Parmi les athlètes canadiens qui brillent sur la scène internationale, Sandrine Hamel est sûrement l’une des plus méconnues. En deux ans à peine, la spécialiste du parasnowboard est devenue une habituée des podiums sur le circuit de la Coupe du monde.

Michel Marois Michel Marois
La Presse

Elle a d’ailleurs raflé une médaille d’argent et une médaille de bronze lors des épreuves de parasnowboard cross de Pyha, la semaine dernière en Finlande.

Née avec une double scoliose majeure, Sandrine a aussi subi une paralysie de la jambe droite après une opération de correction. Ça ne l’a jamais empêchée de faire du sport et, en compétition, elle rivalise avec d’autres athlètes qui ont des handicaps au niveau des membres inférieurs.

Sélectionnée pour les Jeux de PyeongChang en 2018 alors qu’elle était encore une néophyte en Coupe du monde, Sandrine s’est vraiment démarquée la saison dernière. « Mon objectif était de faire au moins un top 3 et je suis montée sur le podium à plusieurs reprises ! Je n’aurais sûrement pas pu rêver mieux, d’autant plus que j’ai obtenu des médailles aux Championnats du monde, notre grand évènement de la saison. »

Cette saison, elle a récolté quatre médailles (trois d’argent) en autant d’épreuves et espère pouvoir bientôt surprendre la Néerlandaise Lisa Bunschoten, qui est invaincue cette saison. « Elle est vraiment très rapide. Je lui donne toujours une belle opposition dans la section de départ, mais elle génère ensuite beaucoup de vitesse dans les virages et c’est là que tout se joue. »

Je prends de l’expérience à chaque course et je m’améliore énormément. Je me rapproche de plus en plus d’elle et je pense que nous aurons droit à de belles courses dans le futur.

Sandrine Hamel

Bien qu’elle ait pratiqué le surf des neiges dans son enfance, c’est d’abord la boxe qui l’a attirée. « Ça me permet de garder la forme, tout en changeant la routine, explique-t-elle. Je ne monte plus dans l’arène, mais je continue de m’entraîner en gymnase, de cogner sur des sacs. »

Sandrine peut aussi s’entraîner au Centre national de cyclisme, à Bromont, où on a aménagé une porte de départ et un tapis synthétique d’une cinquantaine de mètres sur lequel elle peut simuler les débuts de course, l’un de ses points forts, on l’a vu.

Un sport en développement

Le parasnowboard est une discipline récente et le nombre de compétitrices au niveau international est relativement restreint. Toutes celles qui dévalent les pentes le font toutefois à force de courage et avec une rare détermination. Une journée de compétition est terriblement exigeante pour elles et Sandrine reconnaît que la fatigue est souvent un facteur déterminant dans ses performances.

C’est encore un sport qui est au stade embryonnaire. À PyeongChang, c’était seulement la deuxième fois qu’il était présenté aux Jeux paralympiques. Tranquillement pas vite, le calibre s’améliore et le sport va gagner en popularité au cours des prochaines années, d’autant plus que le snowboardcross à plusieurs est un sport divertissant.

Sandrine Hamel

PHOTO THOMAS LOVELOCK, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Sandrine Hamel aux Jeux paralympiques de PyeongChang, en 2018

« C’est aussi le fun de voir qu’il y a de plus en plus de femmes qui se joignent au programme. C’est un processus qui sera encore long, mais dans dix ans, on espère que le sport va être très populaire. »

Et la Québécoise entend bien continuer sa carrière pendant plusieurs années : « Je touche du bois, mais jusqu’ici, je n’ai jamais subi de blessures sérieuses. Je n’ai que 22 ans et je me sens encore super bien. Je suis l’une des plus jeunes, sinon la plus jeune de ma catégorie et j’ai encore beaucoup de temps devant moi pour progresser et obtenir de meilleurs résultats encore.

« Bien sûr, on ne sait jamais ce qui peut arriver, mais j’espère pouvoir faire de la compétition encore longtemps. J’aime ça, je suis motivée. C’est sûr que si un jour j’ai envie de faire autre chose, je ne m’empêcherai pas de le faire, mais pour l’instant, j’ai du plaisir. »

Et Sandrine a déjà des projets pour son après-carrière : « Je viens d’entrer à l’Université du Québec à Trois-Rivières, en kinésiologie. J’aimerais devenir thérapeute du sport, continuer de travailler dans ce domaine.

« C’est une nouvelle adaptation pour moi. L’année dernière, c’était la première fois que je n’allais pas à l’école. Je dois maintenant concilier mes études avec l’entraînement et les déplacements en Coupe du monde. Mais je pense que je m’en sors assez bien ! »

— Avec Sportcom