Marc-André Fleury n’a pas souhaité réagir aux graves allégations qui pèsent sur les joueurs de l’équipe canadienne ayant pris part au Championnat mondial junior 2003.

Publié le 10 août
Simon-Olivier Lorange
Simon-Olivier Lorange La Presse

Interrogé par La Presse, le gardien de 37 ans s’est limité à répéter qu’il n’avait « pas de commentaires » à formuler par rapport à cette affaire.

Hockey Canada est dans la tourmente depuis déjà plus de deux mois en raison d’un viol collectif allégué qui aurait eu lieu en 2018 à London, en Ontario, et qui aurait impliqué à l’époque des joueurs de l’équipe canadienne junior. Or, TSN a révélé, il y a quelques semaines, qu’une autre agression de groupe aurait eu lieu 15 ans plus tôt, celle-là à Halifax, où se tenait le Mondial junior.

Des joueurs se seraient alors filmés en train d’agresser sexuellement une jeune femme. Les détails de la scène, rapportés à la fin du mois de juillet par le journaliste Rick Westhead, sont à glacer le sang.

Hockey Canada a rapidement déclaré n’avoir jamais eu vent de cette affaire auparavant. La police d’Halifax a déclenché une enquête à ce sujet.

Quelques joueurs de l’équipe canadienne de 2003 se sont déjà dissociés de l’agression alléguée. Dès les heures suivant les révélations, Pierre-Alexandre Parenteau, Carlo Colaiacovo et Jordin Tootoo, sur les réseaux sociaux ou par le truchement des médias, ont affirmé n’avoir jamais eu connaissance de tels évènements. Mentionnons que ces plaidoyers n’ont pas de portée légale.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

Quelques joueurs de l’équipe canadienne de 2003 se sont déjà dissociés de l’agression alléguée, dont Pierre-Alexandre Parenteau.

Dans un courriel adressé à La Presse, il y a quelques jours, Daniel Paillé a pour sa part écrit avoir été « profondément attristé » d’apprendre l’existence de ces allégations. Il a ajouté n’avoir eu « aucune implication » dans cette affaire, dont il n’était pas au courant jusqu’à récemment. Il s’est également dit, comme ses ex-coéquipiers qui ont pris la parole publiquement, prêt à coopérer avec toute enquête qui requerrait son témoignage.

Marc-André Fleury, quant à lui, préfère garder le silence. Mardi soir, La Presse l’a invité à commenter les allégations de 2003. « Pas de commentaires, merci », a-t-il répondu, poliment, à deux reprises.

Fleury participait au Pro-Am Gagné-Bergeron, évènement caritatif présenté au Centre Vidéotron, à Québec. Il faisait partie d’un groupe d’une quinzaine de joueurs qui ont défilé devant les journalistes avant de sauter sur la glace.

Au Mondial junior 2003, la formation canadienne a remporté la médaille d’argent après s’être inclinée en finale contre la Russie. Fleury, qui avait disputé cinq des sept matchs de l’équipe canadienne, est devenu quelques mois plus tard le choix de premier tour des Penguins de Pittsburgh, le tout premier au total.

Au total, 21 de 22 membres de cette équipe ont joué dans la LNH par la suite. Le gardien originaire de Sorel est l’unique joueur de la formation toujours actif dans la ligue.