Maxime Laoun revient de loin. Très loin. Après avoir subi une fracture du tibia et s’être cassé le péroné en novembre 2019, le jeune patineur de vitesse sur courte piste effectuera ce week-end son grand retour à la compétition, lors des Championnats du monde qui se tiennent à Dordrecht, aux Pays-Bas, ce week-end. L’athlète l’assure : sa blessure l’a profondément changé, de plusieurs façons, et pour le mieux.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

« En ce moment, je me sens mieux que jamais, lâche d’emblée le Montréalais en entrevue avec La Presse. Je pense même être un meilleur patineur qu’avant ma blessure, qui a vraiment été un tournant majeur pour moi. Grâce à tout ça, j’ai compris ce que ça représentait, être un athlète de haut niveau. »

Dans les mois qui ont suivi sa blessure, survenue lors d’un entraînement ordinaire avec l’équipe nationale, le principal intéressé a entamé un long processus de rééducation, passant de deux à trois heures par jour avec un physiothérapeute. « J’ai pu revenir vite parce que j’ai persévéré. Il y a des journées où ça ne me tentait pas, où j’étais épuisé, mais je m’y pliais quand même », se remémore-t-il. Avec le recul, ce long chemin l’a rendu « beaucoup plus mature » et résilient.

« Au début, je n’avais pas de grands objectifs, parce que chaque jour était une petite victoire. La première fois que j’ai mis des jeans, ça a été incroyable. Je ne pouvais plus en mettre avec mes cicatrices. Ensuite, ça a été de marcher, puis de courir, pour redevenir tranquillement l’athlète que j’étais », ajoute-t-il.

PHOTO PRISE DU COMPTE INSTAGRAM DE GREG KOLZ

Maxime Laoun à l’entraînement

Ma blessure a changé ma perception, et j’ai compris l’importance des petits détails, de l’alimentation, du sommeil, de la récupération. J’ai aussi changé, du point de vue du mental. La pression a diminué et finalement, j’ai réalisé que si je ne m’amuse pas, ça ne me sert pas.

Maxime Laoun

Pour l’avenir, le Québécois âgé de 24 ans dit s’inspirer de modèles de réussite comme Charles Hamelin, triple champion et quintuple médaillé olympique de 36 ans, qui a d’ores et déjà marqué son sport et sa génération. « Il a été une idole de qui j’ai beaucoup appris, entre autres parce qu’il s’est adapté à tous les changements dans notre sport, en restant toujours aussi fort et dominant. C’est l’homme à battre, c’est lui que je vise. Et il le sait », dit l’athlète en rigolant.

Quels objectifs ?

Si l’objectif ultime reste clair – devenir le meilleur au monde dans sa discipline –, Maxime Laoun procédera une étape à la fois. « Quand j’ai été sélectionné pour les Championnats du monde, en soi, ça a été dur de le réaliser, dit celui qui en est à sa première expérience à ce niveau de compétition. Maintenant que j’y suis, je n’ai pas de résultats ou de chiffres en tête. Je veux juste montrer tout ce dont je suis capable et bien performer. »

Une chose est très claire cependant pour le jeune patineur : il souhaite participer aux prochains Jeux olympiques d’hiver, prévus en 2022 à Pékin.

C’est un rêve que je caresse depuis longtemps. Et c’est un objectif pour moi.

Maxime Laoun

Comme ses camarades de l’équipe canadienne de patinage de vitesse sur courte piste, l’athlète a dû interrompre son entraînement à quelques reprises dans les derniers mois, en raison de la pandémie. Une éclosion a d’ailleurs forcé la mise sur pause des activités, pendant les Fêtes, mais la situation a depuis été maîtrisée, assure Patinage de vitesse Canada.

Une année de pandémie

Pour Maxime Laoun, la pandémie de COVID-19 a certes changé le quotidien, mais heureusement, elle n’a pas bouleversé ses habitudes. « C’est sûr que j’aurais aimé, comme tout le monde, avoir un peu plus de temps de glace, mais dans mon cas, j’avais un gros rattrapage à faire à l’extérieur de la patinoire. J’avais un paquet d’autres exercices, comme le vélo, la vitesse de pied, mon explosivité, ma musculature. Ça m’a moins affecté côté entraînement », explique-t-il.

Côté personnel, le jeune homme, qui habite encore chez ses parents, s’estime aussi « chanceux » d’avoir pu profiter d’un soutien familial dans les moments plus difficiles qu’il a dû surmonter. « Ma famille, mes parents et ma sœur surtout, était tout le temps là pour moi, confie-t-il. Ainsi, personnellement, la pandémie ne m’a pas trop affecté, mais je suis conscient que je suis l’un des rares. »

Notons que Charles Hamelin, Steven Dubois, William Dandjinou et Jordan Pierre-Gilles compléteront l’équipe canadienne masculine sur courte piste aux Championnats du monde. Pascal Dion, médaillé de bronze olympique au relais, devra se contenter du rôle de réserviste.

De jeunes loups canadiens aux Mondiaux

PHOTO TIRÉE DU COMPTE INSTAGRAM DE GREG KOLZ

La Québécoise Florence Brunelle est une étoile montante du patinage de vitesse courte piste à 17 ans seulement.

En l’absence de la Sherbrookoise Kim Boutin à Dordrecht, l’équipe féminine sera menée par Florence Brunelle, âgée de seulement 17 ans. Révélation de l’hiver dernier, la patineuse de Trois-Rivières a déjà gagné deux médailles d’argent aux Championnats du monde juniors et deux de bronze aux Jeux olympiques de la jeunesse. Le patineur Charles Hamelin s’attend à ce que la patineuse originaire de Trois-Rivières se révèle au monde entier, à sa première compétition en carrière dans les rangs seniors. « Elle [Brunelle] a évolué plus rapidement que ce qu’on pensait, a soutenu Hamelin en visioconférence avec La Presse Canadienne récemment. Personnellement, je l’ai rencontrée pendant un camp promotionnel lors de sa dernière année avant qu’elle fasse le saut avec l’équipe canadienne à Montréal, et je me souviens m’être dit que non seulement elle était la meilleure chez les filles, mais dans l’ensemble. Il n’y avait rien à corriger au niveau de sa technique. Et lorsqu’on trouvait un petit défaut, elle retournait sur la patinoire et effectuait l’ajustement immédiatement, comme si c’était naturel. » Brunelle fera partie d’une équipe féminine qui comptera dans ses rangs Courtney Sarault, Alyson Charles et Danaé Blais. Du côté masculin, Hamelin sera accompagné de Steven Dubois, William Dandjinou et Maxime Laoun, notamment.

La Presse Canadienne