Le Québécois Charles Hamelin compte s’inspirer de son compatriote Laurent Dubreuil à l’approche des Championnats du monde de patinage de vitesse sur courte piste de Dordrecht, aux Pays-Bas, du 5 au 7 mars.

Alexandre Geoffrion-McInnis
La Presse Canadienne

Hamelin, de Sainte-Julie, s’est dit particulièrement impressionné par la façon dont Dubreuil, de Lévis, a réagi devant l’adversité en se présentant aux Mondiaux de patinage de vitesse sur longue piste d’Heerenveen, aux Pays-Bas, plus tôt ce mois-ci.

Après avoir été privé d’entraînement sur l’anneau de glace de Calgary en raison d’un bris mécanique, Dubreuil a dû s’entraîner pendant un certain temps sur une patinoire improvisée, à l’extérieur, en compagnie de ses coéquipiers.

Ça ne l’a toutefois pas empêché de devenir le héros de cette compétition, avec la conquête de la médaille d’or au 500 m et de bronze sur 1000 m. Dubreuil est ainsi devenu le premier champion du monde canadien sur 500 m en longue piste depuis Jeremy Wotherspoon en 2003, 2004 et 2007.

« Je ne suis pas attentivement le longue piste, même si mon frère, François, continue à regarder ça religieusement chaque fois qu’il le peut, a d’abord évoqué Hamelin en visioconférence avec La Presse Canadienne, mercredi. Mais ç’a été inspirant de voir Laurent performer comme ça.

« Il vit un peu la même situation que moi : il est devenu papa avant moi et il gère ça depuis quelques années déjà. C’est la preuve que ce n’est pas parce que tu as un enfant, que tu as des contraintes ou que tu ne patines pas que tu ne peux pas performer », a résumé le patineur de 36 ans, lui-même champion du monde au cumulatif en 2018.

« Laurent ne s’est pas apitoyé sur son sort, il a tout fait pour être prêt [pour les Mondiaux], et en arrivant là-bas, il a fait boom. Un gros props pour lui, car c’est impressionnant, ce qu’il a fait. »

« Le thrill du courte piste me manque »

La locomotive de Sainte-Julie, qui participera aux épreuves individuelles en compagnie de ses jeunes coéquipiers Steven Dubois et Maxime Laoun, croit avoir des chances de se retrouver sur le podium à son tour à Dordrecht.

Mon objectif, c’est d’aller chercher le titre cumulatif, comme à la plupart des Mondiaux. Je pense que j’ai les jambes et que j’ai la forme pour accomplir ça.

Charles Hamelin

« Je ne me dis pas que je veux gagner des médailles sur toutes les distances – même si je crois que les 1000 et 1500 m me seront très favorables. Quant au 500 m, il est rendu tellement difficile, car il y a beaucoup de bons patineurs et que tout peut se jouer en une fraction de seconde. Donc, on verra. »

Comme c’est le cas depuis maintenant un an à cause de la pandémie de COVID-19, les Mondiaux de Dordrecht seront différents de ceux des années précédentes. Déjà, des puissances telles que la Corée du Sud, le Japon et la Chine ont indiqué qu’elles n’y participeront pas.

Malgré cela, Hamelin croit que cette compétition sera significative, à un an des Jeux olympiques de Pékin. Il n’a donc jamais songé à se retirer des Mondiaux pour se concentrer sur les Jeux, comme l’a fait sa compatriote Kim Boutin récemment.

« Il n’y avait aucune chance que je rate cette compétition-là. Sauf pour une blessure, je ne sais pas pourquoi je m’en serais absenté. Je n’aurai disputé qu’une seule compétition en un an [à cause de la pandémie], donc je veux y participer. Le thrill du courte piste me manque ; ça me ronge à l’intérieur de ne pas courir. Je m’en vais là-bas comme un petit enfant, avec des papillons au ventre », a évoqué le triple médaillé d’or olympique.

Hamelin participera à ses 17es Championnats du monde de patinage de vitesse sur courte piste en carrière, et il tentera d’étoffer son impressionnante collection de médailles, qui comprend déjà 12 disques d’or, 14 d’argent et 10 de bronze.