Les déclarations incendiaires d'un dirigeant des Red Wings de Detroit ne vont certes pas aider à régler le conflit de travail qui paralyse la Ligue nationale de hockey, selon l'attaquant Mathieu Darche.

Mis à jour le 24 sept. 2012
Richard Labbé LA PRESSE

Darche, l'un des représentants de l'Association des joueurs dans le présent conflit, n'a pas été si surpris par les récents commentaires de Jim Devellano. Dans une récente entrevue publiée sur le site web de Island Sports News, Devellano, vice-président senior du club de Detroit, a affirmé que les propriétaires du circuit sont le «ranch», et les joueurs, le «bétail».

«Ce n'était pas la chose la plus brillante à dire, a fait savoir Darche, joint hier au téléphone par La Presse. En même temps, il n'y a personne qui est surpris au sein de l'Association des joueurs. On le sait que les propriétaires, en majorité, pensent comme ça. Il y en a qui ne pensent pas de cette façon, comme Geoff Molson à Montréal. Mais plusieurs pensent exactement comme lui.»

Dans son entrevue avec Island Sports News, Devellano ne s'est pas retenu, y allant de commentaires qui ont valu une amende plutôt salée aux Red Wings de Detroit. Selon le réseau TSN, les Wings auraient reçu une pénalité de quelque 250 000 $ pour les paroles de Devellano.

«Les propriétaires peuvent essentiellement être vus comme le ranch, et les joueurs, incluant moi-même, sont le bétail, a déclaré le dirigeant des Red Wings. Les propriétaires possèdent le ranch et laissent les joueurs y manger. Il en a toujours été ainsi, et il en sera toujours ainsi. Et les propriétaires ne vont tout simplement pas se laisser bousculer par un syndicat. Ça n'arrivera pas.»

La sortie maladroite de Devellano - il a indiqué que ce conflit de travail est «une grève» - n'a évidemment pas été accueillie favorablement par l'Association des joueurs.

«Ça fait longtemps qu'on réalise que les propriétaires voient les joueurs comme une pièce de viande, a ajouté Mathieu Darche. Pour eux, nous ne sommes qu'un numéro. C'est clair quand on lit des commentaires comme ça.»

Collusion chez les proprios?

Devellano n'est peut-être pas au bout de ses peines. Dans le même texte, son commentaire concernant l'offre des Flyers de Philadelphie au défenseur Shea Weber cet été, alors joueur autonome avec restriction («je vais vous le dire, il y a un règlement non écrit qui dit qu'on ne fait pas ça»), pourrait laisser croire qu'il y a collusion parmi les propriétaires du circuit sur ce plan.

«C'est vraiment bizarre qu'il dise ça, a laissé savoir Mathieu Darche. Il dit qu'il y a une entente non écrite entre les propriétaires envers les agents libres avec compensation... c'est de la collusion, je croyais que c'était illégal de faire ça.»

Cette récente sortie de Jim Devellano ne va certes pas aider au climat des relations entre joueurs et propriétaires, déjà fort tendu depuis le début du lock-out il y a un peu plus d'une semaine. En fin de semaine, un texte du Toronto Star, citant une source anonyme, laissait entendre que la LNH pourrait menacer d'annuler la Classique hivernale, un match de première importance pour la ligue, qui a lieu chaque 1er janvier. «Je me demande d'où ça sort cette source-là», a commenté Mathieu Darche, avec une pointe d'ironie dans la voix.

Les joueurs et la LNH doivent se rencontrer aujourd'hui à Toronto afin de discuter des revenus rattachés au hockey lors de la dernière saison. Il ne sera aucunement question de la prochaine convention collective, et aucune autre négociation n'est prévue pour le moment entre les deux parties.