La Coupe Stanley reviendra-t-elle au Canada?

Marc Antoine Godin LA PRESSE

Après la déconfiture des Canucks à Boston, lundi soir, les gens de Vancouver retiennent leur souffle en attendant de voir si leur équipe favorite leur refera le coup de 1994, soit d'échapper la Coupe Stanley lors du septième match de la finale.

À travers la LNH, on s'étonnait encore, en deuxième ronde des séries, du succès que connaissaient les équipes jouant sur les patinoires adverses. Or, la tendance a dramatiquement changé en finale, aucune formation n'ayant été maître dans l'antre de l'ennemi.

Les Bruins de Boston sont confiants de pouvoir changer la donne au moment le plus opportun, car ils ont perdu leurs trois matchs à Vancouver par la marge d'un but. Tandis que les Canucks, eux, se sont faits savonner quand ils ont mis le pied au TD Garden...

«C'est dur à expliquer, mais ce qui s'est passé auparavant n'a plus d'importance, a invoqué Patrice Bergeron. Il ne faut pas s'occuper de ces choses-là. Il faut rester dans notre bulle, quitte à utiliser l'énergie de la foule de Vancouver à notre avantage.»

Si les Canucks n'ont marqué que huit buts en six matchs dans cette série, les Bruins ne sont pas plus satisfaits de leur production -du moins lors des matchs qui se sont déroulés à Vancouver.

«Il faut trouver le moyen de jouer le même genre de match, seulement de mieux le jouer», a suggéré le centre David Krejci.

Une Coupe pour les vétérans?

À 43 ans, Mark Recchi ne demanderait pas mieux que de mettre un terme à sa carrière en remportant une troisième Coupe Stanley. Outre le rude Shawn Thornton, qui a joué 15 matchs de séries en 2007 avec les Ducks d'Anaheim, Recchi est le seul joueur des Bruins à avoir vécu une telle expérience.

Et il sait très bien quel message transmettre à ses coéquipiers.

«Nous avons eu de la pression toute l'année et durant toutes les séries, a dit Recchi. Là, tout est réduit à un seul match. Il n'y a plus de pression. Allons jouer et ayons du plaisir.»

Brandir la Coupe siérait bien aussi au gardien de 37 ans Tim Thomas, qui voit ce match décisif comme l'occasion d'une vie.

«Quand tu es petit et que tu joues au hockey dans le garage, c'est dans un septième match que tu te projettes, pas dans un sixième», a candidement lancé Thomas, qui par ailleurs ne veut rien entendre du trophée Connie-Smythe qui risque fort de lui être remis.

«J'aurai tout l'été pour penser à ça, a-t-il dit. À l'heure actuelle, le principal objectif que nous nous sommes fixé en tant qu'équipe n'a pas encore été atteint, et toute notre attention est là-dessus.»

Raymond a le dos brisé

Mason Raymond, dont les séries ont pris fin tôt dans le dernier match, a subi une fracture d'une vertèbre par compression, le genre de blessure qui nécessitera de quatre à six mois d'inactivité.

«La rondelle n'était pas dans les parages et le joueur (Johnny Boychuk) a utilisé la technique de l'ouvre-boîte pour entraîner Mason vers la bande et lui casser le dos», a souligné le DG des Canucks Mike Gillis, qui fulminait encore devant l'inaction de la LNH dans ce dossier.

«Compte tenu de la sévérité de la blessure telle qu'elle me l'a été expliquée par les médecins, c'était un jeu très, très dangereux. À quand remonte un incident où un joueur s'est brisé le dos?»

Gillis a admis qu'il y avait eu une inquiétude vite dissipée à l'effet que Raymond ne puisse plus marcher.

«Mais disons que si nous sommes en mesure de compter sur lui en novembre prochain, je serai très heureux.»

Des Canucks amochés

La perte de Raymond plombe l'aile des Canucks, qui en plus de compter quelques blessés, ont plusieurs éclopés qui seront quand même en uniforme mercredi.

On pense entre autres à l'excellent Ryan Kesler, réduit à une seule mention d'aide en six matchs...

La bonne nouvelle pour les hommes d'Alain Vigneault, c'est qu'il ne sert plus à rien de garder des énergies en réserve!

«Tout le monde est correct, a clamé Vigneault avec un sourire en coin. C'est le meilleur moment de l'année et c'est un honneur que de pouvoir jouer un septième match.

«Tous ceux qui seront disponibles pour jouer se donneront à 100%.»