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C'est qui ça, Le Guellec?

Jean-Philippe Le Guellec... (Photo: PC)

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Jean-Philippe Le Guellec

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À ses débuts sur le circuit de la Coupe du monde de biathlon, il y a trois ans, Jean-Philippe Le Guellec trouvait les champions plutôt antipathiques. Les regards étaient froids et distants et la communication, inexistante. Avec le temps, il a fini par comprendre que le respect, ça se gagne à la performance.

Et le jeune biathlonien venu du Québec s'y applique plutôt bien ces temps-ci. Le Guellec s'est classé quatre fois parmi les 20 premiers lors des cinq premières épreuves de la saison. Samedi dernier, il a frappé un grand coup en prenant le huitième rang de la poursuite de 12,5 kilomètres à Hochfilzen, en Autriche. Il égalait ainsi le meilleur résultat canadien de l'histoire en biathlon masculin. La massothérapeute de l'équipe canadienne a commencé à se faire demander: c'est qui ça, Le Guellec?

Le lendemain, à l'occasion du relais, le principal intéressé a senti un changement d'attitude chez ses adversaires. Le Canada a pris le septième rang, une autre performance record. «À partir du moment où tu perces ce niveau-là, il y a un genre de respect qui s'installe», constatait Le Guellec en entrevue téléphonique depuis l'Autriche, plus tôt cette semaine.

Malgré la friture sur la ligne, la fierté de cet athlète reconnu pour son humilité était palpable. «Ça fait de quoi certain! a convenu l'athlète de Shannon, au nord de Québec. Ça te fait réaliser l'impact de ce qui se passe présentement.»

Mine de rien, Le Guellec pointe au 15e rang du classement général, largement dominé par les Européens, bien sûr. Un seul autre Nord-Américain figure parmi les 45 premiers.

Le Guellec attribue ses succès actuels à ses performances de l'hiver dernier. Quelques résultats parmi les 30 premiers ont fait tomber une barrière psychologique. Sachant ce qu'il pouvait accomplir, il a entrepris l'entraînement estival avec une motivation décuplée. Il n'en a pas fait beaucoup plus, précise-t-il, mais l'a fait beaucoup mieux.

Il a donc entrepris la saison gonflé à bloc, mais en se gardant une certaine réserve. Pas de déclarations à l'emporte-pièce ou d'objectifs irréalistes pour attirer l'attention des médias. «La confiance, ce n'est pas quelque chose que tu veux crier sur tous les toits», dit-il.

En son for intérieur, une place parmi les 20 premiers, même les 15 premiers, représentait un objectif atteignable. «Mais c'est sûr et certain que je ne m'attendais pas à le faire aussi tôt dans la saison», précise l'athlète, qui avait été surclassé afin de pouvoir participer aux Jeux olympiques de Turin en dépit de ses 20 ans.

La théorie scientifique voulant que les athlètes de sports d'endurance n'atteignent leur apogée qu'à l'âge de 28 ou 29 ans, Le Guellec y croit un peu moins. Il en veut pour preuve les performances du Norvégien Emil Hegle Svendsen, qui a le même âge que lui et qui domine le circuit présentement. Le Québécois l'avait devancé lors de sa victoire aux championnats du monde de 2004 dans la catégorie benjamin (17-18 ans).

En revanche, Halvard Hanevold, un autre Norvégien, vient d'avoir 39 ans et il figure toujours parmi les meilleurs de sa profession. Même chose pour Ole Einar Bjoerndalen, 34 ans. «Les Norvégiens ont toujours été reconnus pour leur efficacité technique en ski», souligne Le Guellec.

Samedi dernier, Le Guellec a conclu la poursuite à 65 secondes du gagnant, Svendsen. Subitement, le podium ne paraît plus un objectif si éloigné. «Je ne veux pas trop m'avancer parce que j'ai déjà surpassé d'assez loin ce que je m'étais établi comme objectif cette année. Mais c'est sûr et certain que j'y rêve. Si j'enligne une méchante course...»

La saison est jeune et Le Guellec préfère se concentrer sur son ski et sa façon d'aborder les séquences de tir. Les résultats suivront.

Ce matin, il prendra le départ de l'épreuve individuelle de 20 kilomètres, toujours à Hochfilzen, en remplacement d'une Coupe du monde annulée en Slovénie. Après deux semaines déjà bien remplie en Europe - un marathon de six épreuves en 10 jours - la prochaine course promet d'être exténuante. «Le parcours ici est difficile, avec de très bonnes côtes, note Le Guellec. Les conditions sont aussi extrêmement lentes en raison de la neige. En considérant ces facteurs, il y a moyen de se faire mal bien comme il faut!»

 




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