Il y a maintenant près d’un mois que les membres de l’équipe nationale de sauts cohabitent dans leur environnement protégé en Europe. Privilégiés de pouvoir s’adonner à leur passion, les athlètes poursuivent leurs apprentissages tant sur la piste qu’à l’extérieur. Incursion au coeur de cette bulle sanitaire à l’ambiance familiale, où sport, éducation et plaisir sont au rendez-vous.

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Au cours des dernières semaines, Justine Ally, Flavie Aumond, Lewis Irving et Marion Thénault ont participé à trois Coupes du monde en Russie et en Biélorussie. Ils ont récemment été rejoints par Miha Fontaine et Émile Nadeau, portant à six le nombre d’athlètes sous la supervision de Jeff Bean et de Rémi Bélanger, qui s’assurent que tous respectent leurs engagements personnels, de même que les nombreuses règles sanitaires en vigueur.

Rien cependant pour alourdir la tâche du duo d’entraîneurs qui se compte d’abord et avant tout privilégié de pouvoir participer à ce voyage. « On se dit ça plusieurs fois par jour, mais on est chanceux de faire notre sport. Tout le monde en est conscient et on prend tous ça très au sérieux », a lancé Bean en entrevue à Sportcom.

Tous les sports régis par la Fédération internationale de ski (FIS) sont soumis à des règles strictes et les différentes équipes présentes dans la bulle de la Coupe du monde de sauts ne font pas exception. Déplacements nolisés, hébergement privé, port du masque en tout temps, tests récurrents, et plus encore. Rien n’a été négligé. À lire : Apprendre à la dure pour se protéger du virusRodés au quart de tour

Tout comme il le fait en famille à Ottawa, Jeff Bean est appelé à jouer un rôle parental dans cette saison « pas comme les autres ». En compagnie de son acolyte Rémi Bélanger, il a instauré un climat propice à la réussite des jeunes athlètes, mais aussi, favorable à la vie commune.

« C’est vraiment un environnement familial. On est coéquipiers et on est tous ensemble dans cette situation. On est notre propre soutien moral et il faut s’entraider pour cohabiter », a-t-il précisé.

Aux dires de l’entraîneur, les choses se déroulent à merveille jusqu’à maintenant et chaque membre de l’équipe, peu importe son âge, a trouvé sa propre routine dans la journée type, généralement ponctuée d’études, d’entraînement, de récupération et de temps libre.

« Cette gang-là est très jeune, mais elle est très mature. Les jeunes s’entendent bien et on a un peu plus de temps qu’à l’habitude, alors on en profite pour faire de l’extra dans le sport, mais aussi dans les études. » Marion Thénault abonde dans le même sens, elle qui, comme la plupart de ses coéquipiers, continue de s’adapter à la vie en Coupe du monde tout en poursuivant ses études à distance. « C’est un processus et on apprend beaucoup pendant ce voyage. Pas mal tout le monde sait ce qu’il a à faire et on gère nos journées chacun de notre côté. Les études, les entraînements et la préparation prennent beaucoup de temps, alors on doit s’organiser », a indiqué l’étudiante de l’Université Concordia.

Et lorsque tous les éléments de la liste quotidienne sont rayés, rien de mieux qu’une partie de cartes pour regrouper les troupes et avoir du plaisir. « Des soirs, on peut jouer pendant deux heures ! Des fois on est tous ensemble et d’autres fois, on se retrouve en petit groupe pour jouer et discuter. Ça dépend toujours de notre mood, mais comme on est confiné, c’est un bon moyen de s’amuser ensemble », a poursuivi Thénault, qui a récemment obtenu son premier podium en Coupe du monde.

L’importance du grand frère

Du haut de ses 24 ans, Lewis Irving est le doyen de ce groupe d’athlètes. Qui plus est, il est le seul à avoir plus d’une année d’expérience en Coupe du monde. C’est pourquoi il s’assure d’être un modèle pour ses jeunes coéquipiers qui, en plus d’en être à une première saison complète, doivent apprendre dans des circonstances inhabituelles.

« Ça me donne une motivation de plus de montrer l’exemple et ça me force à faire les bonnes choses. Je passe beaucoup de temps avec eux et je prends le temps de discuter. Ils ont eu la chance de venir en Coupe du monde tôt dans leur carrière, mais ils ont des choses à apprendre. Je veux m’assurer qu’ils fassent la bonne chose et qu’ils représentent bien le pays. Tout le monde est gagnant à la fin de la journée », a expliqué celui qui connaît la routine après avoir grandi avec deux frères cadets.

« C’est un peu la même chose ! Jeff et Rémi jouent le rôle des parents et les enfants apprennent ensemble. Ce n’est pas tout le temps parfait, comme dans n’importe quelle famille, mais on s’arrange toujours pour que tout soit correct à la fin de la journée. »

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le travail d’Irving est reconnu et surtout, très apprécié des entraîneurs. « C’est très important pour nous. Il prend sa place et il devient plus mature. Ça aide l’équipe et ça l’aide lui, en même temps. C’est un leader pour notre groupe et on souhaite qu’il continue exactement comme ça », a conclu Jeff Bean au sujet de son protégé, deux fois médaillé de bronze cette saison. L’équipe nationale de sauts a pris la direction de Park City et participera à la Coupe du monde de Deer Valley prévue ce week-end.