Le vétéran Charles Hamelin a de nouveau raflé les grands honneurs, samedi aux Championnats du monde de patinage de vitesse sur courte piste, en remportant la médaille d’or au 1500 mètres masculin, à Dordrecht aux Pays-Bas. Il s’agissait de son troisième titre mondial sur cette distance.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

Le patineur d’expérience, aujourd’hui âgé de 36 ans, a en effet devancé le Néerlandais Itzhak de Laat par quelques dixièmes de seconde, avec un temps de 2 min 18,143 s. Le Russe Semen Andreïevitch Elistratov a complété le podium en décrochant la médaille de bronze.

« J’ai senti que je m’étais amélioré techniquement sur plusieurs points. Les entraînements ont vraiment bien été toute la semaine. Physiquement, je me sentais super bien aussi. Revenir avec un titre de champion, c’est une confirmation que tout va dans la bonne direction pour l’an prochain », a avancé Charles Hamelin, en conférence de presse samedi après-midi. Il avait également triomphé au 1500 mètres en 2014, puis en 2018.

PHOTO FOURNIE PAR L’UNION INTERNATIONALE DE PATINAGE

Charles Hamelin a remporté la médaille d’or au 1500 mètres lors des Championnats du monde de patinage de vitesse sur courte piste à Dordrecht, aux Pays-Bas.

Pour le natif de Lévis, ce titre revêt une importance toute particulière, alors que comme tous les athlètes canadiens, il n’avait pas compétitionné depuis un an, pandémie oblige. « Par la situation qu’on vit en ce moment et le travail qu’on a mis toute la saison […], et surtout l’âge où je suis rendu, qui a un effet bonificateur, je vois clairement cette médaille dans mon top 3 au Championnat du monde », a-t-il insisté.

J’avais l’énergie pour me battre jusqu’à la fin. Je savais que j’avais les jambes et la force de pouvoir faire des belles choses. Il restait juste de pouvoir appliquer ce que j’avais appris cette saison. Je savais que j’étais préparé pour faire n’importe quoi.

Charles Hamelin

Pour finir, l’athlète dit être satisfait d’avoir causé la surprise. « Dans la vidéo de la compétition, on voyait les Hongrois, les Russes, les Hollandais, et on ne me voyait pas. Et je me suis dit : “Je pense que vous allez être surpris, gang” », a-t-il dit, le sourire aux lèves.

Hamelin a passé la première moitié de la course entre les troisième et cinquième positions avant de se hisser en tête au huitième des 14 tours que comptait l’épreuve. Il y est resté jusqu’à la fin, en route vers la 37e médaille de sa carrière aux Championnats du monde, et une treizième en or. Sur 37 médailles, Hamelin en compte 28 lors d’épreuves individuelles, dont huit d’or. Ses neuf autres médailles, dont cinq en or, ont été acquises aux épreuves de relais.

L’autre Canadien qui participait à la finale, Maxime Laoun, a pour sa part pris le sixième rang avec un chrono de 2 min 19,262 s, tout juste devant le Hongrois Shaoang Liu et le Letton Reinis Berzinz, qui a été éliminé de la compétition.

Aujourd’hui, je vous avouerais que c’était une journée un peu amère. C’est tough, parce que je me sentais tellement bien. Et en finale, j’ai fait une petite erreur qui m’a coûté quelques positions. J’ai l’impression que c’était une erreur d’expérience.

Maxime Laoun

Le Montréalais s’est dit malgré tout satisfait de sa performance, mais surtout heureux pour Charles Hamelin. « J’étais sûr à 100 % qu’il allait gagner une médaille, et même avoir la première position. La dernière fois que je l’ai vu aussi calme dans sa tête, c’est quand il a été champion du monde en 2018 », a-t-il dit.

Un premier podium pour Courtney Sarault

En tout début de journée samedi, la jeune Courtney Sarault, âgée de seulement 20 ans, a quant à elle mis la main sur le premier podium de sa carrière, en remportant une médaille d’argent lors de la finale du 1500 mètres féminin. Sarault a mérité cette deuxième place grâce à un sprint final lui permettant de passer de la quatrième à la deuxième place, lors du tout dernier tour de piste.

PHOTO FOURNIE PAR PATINAGE DE VITESSE CANADA

Courtney Sarault

L’athlète de Moncton a franchi la distance avec un chrono final est de 2 min 37,089 s, à un peu plus de deux dixièmes de seconde de la gagnante, la Néerlandaise Suzanne Schulting.

J’avais les jambes, mais il me manquait peu de choses qui auraient peut-être pu me faire décrocher l’or. […] J’ai senti que s’il y avait eu un tour de plus, j’aurais pu mieux fermer ma course.

Courtney Sarault

Malgré tout, Courtney Sarault s’est dite « très fière » de sa médaille d’argent. « J’ai travaillé très fort dans la dernière année à l’entraînement, donc ça fait vraiment du bien de voir mon travail payer », a-t-elle souligné. « Quand les Olympiques arriveront, je serai prête », a ajouté Sarault, en indiquant que son but, pour la suite, « est [vraiment] de rester dans le top 3 ».

Moins réjouissant au 500 mètres et au relais

Les finales féminine et masculine du 500 mètres étaient également au programme de la journée de samedi, mais aucun Canadien ne s’est classé au programme de la finale A, autant du côté masculin que féminin.

Notons toutefois que Courtney Sarault a remporté la finale B, en fin de matinée, après avoir raté la finale A par 28 centièmes de seconde. Charles Hamelin, lui, s’y est classé troisième, après avoir été victime d’une chute à quelques mètres de la ligne d’arrivée.

Maxime Laoun et Steven Dubois, eux, ont été exclus à l’issue des quarts de finale, tandis que Florence Brunelle, Trifluvienne de 17 ans, a été pénalisée lors des demi-finales. « Il me reste encore [dimanche]. Mais après cette semaine, je vais prendre le temps d’analyser ce que j’ai à travailler pour la prochaine saison. Je suis vraiment contente de ce que j’ai fait. Oui, j’ai fait des erreurs, mais je me dis que je ne pouvais juste pas le savoir. Il fallait que je les fasse, ces erreurs, pour apprendre », a commenté Brunelle.

J’aime ça, voir des personnes comme Charles qui réussissent encore à gagner des médailles. Ça me permet de garder en tête que c’est juste le début pour moi, mais qu’un jour je vais vraiment savoir exactement comment ce métier-là fonctionne.

Florence Brunelle

Au relais du 3000 mètres, les équipes masculine et féminine du Canada ont aussi été exclues des finales A, qui seront présentées dimanche. Les deux délégations canadiennes ont terminé troisièmes de leur vague respective des demi-finales. « On n’a pas été en avant pour contrôler la course, ce qu’on aurait dû faire, parce que je pense qu’on était les plus forts dans ces équipes-là », a relevé Charles Hamelin.

Beaucoup d’émotion

Plus tôt, samedi, Charles Hamelin et Maxime Laoun s’étaient tous deux qualifiés pour la finale au 1500 mètres. Inscrit dans la troisième et dernière vague de l’épreuve, Hamelin, qui en est déjà à ses 17e Mondiaux, se dirigeait vers une qualification facile jusqu’au 13e tour, l’avant-dernier de la course, alors qu’il a glissé en quatrième place.

C’est une révision des juges qui a finalement permis de déterminer que le Néerlandais Dylan Hoogerwerf avait effectué une manœuvre qui avait désavantagé Hamelin ainsi que le Hongrois Shaoang Liu.

Hamelin a donc été admis à la finale A de l’épreuve même si son temps de 2 min 26,639 s lui a conféré le quatrième rang de sa vague. Liu (2 min 48,785 s), sixième de sa vague, a lui aussi été admis à la finale A, qui a rassemblé huit participants. Quant à Laoun, une recrue à ces Mondiaux, il a complété la première vague en deuxième position en 2 min 20,819 s, à 75 millièmes de seconde du Hongrois Shaolin Sandor Liu. Participant à cette première vague, Steven Dubois a été pénalisé et disqualifié.

Chez les dames, Sarault s’était qualifiée pour la finale du 1500 mètres féminin en remportant sa vague des demi-finales, en 2 min 28,896 s. Évoluant dans la même vague, Brunelle a terminé au troisième rang, en 2 min 29,311 s. Son chrono l’a laissée à 77 millièmes de seconde de la Belge Hanne Desmet et d’une participation à la finale A. Brunelle a ensuite terminé troisième de la finale B, en 2 min 34,413 s.

Les épreuves individuelles sur 1000 mètres doivent se tenir dimanche. Hamelin, Laoun, Dubois et Sarault tenteront alors d’ajouter aux deux médailles déjà gagnées par la fédération canadienne.

Avec La Presse Canadienne