Encore une fois cette année, la crème de la crème du surf des neiges canadien s’entraînera chez Maximise, à Sainte-Agathe-des-Monts. Et c’est sous l’oeil attentif de Maxime Héneault, fondateur et entraîneur-chef du centre national d’entraînement, que Laurie Blouin, Maxence Parrot et Sébastien Toutant, entre autres, s’entraîneront au cours de la saison estivale.

Sportcom

« Nous sommes maintenant prêts à les recevoir! Notre équipe a fait tout un travail incroyable pour respecter les nouvelles réglementations. Ç’a été un beau challenge et nous sommes fiers de pouvoir lancer nos activités », a lancé Héneault, qui a finalement pu ouvrir les portes de Maximise la semaine dernière.

L’ex-planchiste professionnel aura donc la chance de renouer au cours des prochains mois avec plusieurs athlètes qu’il connaît depuis longtemps et avec qui il entretient un lien d’amitié étroit. « Ça fait très longtemps que je connais Laurie, Max et Sébastien ! J’ai commencé à les entraîner quand ils étaient adolescents et, encore aujourd’hui, on continue de travailler ensemble. »

L’une des premières à se rapporter à l’entraînement sera Laurie Blouin, qui a bien hâte de retrouver sa planche après une saison trop courte, mais gratifiante avec une récolte de cinq médailles, dont une en or.

« Dès la semaine prochaine, je vais recommencer à faire du snow deux à trois fois par semaine au moins. Le confinement a été assez rough personnellement. J’aime ça quand ça roule et quand j’ai quelque chose à faire, alors je suis très contente que ça recommence », affirme-t-elle.

Pour sa part, Sébastien Toutant poursuit l’entraînement physique depuis son domicile et compte également effectuer quelques présences à Sainte-Agathe-des-Monts au cours des prochaines semaines, avant de reprendre sa planche « à temps plein » dès la fin juillet.

« J’ai déjà recommencé tranquillement, un peu plus à distance. Ça va faire du bien d’y retourner pour faire un peu de snow et du trampoline » fait savoir Toutant qui a dû composer avec les blessures au cours de la dernière saison, récoltant tout de même une médaille d’or en Coupe du monde, sa première compétition après une pause de près d’un an.

« Ç’a été up and down, surtout avec mes fractures aux côtes. Ça m’a enlevé quand même pas mal de temps, mais je demeure quand même content. J’ai gagné le slopestyle à Laax (Suisse) et ç’a fait du bien ! C’était un bon feeling. »

Les JO dans la mire

À quelques mois du début de l’année de qualification olympique, la coopération sera primordiale pour les planchistes de la Belle Province qui souhaitent tous profiter de l’été pour « aller chercher plus de constance », tout en ajoutant quelques manœuvres à leurs routines respectives. À l’entraînement, ils assurent que l’entraide et la camaraderie règnent en tout temps.

« On essaie d’utiliser ça à notre avantage, lance Blouin. J’aime ça m’entraîner avec eux (les gars). On réussit toujours à se pousser encore plus. On se conseille et ça donne une ambiance vraiment cool ».

« C’est motivant pour tout le monde ! On se connaît depuis longtemps et on n’hésite jamais à se donner des trucs », ajoute quant à lui Toutant. « Ce sera une grosse année! Il y aura plusieurs compétitions importantes et il faudra être prêts. On veut tous aller aux Jeux olympiques et nous allons travailler avec cet objectif en tête », spécifie Toutant, champion olympique en titre au Big Air.

Même si l’enjeu est grand, pas question de se mettre de pression inutile pour Laurie Blouin. « Le but, c’est de ne pas se poser de question avant de descendre. Pour ça, il faut répéter les mouvements le plus souvent possible et ne pas hésiter à se donner un coup de main. Après ça, ce sera plus facile d’exécuter en compétition et d’obtenir les résultats espérés. »

Un centre unique en son genre

Encore à ce jour, Maximise peut se vanter d’être l’un des seuls centres d’entraînement au monde à détenir les installations requises pour faire du freestyle hiver comme été. Du trampoline au Big Air, en passant par le slopestyle, rien n’est laissé au hasard.

« J’en ai visité plusieurs, que ce soit aux États-Unis, au Japon ou ailleurs. Par contre, c’est rare que je vois des installations aussi belles que les nôtres avec un super tramp et un airbag landing au même endroit », mentionne Héneault avec modestie.

« Je ne dis pas ça pour nous vanter, mais nous sommes reconnus à l’échelle mondiale et c’est vraiment une fierté pour Maximise. Nous nous sommes toujours adaptés en fonction des demandes des athlètes de haut niveau et on continue de développer le centre. »

« On est chanceux ! Le centre auquel on a accès, il n’y en a pas vraiment ailleurs en Amérique du Nord. La preuve, c’est que chaque année, des athlètes et des équipes de partout viennent s’y entraîner avant la saison », poursuit Toutant.

L’été 2020 s’annonce toutefois bien différent pour Maxime Héneault et son équipe qui ne pourront vraisemblablement pas accueillir ces visiteurs étrangers. Mais pas question de se laisser décourager par la situation actuelle.

« Ça représente environ 60% de notre chiffre d’affaires, mais on ne ménage pas nos efforts pour autant. Nous avons toujours de nouvelles idées et nous allons continuer de diversifier notre offre pour accueillir d’autres athlètes et éventuellement, peut-être même d’autres disciplines sportives. »

De la planche aux verts

Avec un horaire aussi chargé que celui d’un planchiste professionnel, rares sont les moments où les athlètes peuvent pratiquer d’autres sports. La saison estivale représente donc le moment parfait pour diversifier leur agenda hebdomadaire et s’améliorer dans leur discipline de prédilection par l’entremise du multisport.

Ainsi, le wake-surf, le vélo de montagne, le motocross et autres font partie du quotidien pour Blouin et Toutant. Mais les deux s’entendent pour dire que le golf demeure leur passe-temps favori pendant l’été.

« J’ai commencé il y a quelques années et j’adore ça ! C’est très technique et ça travaille l’aspect mental », explique Blouin, sans doute influencée par Toutant, qui se réserve toujours entre cinq et sept départs par semaine.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il excelle tant sur les pentes que sur les allées. « J’ai pogné ça assez vite », avoue celui qui joue en moyenne entre 77 et 80.

« J’ai beaucoup de fun à jouer. Ça demande technique et concentration, alors on peut reprendre certains aspects du golf dans notre sport. Sinon, c’est comme le reste : plus on pratique, plus on s’améliore », a-t-il conclu.