L’hiver 2019 restera longtemps dans la mémoire de Laurie Blouin en raison de sa médaille d’or obtenue lors de la compétition de Big Air aux prestigieux X Games. « Même aujourd’hui, quand j’y repense, c’est toujours aussi fou. Ça rajoute un gros quelque chose à ton bagage », dit-elle près de neuf mois plus tard.

Pascal Milano Pascal Milano
La Presse

C’est ce rendez-vous marquant, mais aussi l’ensemble de sa dernière saison que la planchiste revisite dans son court métrage intitulé Uprise. D’une durée de 10 minutes, le film a d’abord été présenté et primé au High Five Festival d’Annecy avant de débarquer au festival IF3 à Montréal (du 17 au 19 octobre). Les images ont été tournées par son copain, JF Houle, qui l’a suivie durant une bonne partie de l’hiver.

« Je voulais sortir une vidéo, mais pas forcément un projet qui soit présenté dans les festivals. Vers la fin de la saison, on s’est rendu compte qu’on avait assez de contenu et de vidéos pour faire un court métrage. Je suis contente du résultat. »

De manière condensée, on pourra la voir dans différents parcs à neige ou dans la poudreuse du parc national de la Jacques-Cartier. Bien évidemment, la caméra l’a suivie durant les nombreuses compétitions qu’elle a disputées au cours de la saison. Impossible de ne pas s’arrêter sur les X Games, dont elle est revenue gagnante pour sa toute première participation.

Je parle un peu pendant que l’on voit les images des X Games. Je parle de mes feelings et de ce que je ressentais sur le moment. Uprise n’est pas un documentaire, mais c’est le fun d’avoir une narration.

Laurie Blouin

Ce court métrage devrait en appeler d’autres au cours des années à venir. La planchiste de Stoneham reconnaît que ce type de projet peut apporter une plus-value dans la carrière d’un athlète. « Ça dépend de la vision de chacun. Il y en a qui font juste les compétitions et qui ne s’en préoccupent pas. Selon moi, c’est important d’essayer de te faire valoir auprès des gens et des commanditaires. »

Après sa diffusion dans les festivals, le court métrage devrait être en ligne, en novembre ou décembre, sur les différentes plateformes de l’athlète.

Peu de vacances

Au terme de sa saison, Laurie Blouin s’est accordé quelques semaines de congé. Après un voyage au Costa Rica, elle a rapidement repris l’entraînement. La saison d’une planchiste ne se limite désormais plus à la saison froide.

Elle a ainsi eu des camps en Europe et en Colombie-Britannique, mais a aussi participé aux X Games Europe, qui se sont déroulés à la fin du mois d’août en Norvège. Elle a pris la quatrième place de la compétition du Big Air en raison, notamment, d’un premier saut raté. La configuration des lieux l’a grandement surprise.

« La rampe passait à travers le toit. C’était assez spécial parce qu’on ne voyait pas d’où on partait. C’était vraiment une drôle de sensation et je ne peux pas dire que j’ai aimé ça. En plus, le saut n’était pas si gros, ce qui était particulièrement difficile de faire les manœuvres. »

Dans les derniers jours, elle a repris le chemin de l’Europe pour un camp avec l’équipe canadienne. Sa saison recommencera dès le début du mois de novembre. Qu’attend-elle en particulier ?

« Les X Games encore. Je ne peux pas affirmer avec certitude que je vais être invitée, mais il ne devrait pas y avoir de problème. Sinon, je veux repousser mes limites et avoir du plaisir. C’est la base, et, après, le reste vient tout seul. »

Avenue, le parcours d’ABM retracé

Alex Beaulieu-Marchand présentera lui aussi un court métrage dans le cadre du festival IF3. Avenue, d’une durée de 17 minutes, retrace tout son parcours, de sa progression en ski urbain dans la ville de Québec jusqu’aux derniers X Games où il a remporté trois médailles.

PHOTO YAN DOUBLET, ARCHIVES LE SOLEIL

Alex Beaulieu-Marchand

« Beaucoup de gens me connaissent pour l’aspect compétitif de mes performances, mais j’ai vraiment grandi à filmer chaque année. Mon rêve était de faire des films de ski, dit-il. Je ne faisais pas beaucoup de compétitions quand j’étais plus jeune. J’étais vraiment un passionné de free ski. »

Avec Avenue, le skieur acrobatique voulait autant satisfaire les passionnés de ski qu’un public plus large. Il voulait donc un bon mélange entre de l’action et des images montrant l’envers du décor. Une bonne partie d’Avenue se concentre d’ailleurs sur le tournage de sa capsule de Real Ski, soit le volet vidéo des X Games.

Le film présente vraiment tout ce qui s’est passé derrière ces images de 90 secondes. C’est un style un peu documentaire parce qu’il y a quelques interviews et parce qu’on montre ce qui se passe au jour le jour.

Alex Beaulieu-Marchand

La dernière partie du court métrage se déroule au Colorado, lorsque l’athlète de 25 ans remporte des médailles dans les compétitions de Big Air, de descente acrobatique et de Real Ski. Ces deux volets compétitifs/artistiques résument parfaitement la personnalité de Beaulieu-Marchand.

« Le côté vidéo permet de faire ressortir le côté artiste de notre sport. En compétition, on a des choses à faire et on doit impressionner les juges. Le Real Ski et le ski urbain m’ont permis de me laisser aller dans ma créativité à 100 %. »

Beaulieu-Marchand est revenu, lundi, d’un camp en Nouvelle-Zélande. « J’ai skié pendant deux semaines, puis j’ai pris deux autres semaines pour visiter. C’est un pays incroyable, souligne-t-il. C’était un bon camp d’entraînement, même si une chute ne m’a pas permis de skier à 100 %. La blessure est maintenant guérie et je suis en forme pour la saison. »

Il démarrera sa saison au début du mois de novembre avec une compétition de Big Air qui se tiendra à Modène, en Italie.