La Québécoise Brittany Phelan, vice-championne olympique de ski cross, pleure la mort de sa jeune coéquipière et amie Mikayla Martin, 22 ans, qui s’est tuée mardi dans un accident de vélo de montagne.

Simon Drouin Simon Drouin
La Presse

Mardi matin, Mikayla Martin était au Whistler Athletes’ Centre pour un entraînement en gymnase avec la Québécoise Brittany Phelan et ses partenaires de l’équipe canadienne de ski cross. La séance quotidienne s’est conclue dans la bonne humeur par des exercices d’assouplissement. Les filles se disaient à quel point elles étaient chanceuses de pratiquer un sport comme métier.

Comme d’habitude, Martin est retournée chez elle à Squamish, à trois quarts d’heure de route au sud de Whistler. Avec un ami, elle est partie faire du vélo de montagne dans le parc provincial Stawamus Chief. Elle n’est jamais revenue.

Victime d’un accident, elle a été secourue par des représentants du Squamish Search and Rescue. Ils ont pratiqué des manœuvres pour la garder en vie avant de la transporter vers un hélicoptère-ambulance, selon un compte rendu du détachement local de la Gendarmerie royale du Canada. Mikayla Martin n’a pas survécu à ses blessures. Elle avait 22 ans.

Phelan a appris sa mort le lendemain matin, peu après son arrivée au gymnase, étrangement vide. Sa coéquipière Marielle Thompson, championne mondiale, a reçu un appel d’une représentante de Canada Alpin lui annonçant la triste nouvelle.

Tiana Gairns et Zoe Chore, deux autres membres de l’équipe, sont venues les rejoindre.

On a pleuré ensemble pendant une heure. C’est vraiment dur, on était toutes pas mal proches de Mikayla. C’est vraiment épouvantable. On n’en revient pas encore.

Brittany Phelan

Phelan a passé la journée de mercredi avec Gairns et Chore. Elles ont fait une marche de trois heures autour de Lost Lake, se rappelant des anecdotes au sujet de leur coéquipière, vedette montante du ski cross. Phelan les a accueillies chez elle pour la nuit, où elles ont peu dormi.

Imprimer sa marque

Arrivée dans l’équipe nationale de ski cross en 2017, Mikayla Martin a eu le temps d’imprimer sa marque. Phelan la connaissait déjà depuis trois ou quatre ans. Elle l’avait hébergée quelques semaines alors qu’elle participait à un stage de l’équipe de ski alpin de la Colombie-Britannique à Whistler.

« On avait fait du vélo de montagne ensemble, s’est souvenue l’athlète originaire de Mont-Tremblant. Elle était quand même bonne. Moi, je commençais, j’étais correcte, mais j’ai beaucoup appris d’elle. »

PHOTO LOIC VENANCE, AGENCE FRANCE-PRESSE

La Québécoise Brittany Phelan, vice-championne olympique de ski cross

Un an plus tard, Martin a appelé la Québécoise pour s’enquérir des spécificités du ski cross. Phelan, ancienne de l’équipe alpine canadienne, lui a dit qu’elle aurait le profil de l’emploi.

« Elle pensait peut-être aller faire du ski alpin dans une université aux États-Unis, mais elle a vu que je m’amusais vraiment beaucoup en ski cross. J’adorais ça. Elle aimait beaucoup être dans les airs, elle faisait des sauts périlleux arrière sur ses skis. Que je sois là ou non, je crois qu’elle serait venue en ski cross, mais j’étais contente de voir arriver une nouvelle amie. »

Championne mondiale junior en 2018, Mikayla Martin a disputé sa première saison de Coupe du monde l’hiver dernier, terminant deux fois parmi les 10 premières. La native de Squamish a atteint les demi-finales aux Championnats du monde de Solitude, en Utah, mais elle a fait une lourde chute alors qu’elle se trouvait tout juste derrière Phelan. Victime d’une commotion, elle a raté le reste de la saison.

« Elle était vraiment intrépide, a témoigné la médaillée d’argent olympique en 2018. Elle vivait chaque jour comme si c’était le dernier. Elle me poussait aussi. »

Je me suis toujours vue comme la fille qui n’avait peur de rien, prête à tout essayer sur ses skis ou dans n’importe quel sport. Puis Mikayla est apparue et j’ai réalisé que je n’étais pas la seule qui ne craignait rien. En même temps, elle calculait vraiment bien ce qu’elle tentait.

Brittany Phelan

Phelan regrettera son amie, qui lui a fait vivre l’un des plus beaux stages d’entraînement de sa vie, le mois dernier en Australie.

« Du matin au soir, elle voulait faire le plus de choses amusantes possible. À défaut d’un meilleur terme, elle était un boute-en-train. Avant tout, elle était simplement une athlète et une amie fantastique. Ce que j’aimais le plus d’elle, c’était à quel point le ski et tous les sports la passionnaient. Elle travaillait tellement fort. Elle mettait son cœur et son âme dans tout ce qu’elle faisait. Elle ne le faisait pas parce que c’était cool, elle le faisait parce qu’elle adorait ça. »

Hier après-midi, Phelan, Gairns et Chore ont pris la route de Squamish pour rendre visite aux parents de leur regrettée coéquipière.