(Québec) Un homme d’affaires de Québec vient de lancer un comité pour faire mousser la candidature de la capitale en vue des Jeux d’hiver de 2030. Mais la tâche s’annonce olympique, puisque le maire de Québec s’oppose au projet.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

« Une candidature de Québec aurait plusieurs atouts. On croit qu’il y a un contexte favorable qu’il faut saisir », explique en entrevue l’initiateur du comité Québec 2030, Mark Charest.

L’homme d’affaires, qui a occupé des fonctions en marketing chez les défunts Nordiques, se décrit comme « un passionné de sports ». Il a longtemps œuvré en coulisses pour le retour de la LNH à Québec. Ayant abandonné ce projet — « ça m’étonnerait que ça arrive » —, il a décidé de mettre son énergie dans les Jeux olympiques.

Ce n’est pas la première fois que surgit l’idée d’accueillir les Jeux à Québec. La capitale avait terminé dernière sur les quatre villes en lice lors d’un vote du Comité international olympique (CIO) pour les Jeux de 2002.

Puis, en 2016, le maire Régis Labeaume s’était rendu à Lausanne à l’invitation du CIO. Sa ville était courtisée pour les Jeux de 2026. Il était revenu désenchanté de son voyage, persuadé que Québec n’avait aucune chance de remporter la mise et bien décidé à ne pas jouer le rôle de « dindon de la farce », comme il l’a raconté récemment à La Presse.

Mais Mark Charest croit que cette fois pourrait être la bonne. Il y a six ans, le CIO adoptait son « Agenda 2020 », qui vise essentiellement à promouvoir des Jeux plus modestes.

PHOTO FOURNIR PAR MARK CHAREST

Mark Charest vient de lancer un comité pour l’organisation des Jeux olympiques de 2030 à Québec.

« Québec a de la neige, plusieurs infrastructures existantes, évoque M. Charest. On a le ski de fond au mont Sainte-Anne, on a un éléphant blanc qui s’appelle le Centre Vidéotron et on a un anneau de glace olympique. »

L’épreuve de descente pourrait selon lui avoir lieu à Vancouver, par exemple. Rappelons que la région de Québec ne dispose pas d’une piste pour la descente masculine, laquelle exige 800 m de dénivelé.

Le maire ferme la porte

Mais l’enthousiasme de Mark Charest n’est pas partagé à l’hôtel de ville de Québec, où la réaction lundi était à l’image des nuits d’hiver de la capitale : froide.

« De notre côté, il n’en est pas question, on n’embarque pas là-dedans », a dit, tranchant, l’attaché de presse du maire de Québec, François Moisan. « C’est sûr qu’on n’embarque pas là-dedans. »

Le maire Labeaume avait tenu des propos similaires à La Presse en juin dernier. « Moi, je ne remettrai plus jamais mon nez là-dedans. Moi, personnellement, c’est terminé », avait-il dit à propos des Jeux olympiques.

Sans l’appui du maire, impossible de présenter une candidature. Le comité Québec 2030 en est bien conscient. Mais il pense pouvoir convaincre le maire de faire volte-face.

On n’est pas là pour être en guerre avec le maire.

Mark Charest

La stratégie du comité est la suivante : lancer une campagne de promotion pour rallier la population et le milieu des affaires. M. Charest vient d’ailleurs de créer un site internet (quebecjeux2030.com).

M. Charest estime qu’après la pandémie, la région de la capitale et le Québec en entier auront besoin d’un projet emballant pour stimuler la croissance économique, ce que les Jeux représentent.

« Si la communauté d’affaires dit ‟on ne veut rien savoir de votre projet”, alors le projet est mort. Mais si la communauté d’affaires trouve ça intéressant, alors le maire devra écouter », croit-il.

Puis il souligne que les élections municipales auront lieu en novembre 2021. « Alors peut-être qu’un nouveau maire pourrait trouver ça intéressant », lâche-t-il.

Régis Labeaume n’a pas encore annoncé s’il avait l’intention de solliciter un cinquième mandat.

Selon un récent sondage Léger mené pour le compte du Journal de Québec, 52 % des électeurs voteraient pour lui s’il se représentait. Son plus proche poursuivant, le leader de l’opposition officielle, Jean-François Gosselin, récoltait 16 % des intentions de vote.