Le calvaire de Geneviève Simard se poursuit. Sa saison en dents de scie a atteint un nouveau creux lors du slalom géant des Championnats du monde de Val d'Isère, jeudi matin. Avant même de s'élancer pour la première manche, ses nerfs avaient lâché. Après quatre virages, sa course était finie.

Simon Drouin LA PRESSE

«Ce n'est vraiment pas drôle, vraiment pas facile ce qui m'arrive», a confié Simard en entrevue téléphonique quelques heures après la course.

Simard est pourtant arrivée aux Mondiaux gonflée à bloc. Après un repos de quelques jours au Québec, elle a enchaîné avec une excellente semaine de préparation en Autriche. Mercredi, à Val d'Isère, elle a réussi cinq solides descentes d'entraînement. Même son entraîneur, Mark Sharp, était impressionné.

Jeudi matin, ses démons l'ont rattrapée. La skieuse de Val-Morin s'est réveillée en sueur, nerveuse, l'estomac à l'envers. La perspective d'affronter un slalom géant sur la Face de Bellevarde, la piste offrant à ses yeux le plus grand défi de sa carrière, l'a peut-être achevée.

«Je n'ai pas su gérer les émotions. Ça m'a vraiment affectée. Ce n'est pas du tout une excuse. C'est juste comment je me sentais», a dit Simard, à court d'explications.

Ses attentes n'étaient pas énormes. Simard connait un hiver difficile après avoir manqué une saison complète en raison d'une importante opération à un genou. L'auteure de cinq podiums en Coupe du monde était donc loin de figurer parmi les favorites à Val d'Isère. Elle souhaitait simplement compléter deux bonnes manches, sans pression et sans égard aux résultats.

Or l'athlète de 28 ans n'a jamais été aussi nerveuse, même quand elle avait réalisé le deuxième temps de la première manche aux Mondiaux précédents d'Are, en Suède.

«Il y a clairement un problème, n'a pu que constater Simard. Il va falloir que j'apprenne à contrôler mon anxiété. Ce n'est pas drôle, à 28 ans. Ce n'est qu'une course de ski. Ce n'est pas une question de vie ou de mort. Il va falloir que je trouve une solution parce que j'aimerais finir la saison en beauté.»

Le prochain slalom géant de la Coupe du monde est prévu le 6 mars à Ofterschwang, en Allemagne. En attendant, Simard rentre au Québec pour refaire ses forces. Elle compte passer du temps en gymnase pour reprendre les cinq à 10 livres perdues au fil de l'hiver. «Avec le stress, j'ai un peu fondu», a-t-elle indiqué.

Sinon, elle veut passer du temps en famille et profiter de la nature en raquettes, en skis ou en patins. «N'importe quoi pour m'oxygéner le cerveau», a-t-elle dit. Elle aimerait également assister à un match du Canadien «en espérant que ça aussi ne soit pas déprimant...»

Préfontaine 35e

La sortie de piste de Simard a été l'image de la journée pour l'équipe technique canadienne, dont les membres ont été sévèrement rabroués par les entraîneurs lors d'une rencontre houleuse en début d'année.

Britt Janyk, une ancienne spécialiste des épreuves techniques maintenant avec l'équipe de vitesse, a été la seule à se qualifier pour la deuxième manche. Elle a fini 26e.

À peine remise d'une blessure à un genou subie il y a deux semaines, Marie-Pier Préfontaine, de Saint-Sauveur, a réussi le 36e temps de la première manche. La recrue de 20 ans a fini à plus de six secondes de la meneuse, illustration éloquente du niveau de difficulté de la Bellevarde. Elle a grimpé d'un échelon à la suite de la disqualification d'une concurrente en manche ultime.

Surprenante neuvième du géant de Cortina d'Ampezzo, Marie-Michèle Gagnon, de Lac-Etchemin, a été victime d'une sortie de piste en première manche.