Un parcours des plus exigeants, des conditions qui frôlent la perfection et une ambiance survoltée. La Coupe du monde de Deer Valley, en Utah, se situe tout simplement à un autre niveau en ski acrobatique.

Luc Turgeon Sportcom

« C’est un peu comme le Superbowl des Coupes du monde en ski de bosses », lance d’emblée la skieuse Justine Dufour-Lapointe pour décrire ce lieu iconique de son sport.

Les raisons justifiant la supériorité de Deer Valley sont nombreuses. D’abord, le volet historique de cette station interdite aux planchistes. Hôte des Jeux olympiques de Salt Lake City en 2002, elle a également accueilli trois Championnats du monde et a été le théâtre de 18 Coupes du monde.

« Il y a une certaine prestance qui s’y dégage. La pente est extrêmement longue et a le même angle du début à la fin. Elle a un bel esthétisme et elle est parfaite pour nous en tant que skieuses. En plus, il y a toujours un peu de neige qui tombe par hasard le matin même », analyse Justine, qui a décroché pas moins de dix médailles à cette montagne, dont quatre d’or.

La Montréalaise ajoute qu’il s’agit d’une piste réputée pour être exigeante, notamment en raison de son altitude. « C’est assez rare pour nous et c’est plus dur physiquement. La plupart des Coupes du monde sont au niveau de la mer, alors il faut nous adapter. C’est pour ça qu’il y a une grande fierté qui vient avec le fait de gagner la Coupe la plus difficile du circuit. »

Cet environnement particulier devient une source de motivation pour celle qui est montée sur le podium à deux occasions à Deer Valley, en février dernier. L’étape semble littéralement posséder un pouvoir sur elle, la poussant à se surpasser à chacune de ses descentes. « On ressent quelque chose de magique et j’ai toujours aimé cette sensation. Ça allume un feu en moi, je veux y donner mon 110 % et offrir un bon show avec la meilleure performance possible. »

« C’est tellement excitant, poursuit Chloé Dufour-Lapointe. Il y a aussi un prix remis au cumulatif des deux épreuves qui s’ajoute. C’est une bonne préparation mentalement pour les plus gros événements comme les mondiaux et les Jeux olympiques. »

Place au spectacle

C’est en soirée, sous la lumière des nombreux projecteurs installés pour l’occasion, que le spectacle peut officiellement commencer avec les bosses en parallèle.

« Les projecteurs sont plus bas que des lampadaires habituels, alors la luminosité est unique et plus chaleureuse. La foule est en délire et c’est impressionnant de voir à quel point il y a des gens qui se déplacent pour assister à cette Coupe du monde. Ça rend la chose magique et spectaculaire », estime Justine Dufour-Lapointe.

Sa sœur Chloé est du même avis. « C’est la soirée la plus folle ! Il y a vraiment de l’ambiance et on peut sentir que c’est un événement d’envergure auquel tout le monde a hâte de participer. »

Écran géant, tente VIP, musique et animation viennent ajouter à la fête pour créer une expérience incontournable, tant pour les athlètes que les spectateurs. Des feux d’artifice sont même déployés à la remise des médailles.

« Ils ont vraiment le tour pour la célébration et ça apporte tout un engouement. Ça fait en sorte qu’en tant qu’athlète, on se sent spécial et on sait qu’il y a quelque chose à gagner », affirme Justine.

Si l’image d’une scène de spectacle concorde parfaitement avec cette piste, la remontée se démarque tout autant en offrant un franc contraste par son silence et sa quiétude.

« Les chaises sont un peu comme notre arrière-scène. Étant donné que c’est le soir, elles sont seulement ouvertes pour nous et nous sommes complètement séparés de la foule. Ça laisse un moment pour nous ressourcer et nous concentrer sur ce que nous avons à faire », raconte Chloé.

« C’est un moment zen de Deer Valley dont on n’entend pas souvent parler, renchérit Justine. C’est bizarre d’être dans les chaises dans le noir et de ne rien voir en montant. On peut prendre le temps de respirer et ensuite, c’est Show Time ! »

À ne pas manquer

Chloé a pris part à six Championnats du monde au cours de sa carrière et c’est à ceux de Deer Valley, en 2011, qu’elle a reçu sa première médaille en terminant deuxième des duels. Elle avait vaincu l’Américaine Hannah Kearney en demi-finale, une des favorites de la foule, pour ensuite s’opposer à sa compatriote Jennifer Heil en grande finale.

« J’ai sorti Hannah Kearney pour ensuite affronter Jennifer Heil, qui était mon idole et qui participait à ses derniers mondiaux, raconte-t-elle. Ç’a été une soirée haute en émotions et c’est un souvenir de compétition dont je vais me rappeler toute ma vie. »

Décidément, cette Coupe du monde a de quoi faire rêver tous les adeptes de ski acrobatique.

« Je ne connais personne qui a trouvé ça juste ok à Deer Valley. Tout le monde va sentir l’émotion et va avoir du fun à regarder. Ce sont pleins de détails tout au long de ce weekend qui le rendent magique », résume Justine.

La prochaine Coupe du monde de Deer Valley est prévue du 4 au 6 février. En raison de la pandémie, aucune zone des spectateurs ne sera offerte pour assister à ce traditionnel rendez-vous. Une édition qui sera bien différente !