Quelques mois à peine après avoir conclu la meilleure saison de sa carrière, Laurent Dubreuil a entrepris sa préparation depuis son domicile, où il peut jumeler entraînement et vie familiale. Et selon le principal intéressé, tous les espoirs sont permis en vue de la prochaine campagne.

mathieu fontaine
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« Ça va bien, je me sens encore mieux que l’année dernière! », a lancé Dubreuil, qui, en février dernier, est devenu le premier Québécois depuis Gaétan Boucher (1985) à monter sur le podium au cumulatif des Championnats du monde sprint, remportant l’argent à Hamar, en Norvège.

Mais ce n’est pas tout. Il termine la dernière saison au troisième rang des classements cumulatifs du 500 mètres et du 1000 mètres, en plus d’obtenir trois médailles d’argent aux finales de la Coupe du monde et d’être décoré du bronze au 1000 m des Championnats du monde par distances individuelles.

« J’étais définitivement dans les gars qui roulaient le plus à la fin de l’année, a réitéré le patineur de Lévis. Quand tu finis une saison comme ça, tu te dis toujours: "j’aurais aimé ça qu’il y ait une compétition de plus". On se sent presque invincible! »

À son retour d’Europe, Dubreuil a profité d’une pause d’un mois avant d’amorcer sa préparation physique dans la cour arrière de la maison afin de respecter les restrictions dues à la COVID-19. Cette situation inhabituelle lui a du même coup permis de passer du temps précieux avec sa copine et la petite Rose, qui a fêté son premier anniversaire le 12 juillet dernier.

« Je ne peux pas me plaindre! J’avais pas mal tout ce que j’avais besoin et j’ai pu rester à la maison quelques mois de suite. Avec Rose, on voit les progrès de jour en jour et c’est plaisant d’être là. Quand je suis revenu des Coupes du monde, elle ne marchait pas encore, mais là elle marche et elle commence à parler. Ce sont vraiment de beaux moments en famille! »

De retour sur la glace

Plus récemment, Laurent Dubreuil s’est joint à quelques-uns de ses coéquipiers de la Belle Province pour prendre part à des séances d’entraînement en groupe, notamment sur les installations extérieures du PEPS de l’Université Laval. De quoi revigorer la motivation.

« Ç’a fait du bien de retrouver le groupe! C’est surtout bon pour la motivation, parce que c’est toujours un peu plus difficile de s’entraîner seul. Ça donne un boost pour la deuxième partie de l’été », a admis celui qui célébrera son 28e anniversaire la semaine prochaine.

Dubreuil a aussi chaussé les patins pour une première fois au cours des derniers jours, sur courte piste, lui permettant de travailler sur ses départs. Et il aura rapidement la chance de se délier les jambes sur longue piste à l’occasion du premier camp préparatoire de l’équipe canadienne prévu du 2 au 16 août à Calgary.

« Si rien ne change, tous les membres de l’équipe canadienne seront présents. Nous pourrons faire du travail technique et ça va nous donner une idée à savoir où nous en sommes dans notre préparation », a poursuivi Dubreuil, qui compte écourter son séjour afin de revenir auprès de sa famille.

« Ce sera plus difficile de se séparer comme ça à nouveau, alors je vais revenir le 12 août. Je veux en profiter pour passer le plus de temps possible avec elles [sa copine et sa petite fille]. »

Il entreprendra ensuite les dernières étapes vers la saison, soit un second camp préparatoire en septembre, suivi des sélections nationales en octobre. Sans oublier les nombreuses séances d’entraînements physiques pour arriver au top de sa forme.

Confiant, mais prudent

Laurent Dubreuil se sent gonflé à bloc pour la prochaine saison et il souhaite répéter ses exploits, voire améliorer ses classements. S’il se fie à son entraînement actuel, tout indique qu’il sera encore une fois en mesure de se démarquer.

« Je me sens vraiment bien! Les charges [en musculation] que je fais présentement à l’entraînement sont vraiment meilleures que l’année dernière, alors c’est très encourageant. »

Dubreuil fera toutefois face à un double défi au cours des prochaines semaines. Il devra intégrer cette force physique à sa technique de patinage, dans un contexte où aucune compétition n’a encore été confirmée par l’Union internationale de patinage.

« C’est difficile de se faire des attentes, parce que si la saison est compromise, la déception sera encore plus grande », a expliqué celui qui attend avec impatience la publication de l’horaire des compétitions internationales prévue à la fin août.

D’ici là, il reste concentré sur ses objectifs et sur la tâche à accomplir. Surtout à la veille d’une saison de qualification olympique.

« Pour bien faire aux Olympiques, il faut toujours s’entraîner au meilleur de nos capacités. Tout le monde se prépare pour une saison normale et personne ne prend ça à la légère. Peu importe ce qui arrivera, je serai prêt », a conclu Dubreuil.