(Toronto) Il y a presque un an jour pour jour, Manuel Osborne-Paradis a violemment chuté à Lake Louise, à sa première séance d’entraînement en vue de sa première course de la saison, à la Coupe du monde de ski alpin.

Lori Ewing
La Presse canadienne

Physiquement, l’athlète de 35 ans de North Vancouver se sentait bien. Son équipement répondait bien. Mais à mi-parcours, Osborne-Paradis a commis une « erreur idiote, (j’ai fait) un virage nonchalant où je n’étais pas au-dessus du ski extérieur comme j’aurais dû l’être. »

Il a heurté de la neige molle avant de percuter les filets de sécurité, brisant tellement son tibia et son péroné qu’il craignait de perdre sa jambe. Peu de gens ont pensé qu’il skierait encore.

PHOTO TIRÉE D’INSTAGRAM @MANNY_SKI

Le skieur Manuel Osborne-Paradis, le surlendemain de son accident à la descente d’entraînement de la Coupe du monde de Lake Louise, survenu le 21 novembre 2018.

« Je n’avais même pas arrêté de glisser que je me disais “Oh-oh, c’est cassé” », a dit Osborne-Paradis.

Osborne-Paradis a peu parlé en public de cette journée horrible. Son avenir était tellement incertain. Mais il prépare un retour, espérant terminer sa carrière aux Jeux olympiques de Pékin, en 2022. Ce serait un retour exceptionnel pour celui qui a gagné 11 médailles à la Coupe du Monde.

Il a eu deux interventions chirurgicales majeures et sept interventions mineures en 12 jours. Ses os sont rapiécés par des plaques, 13 vis et du ciment osseux. Les médecins ne pouvaient pas sauver le tibia, le remplaçant par l’os de la hanche d’un cadavre.

Son cas est devenu bien connu de la communauté médicale de Calgary.

« J’étais au terrain de golf l’autre jour et cette femme promenant son chien m’a dit : “Es-tu Manny ? Je suis médecin à Calgary, j’ai entendu parler de ta jambe et oh mon dieu que ce n’était pas joli” », a raconté Osborne-Paradis.

Il est compréhensible que certaines personnes lui ont dit qu’il ne skierait plus jamais.

PHOTO TIRÉE D’INSTAGRAM @MANNY_SKI

Photo prise le 21 novembre 2018.

« Avec cette attitude, effectivement c’est terminé, a-t-il déclaré. Mais la seule raison pour laquelle je suis monté sur le podium ou si j’ai remporté des courses, c’est parce que vous défiez les probabilités. Si vous ne faisiez que regarder les probabilités, personne ne ferait du sport. J’ai donc l’impression que ce n’est qu’un obstacle de plus. »

« Mon équipe, mes commanditaires et moi-même, nous avions tous pour objectif de nous rendre aux prochains Jeux olympiques, et pour l’instant, nous ne pouvons pas écarter la possibilité. »

« Il y a un processus pour revenir. C’est possible. J’ai skié à un niveau élevé, et si je peux revenir à 95 ou 100 %, il n’ya aucun doute dans mon esprit et dans celui de mon équipe que je peux encore monter sur le podium. »

Le Britanno-Colombien a connu des revers. Il a poussé la note trop fort en gymnase en rééducation, cassant toutes ses vis sauf quatre. Les médecins ont opté contre une nouvelle opération, et donc les vis restent en place. Cela a repoussé de plus de deux mois son rétablissement.

Il n’a toujours pas été autorisé à skier, mais il prévoit qu’il sera de retour sur la neige cet hiver. Il prévoit faire partie de compétitions la saison prochaine.

Il sait qu’il y aura de la peur lorsqu’il s’accroupira dans la case de départ, à son retour. Mais la peur fait partie intégrante de la carrière de tout skieur.

« Un skieur est toujours conscient qu’il peut se blesser, a dit Osborne-Paradis. Vous apprenez à vaincre ces démons et à chaque course, il y a quelque chose qui vous fait peur. C’est à quoi sert l’entraînement, normaliser ce qui est extrême. »