Valérie Maltais et Antoine Gélinas-Beaulieu ont participé à leur première compétition commune en 2009, aux Championnats du monde juniors de patinage de vitesse courte piste à Sherbrooke. Treize ans plus tard, c’est en longue piste qu’ils prendront part aux Jeux olympiques de Pékin ensemble.

Publié le 25 janvier
Sportcom

Maltais portera les couleurs du Canada pour la quatrième fois de sa carrière à des JO, mais ce sera sa première présence en patinage de vitesse longue piste. Un exploit qui est tout en son honneur selon Gélinas-Beaulieu.

« C’est une très longue carrière ! Moi, j’ai pris une pause de 4 ans (entre 2011 et 2015), mais elle a continué toutes ces années. Elle a un énorme bagage et démontre toujours son professionnalisme et sa détermination. Elle garde son plaisir, sa passion et performe de façon exceptionnelle », a souligné le Québécois, qui en sera à ses premiers Jeux en Chine.

Ce dernier pratiquait à la fois le courte piste et le longue piste plus jeune, avant de mettre en veilleuse sa carrière sportive. À son retour, il a décidé de se concentrer uniquement sur la deuxième discipline.

Celui qui patine depuis l’âge de 13 ans est ainsi bien placé pour commenter la transition de Valérie Maltais, avec qui il s’entraînait au Centre national de patinage de vitesse courte piste il y a plusieurs années.

« C’est vraiment impressionnant qu’elle fasse les JO en longue piste avec un bon potentiel de médaille. Elle a déménagé à Calgary, a côtoyé de nouvelles coéquipières. Chapeau à elle ! Plusieurs ont tenté de faire le changement entre les deux sports et peu ont réellement réussi. »

« Comme mes premiers »

Valérie Maltais s’alignera pour les épreuves individuelles du départ groupé et du 3000 m, en plus d’être de la poursuite par équipe où elle est actuelle vice-championne du monde aux côtés d’Ivanie Blondin et Isabelle Weidemann.

« Ce seront mes quatrièmes Jeux, mais je les considère quasiment comme mes premiers ! » a-t-elle déclaré, lors de l’annonce officielle de l’équipe canadienne.

« Il y a tellement de choses nouvelles qui vont arriver, je pense que je peux me fier à l’expérience acquise au cours de mes trois premiers Jeux pour savoir vers quoi je m’en vais cette fois-ci. »

Troquant ses patins de courte piste pour ceux de longue piste en 2018 après les Jeux de PyeongChang, la patineuse originaire de La Baie ne visait pas les JO à son arrivée. Au fil du temps, les entraînements et les Coupes du monde se sont enchaînés et sa personnalité l’a menée à cet objectif. Pour elle, il était primordial de faire tout en son pouvoir pour se démarquer dans ce sport. Pas question de faire du surplace.

« Le cycle olympique s’est vraiment fait par étapes, a-t-elle raconté. Quand je me préparais la première année, je voulais surtout découvrir le sport. […] Rapidement, j’ai su que j’avais du potentiel dans ce sport. Est-ce que c’était suffisant pour me rendre aux Jeux ? C’est vraiment cette saison-ci, aux Coupes du monde, où j’ai senti que je continuais de m’améliorer et que je pouvais rivaliser avec les autres. »

Si elle souhaite une place sur le podium à la poursuite par équipe, l’athlète de 31 ans espère percer le top-10 aux distances individuelles, ce qu’elle a accompli à trois occasions cet automne. En patinage de vitesse courte piste, elle avait été médaillée d’argent au relais 3000 m des Jeux olympiques de Sotchi.

« Mon approche a évolué (depuis les derniers Jeux). J’ai grandi et j’ai gagné en expérience. Que je sois une patineuse de vitesse courte piste ou longue piste, je pense que oui, en quelque sorte, mon approche risque de changer. Chaque expérience qu’on vit, on peut retenir ce qu’on a appris et l’appliquer dans le moment présent. »

Un long chemin

Antoine Gélinas-Beaulieu aspire lui aussi à une médaille en Chine, à l’occasion du départ groupé prévu le 19 février. Médaillé de bronze aux mondiaux des distances individuelles de 2020 à cette épreuve, l’athlète de 29 ans estime que son passé en courte piste l’aide dans cette discipline, qui a fait son entrée au programme olympique en 2018.

« Avant, on me demandait quel sport je préférais entre les deux et je ne savais pas trancher. Le départ groupé, c’est une belle combinaison ! Il y a le côté vitesse du longue piste et le côté stratégique du courte piste. On a beaucoup de choses à penser, c’est très intuitif et ça m’allume », a décrit celui qui prévoit également être de la poursuite par équipe.

Lorsqu’il était âgé de 10 ans, Gélinas-Beaulieu posait souvent son regard sur son affiche des Jeux olympiques de Salt Lake City et s’imaginait sur le podium.

« Je regardais les champions et je rêvais ! De me rendre là, 20 ans plus tard, c’est vraiment un gros exploit. J’ai surmonté les difficultés que j’ai eues et j’ai continué dans le sport que j’aime. »

Les obstacles qu’il a surmontés au fil du temps défilent dans sa mémoire et il se dit très fier de se rendre aux JO.

« Je suis habitué à l’adversité, je me considère chanceux de pouvoir trouver des solutions et bien performer à l’international. Ç’a été ma force dans les derniers mois. J’ai eu des blessures (au dos), je n’étais pas au sommet de ma forme en arrivant en Coupe du monde, mais j’ai gardé le moral et j’ai réussi à me qualifier. »

Ses pensées ne comprenaient pas une pandémie, l’absence de ses proches en compétition et la mise en place de mesures sanitaires strictes lorsqu’il rêvassait devant son affiche des Jeux de Salt Lake City. L’objectif est cependant demeuré le même et après toutes ces années et ces facteurs ne l’empêcheront pas d’en profiter au maximum.