Sans être un spécialiste de la musique classique, le skieur Mikaël Kingsbury est heureux de se joindre à l’Orchestre symphonique de Montréal pour un concert-bénéfice à l’aéroport Trudeau samedi.

Simon Drouin
Simon Drouin La Presse

Mikaël Kingsbury ne vous fera pas croire qu’il est un grand spécialiste de musique classique. Il est beaucoup plus Metallica et Wu-Tang Clan que Brahms et Mozart.

Cela n’empêche pas le champion olympique de ski acrobatique de prêter son concours à L’envolée classique, concert-bénéfice de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) qui se déroulera samedi soir à l’aéroport Montréal-Trudeau. Comme au cinéparc, les mélomanes assisteront à l’évènement dans le confort de leur véhicule et par l’entremise de leurs haut-parleurs.

Présenté comme l’animateur de cette deuxième mouture de L’envolée classique, Kingsbury fera part surtout de ses expériences personnelles au micro avec la jeune cheffe d’orchestre Dina Gilbert, qu’on lui a décrite « un peu comme la Sidney Crosby de la musique classique ».

« Je ne suis pas nécessairement le meilleur pour parler en public, mais ça ne m’énerve pas trop », a expliqué Kingsbury en se dirigeant vers la Maison symphonique, jeudi après-midi, pour une répétition à l’issue de laquelle il aurait une idée plus précise de son rôle samedi.

Spectateur de la première édition de L’envolée classique grâce à un commanditaire, l’an dernier, le bosseur de Deux-Montagnes a été un peu surpris quand son agente Dominique Ladouceur lui a fait cette proposition. Il lui avait déjà dit qu’il écoutait parfois de la musique classique à l’entraînement ou en compétition.

Depuis que c’est sorti, on dirait que les gens pensent que j’écoute juste ça, mais ce n’est pas vrai. Quand je m’assois dans mon auto, j’écoute Metallica, du rap, du hip-hop, ce genre de musique là, 99 % du temps. Mais le 1 % du temps où j’écoute du classique, c’est vrai que j’aime ça. J’adore ça.

Mikaël Kingsbury

C’est sur Les quatre saisons de Vivaldi qu’il avait annoncé son retour après sa double fracture au dos l’hiver dernier. La même musique l’avait accompagné dans sa chambre avant de se diriger vers la piste de compétition à la Coupe du monde de Deer Valley, où il a évidemment gagné.

Voyez une vidéo de Mikaël Kingsbury à l’entraînement sur un air de Vivaldi

La musique joue un grand rôle dans la performance, comment on se sent avant de compétitionner. J’étais vraiment crinqué, un peu stressé pour mon dos. J’avais juste besoin de quelque chose de relax pour détendre mon cerveau.

Mikaël Kingsbury

Samedi, l’OSM interprétera l’ouverture des Noces de Figaro de Mozart et le troisième mouvement de la Symphonie n3 en fa majeur de Brahms, notamment.

Kingsbury apprécie les envolées dramatiques sur les trames musicales de films. La cheffe Gilbert, mi-trentenaire originaire de la Beauce, a sondé ses intérêts musicaux, classiques comme les autres, pour monter son programme. Le double champion mondial en titre s’attend à des « surprises » et à des réinterprétations de ses chansons favorites.

Le skieur de 28 ans a été enchanté par sa rencontre avec Dina Gilbert lors d’une séance photos promotionnelle. « Je ne sais pas trop comment ça fonctionne dans ce milieu, mais j’avais l’impression que tous les chefs d’orchestre étaient plus âgés. C’est cool de voir qu’à son âge, elle est une cheffe aussi dynamique et avec autant de succès. »

Kingsbury voit des parallèles évidents entre le mode de vie d’un athlète et celui d’un musicien : « Premièrement, ils ont la pression de performer sur demande. Si tu ne joues pas bien, ça va paraître. Pour eux, c’est beaucoup un travail d’équipe, mais individuellement, il faut que tu fasses ta job. Il y a de la précision aussi, comme dans mon sport. Si tu fais une mini-erreur, tu dois être capable de la camoufler pour que ça ne se voie pas à l’œil nu. »

Ou que cela ne s’entende pas à l’oreille du profane…