De la Croatie, Simon Fournier s’informait des derniers développements sur le confinement au Québec, mardi.

Simon Drouin Simon Drouin
La Presse

Le skieur de Gatineau réalise sa chance de pouvoir prendre part à des compétitions ces jours-ci. Mercredi, il s’élancera pour le slalom de la Coupe du monde de Zagreb.

« À plusieurs autres niveaux en ski alpin, c’est difficile de prendre des départs. En Amérique du Nord, c’est impossible. Les courses au Canada et aux États-Unis se font beaucoup annuler. En étant en Europe, je suis quand même très chanceux de pouvoir compétitionner. »

La gestion des mesures sanitaires, le respect des « bulles » et les nombreux tests de dépistage de la COVID-19 amplifient le stress habituel, « mais ça fait partie de la vie d’un skieur alpin en 2020 et 2021… »

Fournier a peiné à sa première saison complète sur le circuit de la Coupe du monde l’hiver dernier. En huit départs, il ne s’est pas qualifié une fois pour la deuxième manche réservée aux 30 premiers. Après deux bons résultats à ses premiers Mondiaux un an plus tôt à Äre, ses ambitions étaient élevées.

Or, une préparation moins qu’idéale, attribuable à un contexte budgétaire resserré à Canada Alpin, a mené à un début de campagne cahoteux. Quand il se sentait sur le point de reprendre son élan, la saison a été stoppée par le nouveau coronavirus.

Conséquence : il a dégringolé au classement mondial et perdu sa place dans l’équipe canadienne. L’athlète de 23 ans fait maintenant partie du groupe NextGen.

« J’avais juste fait 25 départs et il en restait à peu près 20 avant la fin de la saison quand la pandémie est arrivée. Je trouvais ça un peu injuste. Mon statut sur papier n’est plus le même, mais en pratique, ça n’a rien changé. Je suis dans la même équipe, avec les mêmes coéquipiers. Après un temps, je me suis détaché de la décision, qui m’a beaucoup frustré au départ. J’ai quand même eu le soutien nécessaire et tout ce dont j’ai besoin. »

« Le meilleur des deux mondes »

Après s’être entraîné en Autriche durant l’automne et mis en quarantaine à Mont-Tremblant, son club d’attache, Fournier a passé plusieurs semaines à Panorama, en Colombie-Britannique, où il a reçu l’aide de l’équipe du Québec. Il a lancé sa saison avec quelques courses FIS et les championnats canadiens 2020 reprogrammés, enlevant un premier titre en slalom.

Juste avant Noël, il a pris part aux premiers slaloms de la Coupe du monde à Alta Badia et à Madonna di Campiglio. Parmi les derniers à partir, il a souffert sur des parcours détériorés en raison des conditions printanières. Mercredi à Zagreb, il sera le 54e et avant-dernier à bondir du portillon. Avec le temps chaud qui sévit en Croatie, il mesure ses attentes.

Ça risque d’être des conditions assez difficiles. Il s’agit juste de me donner la chance et de pousser au maximum de mes capacités.

Simon Fournier

Fournier prévoit des surfaces plus durables pour les prochaines étapes à Adelboden, Wengen, Kitzbühel et Schladming.

Théoriquement, le seul Québécois de l’équipe masculine canadienne aurait fait des allers-retours en Nor-Am pour améliorer son classement FIS et obtenir ainsi de meilleurs dossards. L’annulation des courses sur le circuit de développement continental lui permet en revanche de se concentrer sur la Coupe du monde, son véritable objectif.

Le contexte actuel lui facilite également la vie pour son baccalauréat en finances à l’Université de Denver, où il poursuit sa formation en ligne. « Je pourrai suivre des cours en soirée en étant capable de m’entraîner et de courir durant la journée. Je dirais même que c’est un peu le meilleur des deux mondes. »

En conjuguant études supérieures et Coupe du monde, Fournier suit les traces de ses coéquipiers albertains Erik Read et Trevor Philp, deux diplômés de Denver. Leur parcours l’inspire « énormément ».

« Ils ne m’ont pas influencé, mais ils m’ont beaucoup soutenu. Ils m’ont dit qu’il y avait des choses plus difficiles liées au circuit de la NCAA, mais que ça apportait d’autres choses qui peuvent aider. Ils étaient un peu des modèles pour moi à travers ça. »

PHOTO JOHANN GRODER, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Erik Read

À 29 ans, Read connaît actuellement les meilleurs moments de sa carrière dans le Cirque blanc. Il a terminé 10e aux deux géants de Santa Caterina le mois dernier, gagnant la manche ultime de la première des deux épreuves.

« Ce ne sera pas long avant qu’on le voie sur le podium, pense Fournier. Erik a aussi été coupé de l’équipe canadienne il y a cinq saisons. L’année suivante, il a refait ses critères et eu sa meilleure saison à vie. J’ai un cheminement qui se rapproche assez de celui d’Erik. C’est sûr que ça me motive. »

Une étape à la fois. Pour l’heure, Fournier vise une première participation à la deuxième manche et un retour en bonne et due forme dans l’équipe canadienne.

La Coupe du monde de Zagreb est diffusée sur cbc.ca. Première manche prévue à 6 h 15. Deuxième manche prévue à 9 h 15.

Simon Fournier en bref
Âge : 23 ans
Ville d’origine : Gatineau
Club : Mont-Tremblant
Spécialité : Slalom
Études : Finances, Université de Denver
Championnats du monde d’Äre 2019 : 24e en slalom, 30e en slalom géant
Coupe du monde : 13 départs
Champion canadien de slalom (2e en 2019)
Champion de slalom du circuit Nor-Am 2019 Championnats du monde juniors : 2018 (15e en slalom), 2017 (14e en slalom)