de très bons souvenirs » de cette deuxième expérience olympique.

« Pour moi, Vancouver, ce n’était pas juste les deux semaines quand j’étais là, mais aussi les quatre ans de préparation. Et les 10 ans après aussi. Le fait d’avoir les Jeux au Canada, ça a changé un peu le visage du sport. On a eu de super bons résultats. Ça a comme augmenté l’intérêt pour le sport au pays. Je l’ai vraiment senti quand je faisais des séminaires ou quand le club me disait que leurs inscriptions avaient augmenté. »

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Joannie Rochette a remporté la médaille de bronze aux Jeux olympiques de Vancouver en 2010, quelques jours après la mort tragique de sa mère.

Dans les années qui ont suivi, la native de l’île Dupas s’est investie dans la prévention des maladies du coeur, avec des organisations comme l’Institut de cardiologie et Coeur + AVC.

« Ça a aidé un peu à donner un sens à la mort de ma mère. Beaucoup de gens me disent tu en parles beaucoup, ça doit être difficile. Oui, mais en même temps, ça a mis un petit baume sur mon cœur. Je peux raconter son histoire et peut-être aider d’autres femmes qui seraient dans une situation similaire à changer leurs habitudes de vie. »

Sur le plan personnel, Rochette est en voie de terminer sa scolarité en médecine à l’Université McGill. L’étudiante de 34 ans espère une réponse positive à sa demande de résidence en anesthésie, un domaine dans lequel elle a découvert plusieurs parallèles avec le sport.

« C’est super technique, intense, il y a quand même un grand niveau de stress. J’étais toujours en tête à tête avec le patron, qui est comme un coach dans le fond. Et il y a tout l’aspect physiologique. C’est l’art de garder quelqu’un en vie durant une chirurgie. Ce n’est pas une petite responsabilité, mais ce sont de belles connaissances à avoir. »

Sinon, elle fait du yoga, s’entraîne un peu dans le gym, patine à l’occasion parmi les touristes sur la glace réfrigérée du Vieux-Montréal. Vélo l’été, ski alpin l’hiver, parfois avec Bilodeau et d’autres amis athlètes. Son nouveau dada ? Le parachutisme, que lui a fait découvrir Annie Pelletier et pour lequel elle a maintenant son brevet. Elle ne s’ennuie pas.